‹ Traité des maladies et épidémies des arméesChapitre 119 sur 129 · GRIPPE · texte numérisé non relu

GRIPPE

novcinl)i’c, ;i Londres, 908 personnes succombèrent a 1 épidémie en une seule semaine.

En 173'2 et 1733 nouvelle épidémie tout aussi générale que la première; la grip|)e parut d’abord, au milieu de novembre, en Saxe et en Pologne, puis elle gagna l’Allemagne, la Suisse, la Hollande, 1 Angletei^'c et l’Écosse; en janvier 1733 elle était à Paris, le mois suivant on la trouve en Italie; le 15 février la grippe règne à Livourne, quinze jours plus tard elle est à Naples cl a Madrid. En Améiique la grippe se montre d’abord dans 1a Nouvelle-Angleterre, aux Lai bades, à la Janumpie, puis au Pérou et au Mexi([ue.

An mois de novembre 1731- une épidémie catarrhale se déebue en Pologne sur les troupes du roi de Pologne et sur celles de 1 Electeni de Saxe. Dès l’invasion delà maladie survenait une toux plus ou inoiii.'» violente avec exitectoralion de matières d’abord visqueuses, crues, ensuite jaunâtres, lés malades se plaignaient d une giande oppicssion et de douleurs latérales pongitives. Cette épidémie tut attiabuée aux alternatives de chaud et de froidqueles troupes avaient éprouvées en

Pologne (1).

D’après Molilor, cette même maladie attaqua les troupes Iraufaises campées devant Philipsbourg et l’armée allemande (pu venait au secours de la place ; l’épidémie se fit sentir surtout a Heidelberg, ou

elle lit périr un grand nombre de malades (2).

Eu 1737, le catarrhe épidémique parcourt encore une partie de

l’Allemagne et de l’Angleterre (Huxam). .ni’

En 1742, après un repos de cin'q ans, la maladie reparaît, elle débuté encore en Allemagne, d’où elle s’étend à la Hollande, a 1 Angleterre, à ta Erance et à l’Italie; comme dans plusieurs des epidenues précédentes la maladie se montre à la suite d’un Inver tres-rigoureux; en 1743 la grippe est observée à Bruxelles par 1 rmgie les troupes anglaises ne sont pas très-éprouvées; la maladie reçoit en France le nom de grippe, qu’elle a conservé, elle est (.eciite p ai 3 au vages. Cette épidémie fut très- meurtrière sur quelques points; a Londres il y eut jusqu’à 1000 décès par semaine.

L’épidémie de'l7Ü2 est nue des plus étendues et des plus graves; c’est à Vienne en Autriche quelle commença au mois de mars, l’Allemagne entière, la Hongrie et 1 Italie fuieiu bientôt émanés.

La grippe de 1702 régna avec violence sur l’armee anglaise, a ois en Allemagne; Monro consacre à cette maladie le cliapi re \ii i s ouvrage sur la médecine d’armée, chapitre intitule : de la ficMe

(1) Oz.inani, Op. cil., t. I, p- t i-"’

MALAniKS ET ÉPIDÉMIES DES ARMÉES.

catnrrhnle qui a été épulémiqiie duraiit le mois d’avril 170^2, qu’oii a aussi appelée : Iiillueuza. « Après que les troupes eurent essuyé un hiver Irès-rude à Bremeu, la température cdiaiigea tout à coup, le 10 avril, de très-froid à l’excessive chaleur. Au bout de peu de jours de ce changement plusieurs personnes furent attaquées d’une maladie catarrhale violente... Cette lièvre catarrhale attaqua la plupart des hahitantsde [{remen et très-peu d’Anglais en furent exempts ; elle a aussi été épidémique en même temps, ajoute Mouro, dans plusieurs contrées de l’Europe (1). » La description de Monro est contoime acelle des antres auteurs; malgré sa grande générali.salion,

1 épidémie ne donna lieu ipi’à un très-petit nomhre de décès, soit dans 1 armée, soit dans la population civile.

L’epidémie do 1775 se propagea dans toute l’Europe à la fin du piintemps et coïncida avec des variations hrusques de température; les animaux domestiques eux-mêmes subissaient l’intluence épidémique.

En 1803 la grippe éclate en Russie à la suite de variations hrusques de température et se propage rajiidement de l’est à l’ouest, atteignant jusqu’aux vaisseaux eu pleine mer.

En 1782 la grippe donne lieu k quelques épidémies partielles, eu 1830 elle fait le tour du globe, précédant presque partout le choléra; elle leparaît en 1833, tà la suite de l’épidémie cholérique.

Au mois de janvier 1837, la grippe régne à Paris, où elle est étudiée par Bouillaud, Récamier, Piorry, Nouât et Grisolle ; la même année Graves l’observe à Dublin. Dix ans jdiis tard, nouvelle manifestation tout aussi générale ; la grippe de 18 17 est très-bénigne à Paris, mais à Genève, en Angleterre et en Irlande elle se com|)li(|ue souvent de pneumonie et de bronchite capillaire; Graves va jusqu'à dire que la grippe a hiit en .\ngleterre plus de victimes (pie le choléra (2). Comme l’épidémie de 1830, celle de 1837 précède presque jiartout le choléra.

En 1858 la grippe règne par toute la France, elle est décrite par Foiget a Strasbourg. A partir de 1800 on n’observe plus de m’aiules épidémies analogues à celles do 1580, 1733, 1782, 1830, 1837 et 1817, mais seulement des épidémies partielles.

iM. le docteur Fuster (de Montpellier) a réuni 92 épidémies de grippe (3); pour arriver à ce chilfre il faut tenir compte d’un graïul nomhre d’épidémies partielles dont la nature n’est pas bien démon-

(1) Monro, Op.cil.,\>. I-DJ.

(i) Oraves, Clini(]iie. Traihicl. de Jaccoud, viiigt-nciivicnie loi'on.

(3) Monograiihie clinique de ra/fection calaniiale. Monlpellicr, I8CI.

f.nii'PE.

trée et tloiil les rapports avec la grippe sont parfois très-coiileslahles.

L'liislori(pic des épidémies de grippe a été très-bien fait par Ozanam (1), (pii ne se montre pas toujours assez difficile sur la question de diagnostic, par Raige-Delorme ('2) et par Ilaescr (3).

Caractères des éi’idémies de grippe. Étiologie. Nature. — La grippe ne règne guère qu’à l’étal épidémique, et la marche de ces épidémies est très-caractéristique. Au lieu de s’étendre lentement, progressivement, on suivant les grandes voies de communication comme la peste et le choléra, la grippe a un mode d’extension trèsrapide, très- irrégulier, c’est un nuage qui passe et ipii obéit au caprice des vents; tout au plus dans les jirincipalos épidémies peut-on reconnaître une direction générale de l’est à l’ouest. La maladie atteint tous les âges, tous les sexes, toutes les conditions, des populations entières subissent son inlluence sans ipie pres(pie personne y échappe, elle frappe les marins en pleine mer, et les oiseaux dans l’air. La rapidité avechupielle s’étendent les épidémies de grippe exclut l’idée d’importation par l’homme : l’é|)idémie de 1833 était née dans le nord-est de l’Europe et c’est à peine s’il s’écoula quelques jours d’intervalle entre ses apparitions successives à Moscou, à Odessa, à Alexandrie et à Paris; la grippe de 184-7 parait avoir marché ])lus rapidement encore ; du mois de janvier au mois de septembre elle règne successivement : en Portugal, en Espagne, à Terre-Neuve, à la Nouvelle-Zélande, à Yalparaiso, en Syrie, sur la côte occidentale d’Afrique, enfin à Hong-Kong!

Quand la maladie envahit une ville, ce n’est pas à la manière des maladies contagieuses, elle ne donne pas lieu à un foyer limité d’abord, qui rayonne ensuite sur tous les autres quartiers; le meme jour, dans l’espace de (piclqucs heures, plusieurs milliers de personnes peuvent subir l’inlluencc épidémique.

Le début des épidémies de grippe a souvent coïncidé avec des variations brusques de température, et surtout avec des élévations brusques de température; l’exemple suivant est un des plus remarquables qui SC puissent citer : le H janvier 1783, à Saint-Pétersbourg, le thermomètre qui marquait — 3Ô% monte à-j-5“; le même jour 40 000 |)ersonnes sont atteintes de grippe; mais c’est là une cause tout à fait insuffisante pour expli(pier le développement et la propagation si ra|)ide des épidémies de grippe, car les variations tbermométri(jucs, si étendues qu’elles soient sont bien loin d’avoir toujours

( 1 )'Oznn;mi, Loc. cil.

(Ü.i Rai^^e-Detorme, Loc. cil.

(8) Ilaeser, Op. cil., p. 799.

MALADIES ET ÉPIDÉMIES DES AIlMÉES.

cet effet et d aulre part la grippe n’a pas besoin de ces circonstances (pii méritent seulement le litre de causes adjuvantes on occasion- i nelles; Ilollnnd, Graves, Uaige-Delorme , ont parfaitement montré . (pic les variations du thermomètre n’étaient pas la principale cause des épidémies de grippe.

« Il faut reconnaître, dit Holland (I), que les saisons pendant les- ; quelles ont régné ces épidémies ont été quelquefois remarqunbles par i leurs anomalies; de plus, dans le catarrhe commun qui résulte de i pcrtiirhations atmosphériipics bien évidentes, nous rencontrons plu- ■ sieurs symptômes qui rappellent les manifestations de la grippe dans >. scs tonnes atténuées et passagères. Mais il y a bien certainement ici ; quelque chose de plus que cette relation de causalité apparente. L’in- i fluenza se montre dans toutes les saisons, pendant les chaleurs de t 1 été aussi bien que durant les rigueurs de l’Iiiver; elle traverse le t monde et poursuivant sa marche pendant des mois entiers, elle suit i quelquefois une direction déterminée; elle envahit à des époques i distinctes deux localités immédiatement voisines et présente dans | chacune d elles une sévérité dilférente : elle séjourne dans le même | milieu pendant des semaines et des mois, sans être moditiée par les I variations atmosphériques; elle sévit sur la population d’une cité et ^ les habitants de la ville voisine restent complètement indemnes. Or | une maladie qui présente un tel ensemble de caractères ne peut pas ! être rapportée tà ces vicissitudes atmosphériques bien connues qui constituent ce que nous, appelons le temps. »

« Il est bien évident, dit Graves (1), que riutluenza ne dépend pas uniquement des changements de température, car nous avons eu I maintes fois des saisons très-variables sans voir survenir d’épidémie I de ce genre. En outre, on sait que la grippe parcourt les climats les I plus divers en restant constamment et partout identiipie avec elle- I même. On ne saurait admettre que la température, que les conditions I harométriijues et hygrométriques soient les mêmes ici qu’en Espagne, S en Erance, en Allemagne ou en Suède; et cependant dans toutes ces contrées rinfluenzaa présenté une uniformité de caractère, une iden- i| tité de type qui prouvent d’une façon incontestable qu’elle est une || seule et même maladie. On ne peut soutenir qu’elle est favorisée par il l’abaissement de la température; car, en 170:2, elle s’est développée I dans le mois de juin et en 178'2 elle a sévi pendant les moisde mai et >| de juin, au cap de Bonne-Espérance elle s’est montrée au milieu de l’été. En 1837 elle a fait de rapides progrès dans notre ville (à Du- I

(I) Medical noies and réflexions, p. 18i, cilé par ('.raves. {2j Graves, Clinique, I. I, p. 5i7.

GlllPPli.

blin) et pourtant la saison était d'iinc donccnr et d’nne sérénité peu ordinaires. A Londres beaucoup de médecins, faute d’étndier l’épidémie dans son ensemble, ont cm pouvoir l’atlribner à la cessation des froids et à cet état particnlier de ratmospbèrc qui accompagne nii dégel général. Il n’en était rien ; l’inlluenza n’est pas modifiée par les dispositions topographiques, elle ne suit ni les côtes, ni le cours des grands tlenvcs, elle n’attaqne pas les contrées marécagenses plutôt que les pays socs et élevés. Llle ne dé[)end pas davantage de la prédominance île certains vents : les observations météorologiques nous apprennent en elfet qn’on a vu régner ces vents alors qu’il n’y avait anenne épidémie; et nous savons également que la grippe marche souvent contre le vent. » Pins loin (p. 550) Graves dit encore ; « La grippe ne provient pas de l’action dn froid, on comme on le dit vnlgaircincnl, d’nn coup de froid; j’ai vérifié ce fait à plusieurs reprises; les personnes qui prennent le plus de précautions, ((ni sont tonjonrs chandement vêtues et qui ne s’exposent jamais à l’intempérie des saisons sont saisies par la maladie aussi promptement ({ne le lahonrenr à moitié nn, (|iii subit journellement tons les accidents de notre climat éminemment variable. Je dois ajouter cependant (|ue dans beancoiq) de cas, le saisissement causé par le froid bâte le développement de la grippe ou en augmente l’intensité lorsqu’elle existe déjà. »

Ilaigc-lJelorme, dans son 'excellent article sur la grippe (lue. cit.) défend la même idée (pie les auteurs anglais, il montre ([ne la grippe ne saurait être confondue avec les maladies catarrhales vulgaires, avec le coryza et la bronchite u fvigore; pour lui comme pour Holland et Graves la grippe est une maladie générale, spéciri((ne.

Grisolie, (jui avait en l’occasion d’étndier les épidémies de 1837 et de I8i7, ne confond pas davantage la grippe avec les maladies catarrhales de tons les jours. « La grippe, dit-il (l), est une maladie essentiellement épidéini([iie dont l’apparition dans nn pays ne peut être expli(|uée par anenne condition spéciale attendu (|ii’on la voit sévir dans tous les climats et sons tontes les températures. »

D’antres auteurs ont cherché à faire rentrer la grippe dans le cadre des maladies catarrhales et dans les quinze dernières années cette tendance s’est accentuée de plus en pins : la grippe ne régnait ))lns à l’état de grandes épidémies et on oublie vite les maladies qn’on n’observe pins au profit de celles qn’on a chaque jour sons les veux. L’histoire dn catarrhe et des maladies catarrhales nous fait assister à des tluctuations nombreuses, à des revirements (l’opinion inattendus;

(1j Traité de pathol. interne, t. I, p. 378.

MALADIKS ET ÉPIDÉMIES DES AUMÉES.

uu xv!” siècle, avec Ferncl el Ijaillou, le calaiTlie embrasse presque lüule la palliologie el van Ilelmoiil n’a pas lort d’écrire une satire inli- Inlée : Calarrlii ddiramenla! Les belles études de Sebneider sur la ininpieusea bnpielle il a donné son nom, renversent bientôt les Ibéorics anciennes du catarrhe (lObO) et le réduisentaux humbles proportions de coryza. Kred. llon'maiin, Sloll, lîaiTbez, IJul'eland, rendent au mol catarrhe une partie de son extension; ils l’ont rentrer en particulier le rhumatisme dans le cadre des maladies catarrhales. Avec Broussais le mol catarrhe prend un sens anatoniirpie, si j’ose ainsi dire, il devient synonyme d’inllammalion des mendjranes muqueuses el au mépi'is lie l’étymologie on en arrive à décriie le catarrhe sec des bronches.

Monneret a essayé de reconstituer la classe des maladies catarrhales (1) et il a été suivi dans cette voie par M.M. Fuster (2) (de Montpellier) et Brochin (3). Celle tentative de restauration ne me paraît pas heureuse; la fièvre catarrhale n’a pas une existence bien démontrée et pour ma part je déclare n’avoir jamais l'encontré de maladie qui justifiât ce nom; quant à l’étal catarrhal el à la diathèse catarrhale, ce sont des points de docti‘ine encore plus vulnérables. MM. Monneret, Fuster el Brochin l'augent la gi'ippe dans le cadre des maladies catarrhales, et il faut bien dire qu’elle en constitue le plus bel ornement ; que deviendrait le genre catarrhe si on en retirait la hronciiilc, le coryza et la grippe?

L’école allemande donne au mot catarrhe le sens que lui donnait l’école physiologique; pour Bindlleisch el Aiemeyer, le catarrhe est l’inllammalion superficielle dos membranes muqueuses, les inllammalions croupales et diplilhériti(pies étant des degrés plus élevés de la même altération; M. Bergeron dans sa thèse d’agrégation sur les caractères généraux des maladies calan'hales, a admis ces idées que nous avons eu déjà l’occasion de critiquer à propos de la dysenterie et de la diphi hérite. Broussais a succombé dans sa lutte contre la spécilicité; les médecins allemands, se basant sur l’étude histologiipie des organes malades, ont essayé de recommencer le combat, ils ont fait jouer à la prolifération des éléments cellulaires le rôle que Broussais attribuait à l’iri itation ; le fond du débat est le même (in’autrcfois, et ou peut dire (pie comme autrefois l’idée de spécificité en sortira vic-

(t) Dfilabergfi et Monneret, Compendium de méd., art. Cataiuuie. Paris, 1837. — Monneret et Elenry, Compendium de méd. pratique, 18-fl. — Monneret, Traité de patliol. interne, 1. III, 1806.

i'2j ^'nsler, Toc. cit.

(3j Drocliin, art. Catauriie, Diction, eneijclop. des se. méd.

GUI PPE.

torieusc. Nous avons eu déjà maiiilos fois l’occasion de le dire : dans la classüicalion des maladies, il faut attacher moins d’importance aux dillérences sym|)tomatiqnes et aiiatominnes qu’aux dinérciices étiologiques; or, la grippe, bien qu’elle soit analogue au catarrhe vulgaire sous le rapport des manifestations morbides, en diffère troj» au pointde vuede l’étiologie et à celui du développement épidémique, pour (pi’il soi! possible do confondre ces deux espèces morbides. Les graïules épidémies de grippe sont tout à fait inexplicables par la théorie banale du refroidissement; il est même remarquable que souvent la grippe a coïncidé avec des élévations brusques de température et non pas avec des abaissements; dans un grand nombre de pays aucune variation thermométrique anormale n’a signalé l’apparition de la grippe.

Il ne faudrait pas croire, du reste, que la grippe se confond entièrement sous le rapport do ses symptômes et de sa marche avec les maladies catarrhales vulgaires; il y a, au contraire, dos différences, très-maniuées dans quelques cas, moins sensibles dans d’autres, mais presque toujours suffisantes pour imprimer à la maladie un cachet parliculier.

Ce qui domine dans la grippe, ce n’est pas tant l’élément catarrhal, iullammatoire, que l’élément nerveux; un affaiblissement général avec douleurs vagues et céphalalgie intense marque en général le début de la maladie, souvent aussi on observe des vertiges, des nausées, des vomissements; ces symptômes peuvent se montrer en l’absence même de la fièvre. « L’affaiblissement, ce phénomène particulier et remarquable signalé par tous les autours est, dit Raige-Delormo, un des traits les plus distinctifs de la grippe; il se monire non-seulement parmi les prodromes de la maladie, lorsqu’elle doit être intense, mais encore dans l’invasion et le cours de cette maladie quand elle est très-légère, quand il y a à peine un mouvement fébrile; il n’est point en rapport avec le reste des symptômes. Do plus, cet affaiblissement persiste longtemps après que les symptômes principaux ont disparu (1). »

La dyspnée n’est pas non plus en rapport avec l’étendue de l’inflammation des voies respiratoires; Graves cite plusieurs exemples de malades chez lesiiuels la gêne respiratoire était exlrême, quoique les poumons fussent entièrement perméables et qu’il n’y eut dans la poitrine que quelques râles de bronchite sans grande importance; l’existence d’un catarrhe bronchique et de mucosités abondantes dans les bronches aggrave sans contredit cette dyspnée d’origine nerveuse et

( Ij Diction, eu 90 \ol., t. XlV, j), 315.

,\. L.WliliAN.

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