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MORTALITÉ DANS L’ARMÉE
La slalistique de l’armée, tout en montrant que la progression décroissante n’est pas aussi rapide, établit tics -nettement (pie la plus forte mortalité s’observe pendant les premières années de
service.
Pour la période quiiiquenuale 18()2-18b0 la mortalité se répartit ainsi d’après la durée du service (1) :
nURKE DU SERVICE.
DÉCÈS
sur 1000 lioimiies li’cnbrlT.
Ha f; 7
De 7 à 10
De 10 à
Dans l’armée anglaise, au contraire, la mortalité croît avec 1 âge, elle suit la même progression (pic dans la population civile, ainsi qu’il appert du tableau suivant emprunté au docteur Ball'our (“2) :
Faut-il voir dans cette action dilTéreiitc de l’àge en France et en Angleterre une question de race, comme le veut Boudin (d) ? Non certes, car en France, dans la population civile, la mortalité cioît avec l’ùge (de vingt à quarante ans) comme en Angleterre, et, s il
(1) Statistique méd. de Vannée, i866, p. Ur).
(2) L. Laveran, mém. cité.
(3) Études statistiques et médicales sur les armées étrangères, par Bouitin [Rec. mém. de méd. militaire, janvier 1867).
maladies et épidémies des armées.
s agissait tl une influence de race, elle devrait se faire sentir dans la population civile comme sur l’armcc. Les différences dans les modes de recrutement et dans l’organisation désarmées anglaise et française fournissent une explication bien plus naturelle.
« L armée anglaise, recrutée par des engagés volontaires d’àges différents entrant dans la vie militaire successivement et à toutes les éporpies de l'année, adoptant enfin la profession militaire comme un état definiiil, subit la loi de la déchéance organique et de <léclin des forces de la vie suivant une progression qui croît comme le nombre des années... Si nos jeunes recrues ont à souffrir d’une mortalité exceptionnelle dans les premiers temps de leur incorporation, c’est qu’encore accessibles aux maladies de la deuxième enfance, suivant la judicieuse observation de Blicbel Lévy, ils rencontrent au milieu des agglomérations humaines auxquelles ils viennent se mêler, les germes de toutes les contagions (1). »
Ce qui prouve qu’il y a là une question de recrutement et d’organisation militaire, non une question de race, c’est ([u’en France les corps recrutés comme l’est l’armée anglaise ont comme elle aussi une mortalité qui croît avec l’âge (garde de Paris).
En Angleterre, dit M. Ély (^), l’opération du recrutement se fait avec plus de soin qu’en France, c’est une opération toute médicale; par suite, la mortalité est moindre dans la première année de service que dans l’armée française; le soldat anglais reste sous les drapeaux, il fait de la vie militaire sa carrière, tandis que le soldat français doit se rengager s’il veut rester dans l’armée, et subir au moment du rengagement une visite médicale sévère.
Quoi qu il en soit, il est constant que dans l’armée française la mortalité la plus forte porte sur les premières années de service; il est à craindre, par conséquent, que la loi nouvelle de recrulemenl, en augmentant dans une ti'ès-forle proportion le nbmbre dos jeunes soldats, n’accroisse le nombre des décès; pour prévenir ce fàciioux résultat, il faudra redoubler de vigilance et s’occuper avec soin de l'hygiène des casernes.
Armes. Grades. — La mortalité par armes est influencée par deux facteurs : sélection plus ou moins parfaite au moment du recrutement ; — bien-être plus grand ipii résulte de la solde plus élevée dont jouissent certains corps.
Les corps spéciaux qui sont recrutés avec grand soin : gendarmerie
(t) L. Laveran, Recherches sur les causes de la mortalité de l’armée servemt à l’intérieur, loc. cit.
(2) L Armée anglaise à l’intérieur et dans les possessions britanniques (Rec. mém. de méd. militaire, septembre 1809).
MORTALITÉ DANS l/ARMÉE.
de la Seine, geiulannerie mobile, gardes républicains, sapeurs-pompiers, et qui touchent une solde plus élevée que le reste de l’armée, sont ceux qui présentent la morlalité la plus faible : G. 07 sur 1000 (Stalislique mèdknk pour 187;2).
L’infanterie légère est mieux recrutée que l’infanterie de ligne; le commandant de rccrulenient qui assiste aux conseils de révision ne maïupio pas de placer dans les chasseurs à pieil tous les hommes vigoureusement constitués, bien taillés pour la marche et la course; aussi, toutes autres circonstances égales d’ailleurs, la mortalité dans l’infanterie légère est de 7.51, tandis qu’elle s’élève à 0.:21 dans l’infanterie de ligne (statistiipie pour 187:2). Autrefois c’était la garde impériale qui présentait le chiffre de décès le plus faible, pour les motifs énoncés ci-dessus.
Le tableau suivant donne le détail de la mortalité par armes dans l’armée française pour les deux dernières années dont nous possédons la statistique (18G1M872).
DÉCÈS PAH MALADIES pnOPOHTIONNÉS Sl'H 1000 HOMMES.