‹ Traité des maladies et épidémies des arméesChapitre 123 sur 129 · iü · texte numérisé non relu

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Moyenne .

Moyen.ve

Il faut remanpior que le chiffre des babitànls était réduit par l’émigration, qui signale toujours le début des épidémies cbolériques, et (pie par suite la mortalité do 11,70 sur 1000 est certainement audessous du chiffre vrai; néanmoins i' reste prouvé qu’à Paris l’armée a été plus fortement atteinte (pie le reste de la population. .\u contraire, siird’aulrcs points, elle a joui d’une immunité relative; en 1830, à Rerliii, il n’y eut (pic 35 malades sur 12 01)0 hommes de garnison; à Hreslau, 30 sur lOOO (I).

Si le choléra élait une maladie comme la grippe, si la contagion et riiifection ne jouaient auciiu nMe dans son mode de propagation, on ne comiireudrait jtas pourquoi l’année est lanl(')t jilus, tantôt moins éprouvée (pie la population civile; au contraire, la théorie do la contagion et de l’infection du sol par les produits cholériques rend trèsbien compte de ces dilléreuces. Si des troupes sont isolées de la population civile, si elles sont casernées dans des bâtiments bien

(t) Scoalcltcn, Du choléra à Berlin. L. Laveran, art. cité, p. 79t.

CIlOLÉliA. "13

situés, sur tics hauteurs, et sur uu terrain non perméable, on comprend, dis-je, ([u’elles seront épargnées, tandis que dans des conditions opposées le choléra se développera au milieu d’elles avec une c:rande iulensilé. 11 eu est ainsi nou-seulemeul de l’armée, mais de toutes les réunions d’hommes : couvents, prisons, bagnes, etc., qui tantôt sont épargnées, tantôt au contraire bien jilus maltraitées que le reste de la population.

La mortalité des médecins et des inlirmiers s’est élevée très-souvent au-dessns de la mortalité moyenne. Lu LSdü, à rtiôpital militaire du Dey, les médecins et les infirmiers payèrent uu large tribut à l’épidémie, près d’une trentaine t’urent frappés et succombèrent; — à Toulon, en 18i2, sur 35 officiers de santé de la marine, 10 furent atteints et 5 succombèrent; — à Toulon en 1810, la mortalité de la garnison étant de 1 sur 15 de l’effectif, il mourut 51 infirmiers sur 170 ou près de 1 sur 3; — à Oran en 1850, pour une garnison de 0000 hommes ayant donné 1 15 décès, les infirmiers militaires comptent pour 12 décès; eu 1805, la moyenne générale des décès cholériques donnant une augmentation de 1 ,0f‘> décès sur 1000 hommes en général, cette augmentation s’élève à 8 sur 1000 pour les infirmiers. Pour Toulon cl Marseille on a :

2”2« do ligne à Toulon

section (l’infirmicrs (M.irscillc, Toulon).

31,7,ü décès sur lOOÛ.

Dans les hôpitaux, comme pour les troupes en campagne, la transmission d’homme à homme est moins à craindre que l’infection provenant du sol ou des eaux contaminés par les déjections choléri(iucs, Nous avons déjà eu l’occasion do signaler l’insalubrité de l’hèpilal militaire du Dey; en 1800, sur 1)3 cholériques, 23 ou 21 furent fournis parle personnel de l’hôpital, dont U sœurs de Saint-Vincent de Paul. Pendant quinze jours tous les hommes atteints de choléra lurent transportés au fort des Anglais dès l’apparition des premiers svtnptôuies. Cepciulaul le personnel de l’hôpital continua à fournir de nombreux malades. Au fort dos Anglais au contraire, bien que les cholériques fussent réunis dans nn local insuffisant, aucune des personnes attachées au service du tort ne lut atteinte. Il faut dire fpi’on transportait le linge des cholériipies du fort des Anglais à la buanderie de riiôpilal du Dey et ce linge était lavé dans un bassin

(1) Pcriei’, Rapport sur le choléra de 1805. Alger, 1806.

qui communi(iuait par suite de détérioration des conduits avec le réservoir de l’eau bue par les sœurs.

Le tableau suivant (1) monlre que dans l’armée anglaise des Indes la inorlalité par cboléra est ti'és-variable, l’endémie cholérique n’a pas la même régularité que l’endémie palustre; il y a des périodes epulemic|ues, comme pour la fièvre jaune au Mexique, et en dehors de ces périodes la mortalité par cboléra n’a pas une très-grande importance. Ce tableau nous permet de constater aussi l’abaissement notable de la mortalité générale de l’armée des Indes depuis 1858.

TADLIÎAU DE LA .MOniALITÉ DES TDOUPE-S ANGLAISES DANS I.’lNDE DE 1858 A 1871.

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