‹ Traité des maladies et épidémies des arméesChapitre 22 sur 129 · ih · texte numérisé non relu

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Inipriiiicui's

Doliccmen

Mineurs

Cavalerie et remontes

Dra:^ons de la garde ■

Infanterie de ligne

Garde à pied

Il faut dire que ce tableau a été dressé à une époque où la mortalité de l’armée anglaise était beaucoup plus forte qu’elle ne l’est aujourd’hui. Nous avons vu que pour la période de 1800 à 18G9 le chiffre de la mortalité pour l’armée anglaise servant à l’intérieur n’était que de 9.51 pour 1000; mais en tenant compte des réformes et de la sélection que subit le soldat, cette mortalité est encore supérieure à celle des autres professions, en admettant même que les policemen, mineurs, imprimeurs, etc., meurent autant aujourd’hui qu’autrefois.

On no saurait non plus accuser runiforme. Sans doute, l’habillement du soldat n’a pas toujours été irréprochable au point de vue hygiénique, les huffleteries comprimaient le thorax, le col militaire étranglait le cou... De combien de méhwts n’a-t-on pas chargé le col militaire! on l’a rendu responsable du goitre, des adénites cervicales et même de l’oplUlialmie purulente! Or, le col militaire a passé, ctccs maladies sont restées aussi fréquentes dans l’armée que sous son règne. Les nombreuses vicissitudes de l’uniforme des troupes françaises ont eu au moins pour résultat de faire disparaître les parties de l’uniforme et de l’équipement qui gênaient sans utilité les mouvements du soldat, et l’on peut dire aujourd’hui qu’au point de vue de riiahillement, le soldat se trouve dans de meilleures conditions que la majorité des ouvriers français.

La réunion dans des locaux insuffisants d’un grand nombre d’hommes a été invoipiée avec plus de raison pour expliquer la fréquence de quelques maladies. Michel Lévy fait remarquer très-justement que les maladies du soldat se rapprochent de celles de l’adoles-

CAUSES DE LA MORTALITÉ

cunt et de l’enfant (1) : les fièvres éruptives, la fièvre typhoïde, la diplitliéritc, les oreillons, la stomatite ulcéreuse, la méningite cérébro-spinale, se rencontrent aussi souvent dans les hôpitaux militaires que dans les hôpitaux consacrés à l’enfance. Cette analogie entre les maladies du soldat et celles de l’enhint tient évidemment à ce que le soldat et l’enfant ou l’adolescent vivent rassemblés dans des locaux communs, où l’air leur est mesuré souvent avec parcimonie; la caserne est au soldat ce que l’école est à l’enfant, ce que le collège est à l’adolescent. Au milieu de ces agglomérations d’enfants ou de jeunes hommes, toutes les maladies contagieuses germent et s’étendent comme font des plantes qui ont rencontré un terrain favorable; l’encombrement par lui-même peut aussi donner naissance à des miasmes, à de véritables poisons humains, sans que l’apport d’un germe extérieur I soit nécessaire pour cela.

Une nourriture trop uniforme et parfois insuffisante, le séjour dans les grandes villes, sont, avec l’encombrement dans des casernes mal aérées, les principales causes de l’excès de mortalité dos armées.

Le soldat est caserné presque partout dans les grandes villes ; or, il est bien démontré que les habitants des villes meurent beaucoup plus de phthisie et de fièvre typhoïde que ceux des campagnes, et ce sont précisément ces deux maladies qui donnent lieu' dans la plupart dos armées au plus grand nombre de décès.

En Angleterre, sur 1000 habitants on observe :

1® Dans les caniiiagnes 2® Dans les villes

( 0.91 décès par fièvre lypho'ide.

( 3.50 — par phthisie,

i 1.46 décès par fièvre typhoïde.

(4.36 — par phthisie.

L’étude de la tuberculose et de la fièvre typhoïde dans l’armée nous fournira l’occasion de revenir sur ces intéressantes questions, que nous ne pourrions pas approfondir ici sans nous exposer plus tard à de nombreuses redites.

Causes de la mortalité en Alg:érie.

La statistique médicale de l’armée montre qu’en Algérie on ne meurt pas seulement de fièvres palustres, de dysenterie et d’abcès du foie, mais aussi de phthisie et de fièvre typhoïde.

En 1868, le typhus et le choléra ont donné lieu dans l’armée

(1) Traité d'hygiène, l. II, p. 885.

(2) Boudin, Eludes d'hygiène publique sur l'état sanitaire et la morlalilé des armées de terre et de mer, loc. cit.

d’Afrique à une mortalité exceptionnelle; nous nous contenterons de donner les principales causes de décès d’après les statistiques des années 1869 et 1872.

Année 18G9. — Mortalité moyenne de Tarmée en Algérie : 14.4-2 pour 1000. 1» Fièvhes palustres, 3.08 décès sur 1000. En y ajoutant, comme on doit le faire, le chiffre des décès par fièvre rémittente et cachexie palustre,

on a pour celte cause 4.61 décès pour 1000.

corps d’Algérie 2.50 —

corps en Algérie 1.50 —

3» Fièvre TYPHOÏDE 1.99 —

4'’ Dysenterie 0.92 —

2“ Phthisie

Année 1872.

lo Fièvres palustres

2o Fièvre typhoïde

3° Dysenterie

4° Phthisie

5» Hépatite

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