‹ Traité des maladies et épidémies des arméesChapitre 49 sur 129 · DE L’ACCLIMATEMENT DES TROUPES DANS LES PAYS CHAUDS · texte numérisé non relu

DE L’ACCLIMATEMENT DES TROUPES DANS LES PAYS CHAUDS

meiU au soleil de l’Ilalie, de l’Afrique et de l’Espague; les migrations leiiles des peuples ne nécessitant que le petit acclimatement j>our une môme génération et facilitées par le croisement des races pourraient seules d’après lui aboutir à racclimatement dans les pays chauds. Nous n’avons pas à parler ici des pérégrinations assez problématiques de nos ancêtres probables, les Aryens; le modo d’extension des peuples à travers les siècles n’a rien à voir avec le transport si rapide aujourd’hui des troupes dans les pays chauds.

De ce qu’un pays se trouve dans telle ou telle zone isotherme, il n’est pas possible d’en conclure à l’acclimatement possible ou non de l’Européen; il y a pays chauds et pays chauds; sous les tropi(jues môme l’acclimatement peut être facile ici, impossible là, les moyennes tliermomélriques annuelles restant du reste les mêmes. L’organisme humain se plie facilement à des conditions atmosphériques nouvelles, à la chaleur comme au froid, mais il ne s’habitue Jamais aux lièvres palustres, et c’est dans les pays où ces fièvres sont endémi(iues et très-graves qne l’acclimatement est impossible.

A Sidney l’Anglais est exposé à une température égale à celle des côtes d’Afri([ue, cependant il y prospère (M s’y multiplie, tandis qu’à Sierra-Leone sa mortalité est considérable; à Sidney les fièvres paluslres et la dysenterie ne régnent pas comme sur la côte de Guinéeà la Nouvelle-Calédonie, malgré une température moyenne de 52“ à 23“, l’acclimatement des Européens se fait facilement; làanssi on constale l’absence de l’endémie palustre. L’île de la Réunion offre pour la même raison un climat très-hos|)italier à l’Européen, bien qne la température moyenne soit aussi élevée qu’au Sénégal (24“,7, Dutroulan). Au contraire, non loin de là, à Madagascar, à Mayotte, l’Européen ne peut pas prendre racine; la moyenne lliermométrique n’est pas plus élevée qu’à la Héunion (2 f" à 2.")“, Dutroulau), mais l’endémie palustre est terrible. On est obligé de renouveler tous les ans la garnison fébricitante de Mayotte; en 1849 il y eut pour cent hommes 765 entrées à l’hôpital! A Madagascar ceux qui échappent à la fièvre pernicieuse sont atteints au bout de peu de temps de cachexie palustre (Dutroulau).

I>a dissémination de la race juive à la surface du globe n’est-elle pas une preuve irréfutable de la facilité avec laquelle l’homme se plie aux dilférents climats? Les juifs ne se mélangent pas aux autres races, on ne peut pas invoquer le croisement avec les populations aborigènes pour expliquer l’acclimatement; cependant on les trouve partout, partout ils prospèrent et se reproduisent avec une facilité prodigieuse. Pourquoi? Parce que le juif, très-prudent de sa nature, évite les climats malsains; parce qu’il ne s’installe qne dans des centres

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MALADIES ET ÉPIDÉMIES DES AliMÉES.

(le population, au milieu d’agglomii'ralious Immaiucs qui u’out pu s’établir que clans des pays salubres; le juif ne di'-fricbe pas la terre, il ne colonise pas, il se contente d’exploiter les colons.

Comme le dit très-bien Üulroulan, racclimatemcnt méléorologi([ue est facile, l’acclimatement pathologique est impossible dans les jiays où les fièvres telluriques et la dysenterie régnent avec intensilé.

Dans les pays palustres la mortalité augmente avec la durée du séjour, preuve infaillible du non-acclimatement.

Masclavy de Deanveset, gouverneur de la riuyaiieen 1712, a donné les cliiffres suivants, qui prouvent l’accroissemcnl rapide cb' la mortalité ;

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