UES MALADIES VIRULENTES
qukle (lu jclagc clioz le cheval , le virus sypliilitiquc au |his qui se trouve ù la surface du chancre induré ou de la plaque muqueuse. Il était naturel de cher^'her à aller pins loin dans la connaissance de la nature des virus et de se demander s’ils étaient en dissolution dans le plasma de ces humeurs on à l’état de suspension, sous forme de grannlations solides; les expériences M. le professeur Chanvean tendent à contirmer cette deuxième hypothèse.
Pour obtenir de la sérosité vaccinale privée de tons ses corpnscnles solides, y comi)ris les granulations les plus lines,M. Chauveau a utilis le phénomène connu sons le nom de dilfnsion : on met dans un verre de montre (pielques gouttes de sérosité vaccinale, au-tlessus on dépose avec le plus grand soinquoh|ucs gouttes d’eau distillée, on laisse à la dilfnsion le temps do se produire, puis ou inocule comparativement la partie superficiolie et la partie profonde du liquide. Ces inoculations prati((uées avec la sérosité pure, c’est-à-dire avec les couches les plus superliciellcs du li(piide, échouent toujours, tandis ((ue les couches profondes conservent leurs propriétés virulentes; de cette expérience si simple, si ingénieuse, M. Chauveau a conclu (|ue la sérosité vaccinale n’était pas virulente et que l’activité du vaccin résidait dans ses granulations solides, soit dans toutes indistinctement, soit dans une partie seulement de ces organites élémentaires (1).
Le virus du pus varioleux se comporte absolument comme celui de l’humeur vaccinale, les propriétés vii'ulentes sont fixéessur les éléments solides à l’exclusion du plasma. Du pus morveux soumis également à la dilfnsion et inoculé comme nous venons de le dire a fourni les mêmes résultats ; donc, pas plus que dans la vaccine et dans la variole, le sérum des humeurs virulentes n’est doué, dans l’alfeclion morveuse, de l’activité spécifique (pii constitue la virulence; cette activité réside exclusivement dans les organites on corpuscules élémenlaires en suspension (:2).
Dans ces expériences, le défaut d’activité des couches supérieures du liquide dilfusé ne tient pas à l’absence ou au peu d’abondance des substances albuminoïdes, elles s’y trouvent en plus grande abondance que dans les dilutions étendues, pourvues cependant de l’activité virulente; il ne tient pas davantage à l’altéralion du principe virulent an contact de l’eau, l’expérience démontrant que ce conlact prolongé même au delà de 18 heures ne modifie pas l’aclivité du vaccin non plus que celle des virus varioleux et morveux (3).
(Ij Communie, à rAcnil. des seionecs, 2t f(jvrier I8C8. — Leçons sur la phijsiolofiie lies inalail. nirulcnles {Revue des cours scienlif., 1871-1872/.
(2) Communie, de M. Clianvcan à l’Acad. de niéd. .S(iance du 2i fÇ’vrior IHtiS.
(3) Conimunie. de M. Cliauveau à l'.Vead. de niéd., 28juillcl 18(18.
La naim’c solide des virus ainsi démonlrée s’accordait facilement avec les faits de contai;ion par inocnlation, elle rendait pins difficiles à concevoir le transport des virus à distance et leur pénétration par les voies naturelles (variole). D’après M. Cliauvean, les grannlations moléculaires virulentes jienvent, à l’aide de leurs mouvements bi'owniens, comme les leucocytes à l’aide de leurs mouvements amihoïdes, traverser les membranes animales ; la peau se prêle très-mal à cette pénélralion, les nnupieuses |mlmoiiaire et digestive sont des barrières bien moins solides ; à clnupie inslaiit des poussières de cbarbon ou de silice s’introduisent dans le parenchyme du poumon, en assez grande (piantité (piebpiefois pour renllaimner (pbtbisie des tailleurs de pierre); les graisses sont absorbées dans l’inlesliiià l’élat d’émulsion, c’esl-à-direde particules extrêmement ténues; Molescbott, après avoir injecté ilu saitg linmain dans l’intestin d’une grenouille, a vu les cor- ])uscules arrondis et discoïdes du sang in jecté cbeminer de compagnie avec les globules cllipti(|ucs dans les capillaires de l’animal.
Reste à expliquer pounpioi certaines maladies sont transmissibles à distance, d’autres non. D’après M. Cbauveau, si la variole et la clavelée peuvent se transmettre par rinlermédiaire de l’air, cela résulte uniquement de la grande quantité de matière virulente (]ui est cédée aux milieux par les sujets conlagifères (1). — D y a là très-probablement autre chose qu’une question de quantité; on a beau réunir dans un môme local un grand nombre d’individus atteints de chancres et de plaques nnupieuses, la syphilis ne se transmet pas à distance, tandis (pi’uu varioleux, u’eùt-ilque quebpics vésicules de varioloïde, suffit à transporter la variole partout où il va. Dounpioi le virus varioleux peut-il s’introduire dans l’économie par les voies naturelles, tandis ipie le sy|)bililique a besoin de rinoculalion? üzanam prétendait ipie la fièvre volatilisait le virus, et il expliipiait aimsi poimjuoi les maladies virulentes apyrétiques comme la syphilis n’étaient pas transmissibles à distance ; c’est là une simple vue de l’esprit qui ne satisfera personne.
iM. le professeur Chauveau poursuivant ses expériences, les a étendues aux humeurs inffiunmaloires simples ou putrides et à la tuberculose. Le pus, putride ou non, ressemble aux virus en ce que ses propriétés phlogogènes siègent dans les cor|)uscules solides et non dans le sérum (2), mais là doit s’arrêter la comparaison; le pus n’est pas un virus, c’est bien plutôt un |)oison ; il n’est pas possible d’assimiler le
(1) Cliauvean, Théorie de la conta(jioo médiale nu miasmaliqiie encore appelée infeclion (Gai. hehdotn., 30 octobre 18(58).
(2) Cliauvean, Itevue des cours scieutiliques, 1872.