C01TRE ÉPIDÉMIQUE. C
goitre à l'aide d'une friction prolongée, puis le malade s'expose en. plein soleil, la peau ne tarde pas à présenter une large vésication (1).
Dans ces dernières années, M. le docteur Luton a préconisé les injections iodées parenchymateuses; M. Luton injecte l à 5 grammes de teinture d'iode pure dans l'intérieur du goitre à l'aide d'une seringue analogue à celle de Pravâz. Cette opération est suivie d'une douleur très-vive, la glande thyroïde augmente de volume, la rétraction se fait ensuite lentement, et d'après M. Luton les résultats définitifs ne sont réellement appréciables qu'au bout de 5 ou 6 mois! Ce traitement n'est pas applicable au goitre épidémique, il faudrait au moins le réserver pour les cas très-rebelles, pour ceux par exemple qui laissent à leur suite des goitres cystiques; d'après M. Luton l'évacuation de la matière colloïde contenue dans les kystes n'est pas nécessaire : sous l'influence de l'iode cette matière est résorbée.
L'injection d'iode dans l'intérieur d'un goitre peut présenter quelques dangers auxquels on ne doit pas exposer les malades cà moins de nécessité absolue; Patritli, dans sa thèse (2), rapporte plusieurs exemples d'accidents graves survenus à la suite de l'injection iodée dans la thyroïde.
Les émissions sanguines locales ne sont utiles que dans les cas très-rares où un goitre aigu et très-volumineux gêne la respiration et la circulation dans les vaisseaux du cou.
On a préconisé le froid, la glace; j'ai vu plusieurs fois des douches froides sur le cou (douche en jet) déterminer la résolution de goitres qui avaient résisté aux préparations iodées.
Quand le goitre est rebelle aux médications précédentes et qu'il tend à devenir chronique, il faut renvoyer les malades chez eux, s'ils sont d'un pays où le goitre n'est pas endémique; quand les malades rentrent au régiment après trois mois passés chez eux, en congé de convalescence, le goitre a presque toujours complètement disparu. L'efficacité du changement de milieu est si bien reconnue dans le traitement du goitre qu'on se demande s'il ne serait pas bon d'évacuer immédiatement tous les hommes atteints sur une localité non goilrigène; les goitreux pouvant voyager facilement, celte mesure ne présenterait aucune difficulté, les plus malades entreraient dans un hôpital militaire voisin, les autres seraient mis en subsistance dans un régiment de la même région; le goitre n'est pas contagieux, il n'y a donc pas lieu de craindre que les militaires importent la maladie d'une garnison dans une autre.
M, Monod, im. i. Min Frodsliam, 1800. Citûs par Luton. Art. Goitre, Nouveau Dict. de méil. et île chir.
{1) Du goitre cijtlique. Thèse; Paris, 1S72.
A. LAVEIl \N. „n