IIOPIT.VU.X
XXXVlll. — Une fois le choléra déclaré dans une garnison, on devra éloigner de l’hôpital, au moyen de congés de convalescence ou d’évacuations, tous les hommes souffreteux, débilités, qui pourront supporter le déplacement; tels sont : les convalescents de fièvre grave, de fièvre intermittente, les hommes affaiblis par les maladies d’Afrique, les tuberculeux, etc.; l’expérience a en effet démontré que les hommes de cette catégorie, en restant dans les foyers de la maladie, sont, en général, plus exposés à ses atteintes, et, d’un autre côté, il importe de faire des vides pour éviter l’encombrement.
XXXIX. — Afin de faciliter le service exceptionnel qu’entraîne une pareille épidémie, des salles particulières seront disposées dans chaque hôpital pour recevoir : les unes des choléri(|ues en traitement et elles seront dans des hàliments séparés ou dans les parties les plus éloignées des salles ordinaires des malades; les autres, les cholériques convalescents.
XL. — Les salles destinées aux cholériques en traitement seront pourvues de tous les objets nécessaires pour la médication de celte maladie, savoir :
MALADIES ET ÉPIDÉMIES DES AllMÉES.
pour chaque lit des draps d’alèze, une double couverture, un bassin, une chemise de laine longue et ample, ouverte dans toute sa longueur, s’attachant par des cordons sur le devanl, une paire de mouflles, une paire de chaussettes, un honiiel de laine, un lé de flanelle. Sur une table centrale, sous la garde des iiilirmiers et sous la responsabilité de rinfirmier-major, seront disposés à l’avance qucl([ues a})pareils de réchaulTemcnt et, selon l’indication du médecin traitant, une certaine proportion de moyens de traitement interne et externe qui se trouveront ainsi sous la main, afin d’éviter les jtertes de temps qui peuvent cire si funestes dans la ]»remière période de la maladie. Les lits seront largement espacés, et l’on entretiendra une aération diurne et nocturne par l’ouverture permauenle de deux baies opposées, par exemple des impostes placées aux deux extrémités do la salle.
XLl. — Un service de garde permanent en officiers de santé, officiers d’ailminislration el infirmiers, indépendant du service de garde du reste de l’hôpital, sera établi, s’il y a lieu, dans ces salles ou à proximité; un ou plusieurs médecins aides-major y seront à demeure pour administrer nu faire administrer les premiers secours, conformément aux instructions de l’officier de santé qui seront affichées.
XLII. — Il y aura constamment un infirmier-major dans la salle. Les infirmiers seront affectés spécialement, d’une manière permanente, à des parties distinctes du service : les uns, et ce sera le plus grand nombre, aux frictions; d’autres à l’administration de potions de lit en lit; d’autres à lu vidange, qui devra avoir lieu deux ou trois fois au moins à des heures déterminées, etc.
XLlll. — Eu égard à la mobilité des symptômes du choléra et à la variabilité, ainsi qu’à l’urgence des indications qui peuvent en résulter, il sera convenable que les visites réglementaires du médecin traitant soient portées à trois au moins dans les vingt-quatre heures.
XLIV. — Dès qu’un cholérique arrivera à l’hôpital, il sera immédiatement transporté dans la salle spéciale, et le médecin en chef o\i les autres officiers de santé traitants seront sur-le-champ prévenus. 11 y aura à l'entrée de l’hôpital un brancard en permanence avec couvertures et sachets de sable chaud pour y placer les malades qui ne seraient pas apportés de cette manière.
XLV. “ Sans vouloir imposer à la conscience des médecins des règles absolues de traitement, le Conseil de santé des années croit devoir, avec une nouvelle insistance, rappeler ce qu’il disait, en US32, dans l’instruction du 4 mai, et en 1819, dans celle du 5 février ; « Point d'empirisme; il est î indifjïie du vrai savoir et de l'habileté pratique; point de dangereux I essais sur les défenseurs du pays; jmint de coupable témérité déguisée î sous le nom de hardiesse; application méthodique et consciencieuse d<s » principes fondamentaux de l'art de guérir : à cela se réduit le devoir » du médecin militaire dans tous les cas. d
XLVI. — Dès que les symptômes le permettront, diriger, sur la désignation de l’officier traitant, les convalescents dans la salle qui leur aura été
CHOLÉRA
préparée. Le même médecin traitant fera, dans celle salle, des visiles e.xactes den.v fois par jour ; il portera la plus grande attenlion aux rechutes. On exercera une surveillance sévère pour éviter les moindres écarts, qui seraient presiiuo infailliblement funestes. On ne laissera sortir, pour la promenade, que sur l’aulorisatiou expresse du médecin, ün régime alimentaire sjiécial sera accordé sur la demande motivée du médecin.
XJ VU. — Les corps des hommes qui auront succombé seront transportés, aussitôt que le décès aura été constaté, à la salle de dépôt. Après les autopsies, on procédera promptement à l’inhumation.
XLVllI. — Les lits, les elïets de literie qui auront servi aux cholériques, devrmit être lavés et désinfectés avant d’être mis en service pour d’autres malades.
XjjX. — i,es ofliciers de santé de garde à l’hôpital seront nourris au compte de l’étahlisseinent.
L. — Les gardes des infirmiers attachés au service des cliolériques ne déjiasserout pas douze heures. Us auront double ration de vin, et, pendant la nuit, du café. Tous les jours, après la visite du malin, le médecin Irailaiil ou un officier de santé désigné à cet elfet par lui, se fera rendre compte de l’étal de santé de ces infirmiers et prescrira, lorsqu’il y aura lieu, des repos, des suspensions de fonctions.