‹ Traité des maladies et épidémies des arméesChapitre 21 sur 129 · pour · texte numérisé non relu

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Eu 1872 la morlalilé moyenne pour l’armée de l’intérieur étant de 8.97 pour 1000, lesprincipales causes de décès ont été les suivantes:

Tuberculose 2.25 pour 1000.

Fièvre typhoïde 1.5g

Variole 0.11 —

La statistique n’indique pas de décès par rougeole ni par scarlatine. Une remarque à faire, c est que sur 4070 décès survenus en 1872, il y en a 837 dont la cause n’est pas connue 5 nous trouvons en effet (statistique pour 1872, p. 37) :

10" Maladies diverses 3I décès.

11° Autres causes 339

12o Causes indéterminées 417

Total 837

C’est Là un chiffre d’inconnues beaucoup trop considérable; on peut admettre, sans crainte de se tromper, que sur ces 837 décès il y en a un certain nombre dus encore à la tuberculose.

La prédominance de la phthisie comme cause de mortalité dans l’armée devient encore plus apparente lorsque au chiffre des décès par phthisie on ajoute celui des réformes. Les hommes réformés pour phthisie ont des signes parfaitement caractéristiques de cette redoutable maladie, et ils sont voués à une mort presque certaine; la réforme seule les empêche de mourir dans les hôpitaux militaires ; ii est donc juste d’augmenter le chiffre des décès par phtbisie de celui des réformes par cette cause. En faisant ce calcul pour 1872, on voit que les pertes par tuberculose sont de 4.55 pour 1000, tandis que celles par maladies spécifiques (fièvre typhoïde, fièvres éruptives) ne s’élèvent qu’à 1.G7 pour 1000, ce dernier chiffre ne devant pas être augmenté, puisque la fièvre typhoïde et les fièvres éruptives donnent très-rarement lieu à la réforme.

Dans les autres armées européennes la phthisie est aussi la principale cause de décès; malheureusement les nomenclatures diffèrent suivant les pays, et les chiffres sont rarement comparables d’une armée à l’autre; ne pourrait-on pas s’entendre pour la rédaction d’une nomenclature identique?

Dans l’armée anglaise sentant à l’intérieur, la mortalité par phthisie est de 2.62 pour 1000 hommes d’effectif; les réformes pour phthisie,

CAUSES DE LA MORTALITÉ. 25

de 5.20 pour 1000, ce qui donne pour les pertes totales par phthisie la proportion annuelle de 7.82 sur 1000 (1).

Dans l’année belge, pour les années 1808 et 1809, la mortalité moyenne étant de 10.85, les pertes par phthisie (décès, réformes) s’élèvent à 3.32 sur 1000 hommes.

Les décès de l’armée russe sont dus pour moitié aux maladies tuberculeuses.

Dans l’armée italienne (1870) la tuberculose représente près du quart, la fièvre typhoïde le cinquième des décès.

Le docteur Marquès évalue à 3.2 pour 1000 les pertes par phthisie de l’armée portugaise pendant la période comprise de 1801 à 1807, la mortalité moyenne étant de 12.7 pour 1000 (2).

La statistique nous indique seulement quelles sont les maladies ' qui dans l’armée occasionnent le plus grand nombre de décès; ce n’est Icà qu’une solution très-incomplète de cette question : quelles sont les causes de la mortalité de l’armée servant à l’intérieur? —

Il reste à rechercher sous rinduencc de quelles conditions particulières ces maladies se développent avec plus de fréquence chez le soldat; nous le ferons en étudiant chacune d’elles en particulier; mais nous no voulons pas terminer ce chapitre sans dire quelques mots des causes générales qui ont été invoquées par différents auteurs pour expliquer l’excès de mortalité do la population militaire.

On a accusé les veilles, les fatigues, la nostalgie; la nostalgie est devenue aujourd’hui une maladie très-rare dans l’armée ; pour une période de huit années (1862 cà 1869) il n’y a, d’après la statistique, que quatorze décès attribués à cette cause et huit réformes; il y a à peine un décès annuel par nostalgie sur 200000 hommes, c’est donc line cause cà négliger; quant aux fatigues, aux veilles de nuit, le soldat se trouve sous ce ixapport dans de meilleures conditions que d’autres professions où la morUalilé est cependant moindre. Le soldat a certainement un travcail moins pénible que celui du laboureur; les veilles qui lui sont imposées pcar le service des gardes ne sont rien ' en comparaison des veilles continuelles de certains ouvriers et des veilleurs de nuit en Angleterre; cependant la statistique anglaise prouve que la mortalité du soldat est plus élevée que celle du laboureur et du veilleur de nuit; voici les chiffres (3) :

{l) L’Armée anglaise à l’intérieur et dans les possessio7is britanniques, par te floclcur Éty, loc. cit.

(2j Statistique médicale de l’armée pour 1869, p. 58.

(3) L. Laveran, mém. cité.

DÉCÈS sua 1000 H.\niT.\NTS DE 20 à 10 ANS.

NOMBUE de décès.

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