VARIOLE
ment hygiénique, les varioles confluentes guérissent rarement et les varioles hémorrhagiques jamais.
La prophylaxie prime complètement ici la thérapeutique; nous pouvons prévenir la variole, cela doit nous consoler de notre impuissance quand nous nous trouvons en présence de ses formes graves; l’étude de la vaccine viendra naturellement après celle de la variole, après le mal, le remède; que ne pouvons-nous en faire autant pour toutes les maladies !
Quand la variole s’est déclarée dans une caserne, dans un régiment faisant partie d’une garnison nombreuse, il faut craindre de la voir s’étendre aux autres casernes, aux autres régiments, il faut revacciner immédiatement tous les hommes qui ne l’ont pas été depuis leur arrivée au corps, ce qui du reste doit se faire en tout temps; il a fallu des événements aussi imprévus que ceux de 1870-1871 pour nous faire assister à un grand développement épidémique de la variole dans l’armée. Avant la déclaration de guerre, la variole était épidémi(pie à Paris dans la population civile; mais l’armée, soumise régulièrement à la pratique des revaccinations, n’en avait présenté qu’un petit nombre de cas lorsque arrivèrent les mobiles des départements. . Les hommes atteints de variole seront envoyés d’urgence à l’hôpital et isolés avec soin des autres malades; dans la, plupart des hôpitaux on affecte aux varioleux une salle spéciale, mais une salle (lui communi(iue avec les autres, cet isolement n’est pas sufllsanl; il faut aux varioleux un pavillon séparé et un personnel particulier; les infirmiers employés à ce service doivent être revaccinés avec soin. En temps d’épidémie, il est bon d’installer, comme à Londres, des hôpitaux spéciaux de varioleux. Pendant le siège de Paris, les militaires atteints de variole étaient envoyés soit à l’hôpital de Bicètre, soit à l’école d’Alfort transformée en ambulance. On pouvait craindre l’influence de ces grandes agglomérations de varioleux, soit pour les malades eu.x-mémcs, soit pour le personnel chargé de les soigner et pour la population militaire environnante. M. le professeur L. Colin, chargé de diriger le service médical à l’ hôpital de Bicètre, a démontré que rinstallation d’hôpitaux spéciaux pour les varioleux n’avait présenté que dos avantages; les faits qu’il rapporte empruntent aux circonstances où ils se sont produits toute la valeur d’une expérience :
« Situé dans les glacis du fort de Bicètre, au milieu des principaux ouvrages de défense du sud, entre les forts d’Ivry et de Montrouge, au voisinage des redoutes du Moulin-Sa(|uct, de Villejuif et des Hautes-Bruyères, cet asile était naturellement entouré de masses considérables de troupes; notre voisinage s’imposait forcément à tous ces postes et plus spécialement au fort de Bicètre, dont l’enceinte
n’était fiu’à queliiues mètres de nous. 11 y avait nécessité, au milieu (le celle foule riui précisément était celle (jui nous fournissait des malades, de nous isoler d’elle autant (pie possible, dans son intérêt, et de fermer rigoureusement nos portes à tous ceux (]ui n’appartenaient pas à rimpital comme malades, fonctionnaires ou employés.
» Mallieurcuscment, une circonstance qui se rattachait elle-même aux nécessités de la défense nous interdisait l’application de cette mesure, qui de toutes semble la plus obligatoire pour un hôpital de
varioleux.
)) Dans un des pavillons de l’iiospico était installé l’état-major d une division militaire, d’où résultaient non-seulement quelques dangers pour le personnel de cet état-major, mais encore un va-et-vient continuel de plantons, d’ordonnances, nécessité par les communications permanentes (pii le reliaient d’une part avec Paris, d’autre part avec les réiîinients des garnisons environnantes; d’où enfin impossibilité de fermer l’impital comme on l’eùt évidemment fait dans les circon stances ordinaires.
» La masse de nos malades n’allait-elle pas engendrer de puissantes causes d’insalubrité intérieure et extérieure, infection nosocomiale, abondance et dissémination périphérique des germes viru-, lents? Quand on^ songe à la quantité de pus sécrété par un seul varioleux, soit durant la période de suppuration et l’exanthème, soit à l’époque où se forment chez un si grand nombre ces vastes phlegmons qui envahissent parfois toutes les régions de l’organisme; (piand on sé rappelle toutes les sécrétions muqueuses entraînées par l’an- <ûne spéciale à cette afl'cclion, on recule à la pensée de la masse dematière morbide, virulente, devant s accumuler dans un etablissement qui recevra des milliers de varioleux. Il est certain que si qucbiue part l’atmosphère a dû être saturée de germes contagieux, figurés ou non, solides ou gazeux, c’est bien dans notre hôpital de Bicêtre. Et cependant, un fait aujourd’hui pour nous très-évident, c’est (ine l’agglomération d’un si grand nombre de malades ne semble en rien avoii' aggravé leur atfeclion ; nous avons en des accidents d’infection purulente, des complications adynamicpies, un grand nombre de formes graves'; mais ces faits avaient lieu chez nous en même temp.s qu’ils se manifestaient dans d’autres établissements où les^ varioleux étaient relativement peu nombreux; et la preuve qu’ils n’étaient ni spéciaux ni plus communs <â l’hôpital de Bicêtre, c est que notre mortalité fut identique là celle dont furent alors frappés les mêmes malades, soit au Yal-de-Gràce, soit dans d autres ambulances.
» Preuve nouvelle que dans les affections nettement virulentes, a cause bien spécifique, à évolution pour ainsi dire bien déterminée