‹ Traité des maladies et épidémies des armées [electronic resource]Chapitre 121 sur 127 · EFFECTIF · texte numérisé non relu

EFFECTIF

DÉCÈS

habitants.

Moyenne.

DECES

sur 1000 hommes.

Il faut remarquer que le chiffre des habitants était réduit par l'émigration, qui signale toujours le début des épidémies cholériques, et que par suite la mortalité de 14,76 sur 1000 est certainement audessous du chiffre vrai; néanmoins il reste prouvé qu'à Paris l'armée a été plus fortement atteinte que le reste de la population. Au contraire, sur d'autres points, elle a joui d'une immunité relative; en 1830, à Berlin, il n'y eut que 35 malades sur 12 000 hommes de garnison; à Breslau, 30 sur 4000 (1).

Si le choléra était une maladie comme la grippe, si la conlagion et l'infection ne jouaient aucun rôle clans son mode de propagation, on ne comprendrait pas pourquoi l'armée est tantôt plus, tantôt mouîs" éprouvée que la population civile; au contraire, la théorie de la contagion et de l'infection du sol par les produits cholériques rend trèsbien compte de ces différences. Si des troupes sont isolées de la population civile, si elles sont casernees dans des bâtiments bien

(1) Sroutclten, Du choléra à Berlin. L. Laveran, art. cité, p. 791.

CHOLÊHA. 713

situés, sur ilos hauteurs, et sur un terrain non perméable, on comprend, tlis-je, qu'elles seront épargnées, tandis que dans des conditions opposées le choléra se développera au milieu d'elles avec une grande intensité. Il en est ainsi non-seulement de l'armée, mais de toutes les réunions d'hommes : couvents, prisons, bagnes, etc., qui tantôt sont épargnées, tantôt au contraire bien plus maltraitées que le reste de la population. .

La mortalité des médecins et des infirmiers s'est élevée très-sou- U^Aj^ venl au-dessus de la mortalité moyenne. En 18357a Firâpilal militaire du Dévales médecins et les infirmiers payèrent un large tribut à l'épi-

déraie, près d'une trentaine furent frappés et 12 succombèrent; — » , ';. à Toulon, en 1842, sur 35 officiers de santé de la marine, 10 furent atteints et 5 succombèrent; — à Toulon en 1849, la mortalité de la $ °ty sarnison étant de 1 sur 15 de l'effectif, il mourut 51 infirmiers sur \^ ' 179 ou près de 4 sur 3; — à Oran en 1859, pour une garnison de G000 hommes ayant donné 1 15 décès, les infirmiers militaires comptent pour 12 décès; en 1865, la moyenne générale des décès cholériques donnant une augmentation de 1 ,66 décès sur 1000 hommes en général, cette augmentation s'élève à 8 sur 1000 pour les infirmiers. Pour Toulon et Marseille on a :

22" de ligne à Toulon 31,75 décès sur 1000.

7« section d'infirmiers (Marseille, Toulon). 38,00 — —

Dans les hôpitaux, comme pour les troupes en campagne, la transmission d'homme à homme est moins à craindre que l'infection provenant du sol ou des eaux contaminés par les déjections cholériques, Nous avons déjà eu l'occasion de signaler l'insalubrité de l'hôpital militaire du Dey; en 1866, sur 63 cholériques, 23 ou 24 furent fournis par le personnel de l'hôpital, dont 9 sœurs de Saint-Vincent de Paul. Pendant quinze jours tous les hommes atteints de choléra furent transportés au fort des Anglais dès l'apparition des premiers symptômes. Cependant le personnel de l'hôpital continua à fournir <ïc nombreux malades. Au fort des Anglais au contraire, bien que les chblériqaéa fussent réunis dans un local insuffisant, aucune des personnes attachées au service du fort ne fut atteinte. Il faut dire qu'on transportait le linge des cholériques du fort des Anglais à la buanderie de l'hôpital du Dey et ce linge était lavé dans un bassin —

(\) Perier, Rapport *ur le choléra île 1805. Alger, 18GG.

71i MALADIES ET ÉPIDÉMIES DES ARMÉES.

qui communiquait par suite de détérioration des conduits avec le réy<tc servoir de l'eau bue par les sœurs.

- Le tableau suivant (1) montre que dans l'armée anglaise des Indes V la mortalité par choléra est très-variable, l'endémie cholérique n'a

pas la même régularité que l'endémie palustre; il y a des périodes epidemiques, comme pour la fièvre jaune au Mexique, et en dehors de ces périodes la mortalité par choléra n'a pas une très-grande importée. Ce tableau nous permet de constater aussi l'abaissement notable de la mortalité générale de l'armée des Indes depuis 1858.

TABLEAU DE LA MORTALITE DES TROUPES ANGLAISES DANS L'INDE DE 1858 A 1871.

ANNEES

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