sur 1000 (Oal Paixljans) 10.5 sur 1000 (Boudin
10 sur 1000 (L. Lavoran).
Dejti en 1858 on constate un léger abaissement du cbilïre de la morlalite; nous aurions pu citer, pour faire ressortir celte amélioration datis 1 état sanitaire de l’armée, la slatisliijue du comte Morozzo qm a la Im du siècle dernier (1791) évaluait à <J0 sur lOûO les perles de 1 armée piemontaise (2); mais ce chilfre excessif s’explitpte eu partie parce lait qu’on servait alors dans l’armée (.iémontaise de 18 à 58 ans (l)Otidm); en tout cas il y a là des conditions jiarliculièrcs (jni ne permettent pas la comparaison avec la mortalité dans notre armée.
(Il L. Laveran, /îec/ierc/tf* sur les causes de la mortalité de l'annee L intérieur, toc. cil,
(2) Renoiston, mèm.'cilé, p. 273.
serrant â
L arlirle 5 de la loi du 22 janvier 1851 prescrivit en France la publication d une slatislicpie médicale de l’armée; celte publication fut retardée et le premier volume ne parut qu’en 1864; nous possédons aujourd’hui les statisliques des années 1862 à 1872, moins 1870 et 1871, la guerre avec l’Allemagne ayant empêché de réunir les docum.ents relalifs à res deux années.
De 18G2Ù 1808 la mortalité moyenne derannée française
a clé de 11.59 sur 1000.
En 1868 Li.5-2 —
Soit une mortalité moyenne de 11.1-7 pour la période comprise de 1862 à 1872 (moins les années 1870-71).
Les chiffres cités plus haut comprennent la mortalité des troupes d’Algérie et d’Italie, qui, plus considérahie que celle des troupes à l’intérieur, a pour olfct d’élever assez sensiblement la moyenne, comme le montre le tableau suivant :
ANNÉES
MORTALITÉ à l'iiilcTioiir pour lOOÜlioinmcs.
MORTALITÉ CI) Algérie pour lüÜO hommes.
MORTALITÉ en llalic
pour 1000 lioiuines.
Années 1862 à 1868....
lt.98
Moyennes
Ainsi, d’après la statistique ofliciclle, sur 1000 hommes d’effectif servant rà l’intérieur, il en meurt annuellement 10.24, ou en chiffres ronds 10, soit 1 sur 100. Malheurensement il n’est pas possible d’accepter ce chiffre comme celui do la mortalilé vraie dans l’armée. Nous avons constaté que dès 1858 le chiffre des décès était en décroissance, et très-certaineincnt il a continué à s’abaisser dans ces dernières années; il faut s’applaudir de ce résultat, mais ne pas s’empresser de conclure qn’on ne meurt pas plus dans l’armée que dans la population civile, et que tout est pour le mieux.
Ceux qui raisonnent ainsi ne tiennent compte, ni des conseils de révision, qui écartent de l’armée les malades et les malingres, ni des réformes prononcées pour maladies incurables, ni des rengagements si nombreux jusqu’en 1870, rengagements qui n’étaient acceptés
MORTALITÉ DANS L’ARMÉE
qu’après un e.\amen médical minutieux; la slatisli(iue u’est pas de rarillimélique, les chiffres ont leur langage à eux, il faut savoir les faire parler.
M. le professeur E. Yallin (1), après avoir insisté sur les causes multiples qui devraient à priori abaisser la mortalité de l’armée au-dessous de celle de la population civile, a recherché quelle serait la mortalité militaire : 1“ s’il n’y avait pas de sélection par les conseils de révision ; •1° si les hommes atteints de maladies incurables n’étaient pas réformés. Il est assez facile d’ajouter au chiffre des décès fourni par la statisti(pie celui des hommes réformés pour maladies incurables, c’est ce que nous ferons; mais l’appréciation du nombre des décès qui se produiraient sans les éliminations faites par les' conseils de révision nous semble bien hypothétique. M. le professeur Vallin arrive au chiffre de 18.00 pour 1000; il faut bien avouer que ce cbiffre ne représente rien (pie la mortalité idéale d’une armée qui n’a jamais existé et qui n’existera jamais.
Voici le résumé des supputations faites par M. E. Vallin :
Nombre réel des décès sur 1000 hommes à l’iiilérieur. . 9. -il décès.
Décès prévenus par la réforme et la libération 3.59 —
Chances de mortalité écartées par la révision équivalent à 3. CO — Bénéfice des visites de rengagement équivaut à 2.00 au minini.
Total 16.60
Nous ne pouvons pas entrer ici dans tous les détails nécessaires pour expliquer par quels calculs ces chiffres ont été obtenus, nous renvoyons le lecteur au très-intéressant mémoire de M. le professeur Vallin; nous devons dire cependant ce qn’on doit entendre par bénéfice des visites de rengagement. En 1851 les rengagés formaient seulement le vingtième de l’armée; tà la fin de l’empire, leur nombre, croissant toujours, en était arrivé à représenter près du tiers de l’armée : ,
janv. 1863 sur -iO-i -iOO hs. il y a 125 671 rengagés ou 30 p. 100. l'^r janv. 1867 sur 369 307 hs. il y a 112 751 — ou 30 p. 100. (2)
La nouvelle loi militaire a diminué très-considérablement le nombre des rengagés, en même temps qu’elle stqiprimait la plaie du remplacement militaire ; il n’en est pas moins vrai que pour la période de 18Ü2-18Ü9 les rengagements si nombreux, qui n’étaient acceptés qu’à la suite de visites médicales, ont dû avoir pour conséquence, comme
(11 De la salubrité de la profession militaire, par E. Vallin (Annales d'hygiène publique et de médecine légale. 2» série, 1868, t. XXXI).
(2) E. Vallin, mém. cité.
ledil M. le professeur E. Vallin, d abaisser la mortalilé; nous verrons, en eiïel, que la mortalilé dans l’armée française diminue avec l’à^m. Mais il est dilficilc de fixer numériquement le bénéfice dos visites de renj^agemoiit, et nous pensons que le ebiffre de 2 sur 1000 est trop élevé; si le système des rengagements conservait à l’armée des soldats aguerris, acclimatés à la vie militaire, il faut dire aussi que beaucoup de rengagés étaient des bommes usés, vieux avant l’àge, incapables d un bon service, encore ([u’ils n’eussent pas, an moment du rengagement, d’infirmités apparentes; il est peu de professions oiiriiommc viciliisse aussi vile que dans la profession militaire; les vieux soldats qui touebaient une liante paye et une prime de rengagement étaient souvent alcoolisés a un degré quelconque, ce ipii augmentait leurs chances de maladie et de mort; enfin ces bommes, faisant de la vie militaire leur profession, étaient comparables aux soldats anglais; or, dans l’armée anglaise la mortalité croît avec l’àge.
M.ledocteurElyadonné(l), dans un tableau que nous reproduisons plus loin, les ebiffres comparatifs de la mortalité dans l’armée et dans la population civile, par âges, d’après les documents officiels fournis par le ministère de la guerre et le ministère de ragriculture et du commerce.
La mortalilé des hommes de 20 à 30 ans (âge moyen du soblat) serait, d’après ces cbilTrcs, un peu moindre dans l’armée que dans la population civile ; mais M. le docteur Ely ne lient pas compte des réformes et retraites pour maladies incurables dont l’eirot est d’envoyer mourir clia(iue anniîe un certain nombre de soldats dans la population civile, c’est-à-dire de diminuer la mortalilé de l’armée et d’augmenter celle de la population civile de môme âge, double, source d’erreur.
M. le professeur E. Vallin évalue à 3.59 le ebiffre des décès prévenus parla réforme et les retraites; en 18G9, si l'on ajoute au ebiffre des décès (10.30 sur 1000) celui des sorties pour maladies incurables, on a 11. G décès pour 1000 bommes d’clTectif; en 1872, d'après le rédacteur de la statistique lui-même, on obtient de la meme façon I i . 1 5 dé- -cès sur 1000 (2). Le cbilTre 3 représentant à très-peu près la moyenne annuelle des sorties définitives pour maladies incurables sur 1000 hommes d’elfectif, on peut l’ajouter au chitïre 10 (mortalité sur 1000 des hommes présents sous les drapeaux au moment du décès), et l’on a ainsi une mortalité vraie de 13 sur 1000. Il n’y a dans ce calcul rien d’bypothéti(iue, car on connaît les maladies qui ont été causes de sorties définitives et on peut juger facilement combien d’hommes
(t) Ély, /’.'lraiée et la population {Ree. mém. de mèd. militaire, janvier, 18/ 1).
(2) Statistique 7nid. pour 1871, p. AI.
MORTALITÉ DANS L’ARMÉK.
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