‹ Traité des maladies et épidémies des armées [electronic resource]Chapitre 125 sur 127 · II. HOPITAUX · texte numérisé non relu

II. HOPITAUX

XXXVIII. — Une fois le choléra déclaré dans une garnison, on devra éloigner de l'hôpital, au moyen de congés de convalescence ou d'évacuations, tous les hommes souffreteux, débilités, qui pourront supporter le déplacement; tels sont : les convalescents de fièvre grave, de fièvre intermittente, les hommes affaiblis par les maladies d'Afrique, les tuberculeux, etc.; l'expérience a en effet démontré que les hommes de cette catégorie, en restant dans les foyers de la maladie, sont, en général, plus exposes à ses atteintes, et, d'un autre côté, il importe de faire des vides pour éviter l'encombrement.

\X.\IX. — Afin de faciliter le service exceptionnel qu'entraîne une pareille épidémie, de3 salles particulières seront disposées dans chaque hôpital pour recevoir : le3 unes des cholériques en traitement et elles seront dans d ■- bâtiments séparés ou dans les parties les plus éloignées des salles ordinaires des malades; les autres, les cholériques convalescents.

XI,. — Les salles destinées aux cholériques en traitement seront pourvues Aé tous les objets nécessaires pour la médication de cette maladie, savoir :

pour chaque lit des draps d'alèze, une double couverture, un bassin, une chemise de laine longue et ample, ouverte clans toute sa longueur, s'atlachant par des cordons sur le devant, une paire de mouffles, une paire de chaussettes, un bonnet de laine, un lé de flanelle. Sur une table centrale, sous la garde des infirmiers et sous la responsabilité de l'infirmier-major, seront disposés à l'avance quelques appareils de réchauffement et, selon l'indication du médecin traitant, une certaine proportion de moyens de traitement interne et externe qui se trouveront ainsi sous la main, afin d'éviter les pertes de temps qui peuvent être si funestes dans la première période de la maladie. Les lits seront largement espacés, et l'on entretiendra une aération diurne et nocturne par l'ouverture permanente de deux baies opposées, par exemple des impostes placées aux deux extrémités de la salle.

XLI. — Un service de garde permanent en officiers de santé, officiers d'administration et infirmiers, indépendant du service de garde du reste de l'hôpital, sera établi, s'il y a lieu, dans ces salles ou à proximité; un ou plusieurs médecins aides-major y seront à demeure pour administrer ou faire administrer les premiers secours, conformément aux instructions de l'officier de santé qui seront affichées.

XLII. — H y aura constamment un infirmier-major dans la salle. Les infirmiers seront affectés spécialement, d'une manière permanente, à des parties distinctes du service : les uns, et ce sera le plus grand nombre, aux frictions; d'autres à l'administration de potions de lit en lit; d'autres à la vidange-, qui devra avoir lieu deux ou trois fois au moins à des heures déterminées, etc.

XL11I. — Eu égard à la mobilité des symptômes du choléra et à la variabilité, ainsi qu'à l'urgence des indications qui peuvent en résulter, il sera convenable que les visites réglementaires du médecin traitant soient portées à trois au moins dans les vingt-quatre heures.

XLIV. — Dès qu'un cholérique arrivera à l'hôpital, il sera immédiatement transporté dans la salle spéciale, et le médecin en chef ou les autres officiers de santé traitants seront sur-le-champ prévenus. 11 y aura à rentrée de l'hôpital un brancard en permanence avec couvertures et sachets de sable chaud pour y placer les malades qui ne seraient pas apportés de celle manière.

XLV. — Sans vouloir imposer à la conscience des médecins des règles absolues de traitement, le Conseil de santé des armées croit devoir, avec une nouvelle insistance, rappeler ce qu'il disait, en 1832, dans l'instruction du 4 mai, et en 1849, dans celle du 5 février : « Point d'empirisme; il est

> indigne du vrai savoir et de l'habileté pratique; point de dangereux

> essais sur les défenseurs du pays; point de coupable témérité déguisée d sous le nom de hardiesse: application méthodique et consciencieuse dts

> principes fondamentaux de l'art de guérir : à cela se réduit le devoir » du médecin militaire dans tous les cas. »

XLVI. — Dès que les symptômes le permettront, diriger, sur la désignation de l'officier traitant, les convalescents dans la salle qui leur aura ete

préparée. Le même médecin traitant fera, dans cette salle, des visites exactes deux fois par jour; il portera la plus grande attention aux rechutes. On exercera une surveillance sévère pour éviter les moindres écarts, qui seraient presque infailliblement funestes. On ne laissera sortir, pour la promenade, que sur l'autorisation expresse du médecin. Un régime alimentaire spécial sera accordé sur la demande motivée du médecin.

Xl.Vll. — Les corps des hommes qui auront succombé seront transportés, aussitôt que le décès aura été constaté, à la salle de dépôt. Après les autopsies, on procédera promptement à l'inhumation.

XLV111. — Les lits, les effets de literie qui auront servi aux cholériques, devront être lavés et désinfectés avant d'être mis en service pour d'autres malades.

XL1X. — Les officiers de santé de garde à l'hôpital seront nourris au compte de rétablissement.

L. — Les gardes des infirmiers attachés au service des cholériques ne dépasseront pas douze heures. Ils auront double ration de vin, et, pendant la nuit, du café. Tous les jours, après la visite du matin, le médecin traitant ou un officier de santé désigné à cet effet par lui, se fera rendre compte de l'état de santé de ces infirmiers et prescrira, lorsqu'il y aura lieu, des repos, des suspensions de fonctions.

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