PÉRIODE
d’observ.ction.
DÉCÈS
SORTIES DÉFINITIVES sur 1000.
Armée française à rintérieur
— en Algérie
Id.
Armée anglaise à l’intérieur
• — pour toute Tannée.
Armée prussienne
Armée austro-hongroise
Armée russe
.Armée italienne
14 (environ)
Armée belge
Armée portugaise
Armée américaine, troupes blanches
— troupes noires..
Id.
MORTALITÉ DANS L’ARMÉF,.
L’examen comparatif de la morbidité dans l’armée et dans les autres classes de la population tendrait üi prouver que le soldat est beaucoup plus souvent malade que l’ouvrier ; tandis que Deboutteville (1) trouve que de vingt et un à trente ans le nombre annuel moyen des journées de maladie est de G à 8 pour chaque ouvrier faisant partie des sociétés de secours mutuels, les statistiques des dilTércntes armées donnent une moyenne de 15 à 20 journées de maladie pour chaque soldat et par an; en d’autres termes, le nombre des journées de malades cha(iue année est 15 à 20 fois plus fort que celui de l’effectif. Mais on ne peut pas comparer sous le rapport de la morbidité l’ouvrier et le soldat : l’ouvrier a bcsoin.de gagner sa vie, il n’arrête sou travail que pour des maladies sérieuses; le soldat se fait porter malade dès qu’il est atteint de la plus légère indisposition : la niuiiulre excoriation des pieds ou des fesses, un furoncle, un abcès dentaire, etc., suffisent pour mettre un homme hors de service pendant plusieurs jours, et ce sont ces affections sans gravité aucune qui accroissent le chiffre de la morbidité dans l’armée; le soldat a tout intérêt à se faire exempter de service, il en use et il en abuse. Le tableau suivant (2) donne les chiffres de la morbidité dans (lifférentes armées.
ARMÉES
.MOYENNE JOUR.N.VLIÈRE des maladies sur 1000 hommes.
JOUR.NXK3 DE MALADIE par
lioniino tl’cITcclif.
Armée française à l’intérieur (1862-180!)).
Année anjilaise à l’intérieur (1860-1868)...
Année lielge (1868 et 1869)
Armée Oes États-Unis, troupes ^blanches. . .
— troupes de couleur.
j .Vrillée allemande (18.46-1803)
Armée auslro-hongroisc (1869)
Armée poiTugaise
.Armée italienne
(1) Hecherches xur l’orgcumalion des inslilulions de préroijance. Rouen, 1843- 1844. — Voir art. Morbidité, iu Diction, encijciop. des sciences méd.
(2) Morbidité .mii.itvrk, in Diction, encycloo- des sciences méd.
MALADIES ET ÉPIDÉMIES DES AllMÉES.
Conclusions. — 1° Depuis 1820, époque à laquelle remontent nos premiers documents, la mortalité a été en diminuant progressivement dans l’armée française : de 27 pour 1000 elle est tombée à 13 sur 1000, en tenant compte des sorties définitives pour maladies incurables.
2'’ 11 est difficile de comparer la mortalité des différentes armées, parce que le recrutement n’est pas partout le même, et parce que, le nombre des hommes réformés étant très-considérable dans certaines armées, comme l’armée prussienne, nous ne savons pas combien de ces réformes sont prononcées pour maladies incurables.
3“ Si l’on compare les pertes définitives que subissent les différentes armées (chiffre des décès augmenté de celui des réformes et des retraites pour cause de maladie), on trouve que l’armée française est la mieux partagée sous ce rapport.
4“ La mortalité dans l’armée française, malgré la sélection opérée par les conseils de révision, est plus élevée encore que dans la population civile de même âge et vivant dans des conditions analogues (13 au lieu de 11 sur 1000); il no faut donc pas se contenter de ce résultat, tout en s’applaudissant des progrès accomplis depuis cinquante ans.