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Il se forme, d’après Dclioux de Savignac, un azolo-albuminate d'argent qui est très-pou irritant pour l’intestin.

Trousseau conseille le nitrate d’argent en pilules dans la diarrhée chronique, et les lavements au nitrate d’argent dans la dy.scnterie chronique :

R. Eau distillée 500 gr.

Nitrate d’argent 0.25

M. pour un lavement.

borsque ce lavement provoque des douleurs, on peut le faire suivre d un lavement laiidanisé; il est bon de commencer par de faibles doses de nitrate d’argent (0 gr. 10).

Les lavements métlicamenteux ne s’adressent qu’aux ulcérations tiu gros intestin ; or, nous avons vu que la muqueuse de l’intestin eréle présentait aussi des alterations. C’est l'atrophie de celte muqueuse, la plus importante au point de vue de la digestion et de l’absorplion, qui explique la difficnllé d’alimenter les malades. Dans ipielle mesure les altérations sont-elles réparahlcs? Nous ne le savons pas, et il serait très-intéressant d’étudier à ce point de vue l’intestin d’individus

DYSLNTEIIIE.

qui après avoir eu des dysenteries graves succombent à d’autres aa'ctiioiis. Il faut prescrire des aliments ([ui sont digérés par l’estomac et la partie supérieure de l’intestin grêle, car ce sont la les portions les moins malades du tube digestif : la viande crue convient parfaitement, et lorsque les malades la prennent facilement, elle donne d’excellents résultats; l’autopbagie s’arrête, les forces renaissent, et les ulcères intestinaux se cicatrisent.

Dans ces derniers temps on a préconisé le régime lacté dans la dysenterie chroniipie ( l ), et ce traitement, employé surtout dans les hôpitaux d(‘ la marine, a donné de bons résultats; à l’hôpital deDrest, les dysentériques étaient enfermés dans une salle spéciale, afin qu’il leur lut impossible de se procurer tout autre aliment que le lait, auquel on joignait le sous-nitrate de bismuth à haute dose. J’ai vu quelques malades venant de Coebinebine qui avaient été soumis à ce régiiqe, leur état en avait été amélioré, mais des rechutes n’avaient pas tardé à se produire. Le régime lacté calme les douleurs et produit un soulagement manifeste pendant les premiers jours, mais il est trèsdifficilement supporté, et si l’on insiste, les malades ne tardent pas à s’affaiblir et à dépérir. La première condition de ce traitement serait d’avoir d’excellent lait; or, dans les grandes villes on n’y peut pas songer, et s’il était parfaitement démontré que le régime lacté guérit la dysenterie chronique, la première chose à faire serait d’envoyer les malades dans une campagne ou dans une petite ville où l’on pourrait leur procurer en abondance un lait pur et nourrissant.

Les toniques, le vin, le qiiimiuina, le fer, trouvent naturellement leur emploi, ils contribuent à soutenir l’organisme défaillant et à prolonger la lutte, mais dans les pays chauds ces moyens seront souvent impuissants à enrayer la marche de la maladie, et la guérison ne sera possible que si le dysentérique peut changer de climat. Il ne faut pas attendre trop longtemps pour conseiller ce déplacement, car chaque jour de relard accroît les brèches de la muqueuse digestive et les rend moins réparables; il faut se souvenir que les dysentériques sont extrêmement sensibles au froid, et voilier à ce qu’ils n’arrivent pas dans nos pays tempérés pendant l’iiiver, surlout s’ils doivent résider dans des régions relalivement froides et non dans le midi de l’Europe.

(1) Du traitement de la dyxenlerie chronique de Cochinchine par le régime lacté mixte, par le docteur.!. Bcrtliier. Thèse de Montpellier, 1874.

Voyez aussi l’article du Lait Dictionn. encyclop. des sciences médicales, par M. Dcchambre.

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