‹ Traité des maladies et épidémies des armées [electronic resource]Chapitre 25 sur 127 · RÉGION DU PACIFIQUE · texte numérisé non relu

RÉGION DU PACIFIQUE

Total.

Malades sur

Morts

sur

Malades sur

Morts sur

Malades sur

Morts

sur

Malades 1 sur

Morts sur

CAUSES DE LA MORTALITÉ. 3S La guOPEfi «lui sa lennitia m Ii866 à Sadowa est certainement une îles plus courtes qui se puissent imaginer; cependant les perles par maladies dans l'armée prussienne ont été plus fortes que celles par le feu; il faut dire que le choléra régnait à cette époque.

Statistique des pertes de l'armée prussienne pendant la campagne de 1806 (1).

(Effectif; 437 200.)

(ofliciers *!'°

Tués sur le champ de bataille jj^t».; 2753

(officiers 84'

Morts des suites do leurs blessures ....... 1435

- Disparus .

Morts de maladies

Total des pertes par le feu 5235

C officiers 53

[soldats 6374

Total des pertes par maladies 04-27

Pour cette campagne, le chiffre moyen des décès (tués, morts à la suite de blessures ou de maladie) est de 24.88 pour 4000. La proportion des officiers blessés est double de cette des soldats; au contraire le chiffre des officiers morts de maladie n'est que de 6 pour 1000, celui des soldats étant de 15 pour 1000.

Bien que la guerre de 1870-71 ait été plus longue, plus laborieuse que celle de 1866, l'armée prussienne a perdu cette fois plus de monde par le feu que par les maladies, ce qui fait l'éloge de la façon dont celte armée était administrée.

Au 1er février 1871 l'effectif de l'armée prussienne en France était

Se '.113067 hommes; la mortalité totale pour cette immense armée

s'est élevée à 10881 hommes, plus 4009 individus portés disparus, soit

44890 décès qui se répartissent ainsi :

Par le feu 28 282 décès, j

Par maladies 11184 — '

Sans indications suffisantes 975 —

Morts subîtes 94 —

Accidents 310 ■ —

Suicides 30 —

La proportion des décès pour 1000 hommes d'effectif est :

dont 32.20 par le feu

dont 07.84 —

dont 39.50

Cavalerie

dont 14.01

dont 13.31 -

dont 5.39 —

dont 1.32 —

(I Recueil mérn. de méd. militaire, juin 1808. (Chiffres officiels.)

Notons, comme pour la campagne de 18G6, la grande mortalité par le feu des officiers prussiens; pendant la guerre d'Espagne on avait déjà remarqué que les maladies tuaient beaucoup plus de soldats que d'officiers dans l'armée anglaise, mais qu'en revanche les pertes des officiers par le feu étaient bien plus élevées que celles des soldats (Boudin, op. cit.). Les officiers, mieux nourris, mieux logés en campagne que les soldats, soumis à moins de fatigues, échappent facilement aux maladies, mais aux jours de combat, il faut qu'ils payent de leur personne et qu'ils s'exposent souvent plus que de raison afin de donner confiance au soldat et de l'entraîner par leur exemple (1).

Les décès de cause interne ne représentent que pour une faible part les perles au moins temporaires que les maladies font éprouver aux armées en temps de guerre; un grand nombre de malades encombrent les hôpitaux dès le début des campagnes ; au 1er juillet 1859, l'armée d'Italie comptait déjà 25000 hommes aux hôpitaux. Lorsque les malades se rétablissent au bout d'un temps plus ou moins long, ils sont souvent trop faibles pour rejoindre leurs corps, el les effectifs se fondent avant le comlneneement des hostilités. Insister sur l'importance des pertes que les maladies font subir aux armées en cam- •t\ pagne, c'est démontrer qu'il est nécessaire d'étudier avec soin les causes de ces maladies, afin de les prévenir dans la mesure du possible.

« Les soldats, dit Pringle, se trouvent en temps de guerre dans des circonstances bien différentes de celles des autres personnes, en f ce qu'ils sont exposés davantage aux injures de l'air et en ce qu'ils sont pressés les uns contre les autres dans les camps, dans les casèTïïës~et dans les hôpitaux; c'est pourquoi la division la plus générale de ces maladies est en celles qui proviennent de l'intempérie de la saison, du mauvais air et de la contagion (2). » Sous le nom de mauvais air, Pringle entend aussi bien les miasmes qui produisent la dysenterie et le typhus que les effluves qui donnent lieu aux fièvres palustres (3).

Mon père (mém. cilé) rapporte à quatre causes principales les maladies des armées en campagne :

1o Inlluences atmosphériques.

2° Méphitisme du sol.

3" Méphitisme des lieux habités.

4" Alimentation vicieuse.

(1) Die Verluste der tkttlschen Armeen an Of/icieren und Mannschaften im Kriege gegen Frankreich. Dr Engel. Berlin, 1873. Analysé in Revue des sciences médicales, 1873, t. Il, p. 1017.

(2) Pringle, op. cit., p. 37.

(3) Pringle, op. cit., p. 41.

C'est là un cadre excellent, qui, du reste, diffère peu do celui adopté par Pringle.

Los conditions atmosphériques agissent brusquement (mort rapide par la chaleur ou le froid, congélations), — ou passagèrement (maladies saisonnières); — ou d'une façon lente, mais durable et profonde (maladies des climats).

L'histoire médicale des armées en campagne est pleine de faits de morts rapides par la chaleur ou le froid. La retraite de Russie et la campagne de Crimée montrent trop bien l'influence désastreuse du froid sur des armées affaiblies par les privations; l'asphyxie par la chaleur a été fréquemment observée dans l'armée anglaise des Indes

La dysenterie, maladie saisonnière des climats tempérés, maladie climatique dans les pays chauds, est par excellence une maladie des armées eu campagne, et une maladie extrêmement redoutable.

Les expéditions des Anglais dans l'île de Walcheren (1805-1809) sont des exemples mémorables de l'action funeste de la malaria même dans des pays tempérés.

Le méphitisme des lieux habités, le miasme qui résulte de l'encombrement d'un grand nombre d'hommes dans des camps rapidement infectés, engendre le typhus; nous verrons que l'histoire abonde en épidémies meurtrières de typhus développées dans les armées.

Le scorbut est de toutes les maladies d'alimentation la plus commune en temps de guerre.

Tendance à l'adynamie, complexité des états morbides, tels sont le- dera caractères principaux des maladies du soldat en campagne. « Rien n'est plus rare, dit Biron (1), que de rencontrer chez les soldats des afTections aiguës, pures et véritablement inflammatoires. Il arrive quelquefois à des hommes forts et vigoureux, dans de bons cantonnements, surtout au printemps et en hiver, d'être attaqués de phlegmasies réellement inflammatoires qui exigent l'emploi des saignées et des autres moyens débilitants, mais ces faits ne sont pas communs aux armées, surtout à la suite de plusieurs" campagnes actives. D 3

Tous les médecins de Crimée, ont insisté sur la complexité des «tais morbides qu'ils observaient et sur la tendance à l'adynamie, qui donnait aux maladies de Crimée comme une teinte uniforme'. Le scorbut, le typhus, la dysenterie, les congélations, se compliquaient et se confondaient si bien, qu'il était difficile de faire la .part exacte de toutes les influences morbides; l'affaiblissement de nos soldats,

'I I Hee. mém. de mèd. militaire, 1" g^rie, t. III.

leur état scorbutique général, les prédisposaient à toutes les autres maladies.

Pendant la guerre de 1870-1871 on a pu voir, principalement à Paris et à Metz, que toutes les maladies s'accompagnaient de prostration cl d'état typhoïde. Les fatigues excessives de la guerre, les privations continuelles, les préoccupations morales, la surexcitation du système nerveux à laquelle succède une lassitude presque insurmontable, expliquent l'état de débilité profonde où tombent rapidement les soldats malades ; la moindre cause morbide a raison d'un organisme surmené.

Dès le début d'une campagne, le nombre des malades est souvent considérable, mais en général les maladies ne sont pas graves et la mortalité est très-faible ; ce sont les hommes incapables de faire campagne, pour une cause quelconque, qui entrent aux hôpitaux; toute armée entrant en campagne doit subir celle sélection naturelle. En ayant soin de ne pas conserver dans les corps de soldats malades ou faibles, de non-valeurs, comme on dit un peu brutalement, en veillant avec soin sur l'étal sanitaire des troupes, en donnant la ration de campagne quelques jours avant la mise en roule, on réduira au minimum ce déchet, qui présente de très-sérieux inconvénients : les effectifs se fondent el le commandement est trompé dans ses prévisions; les nombreuses entrées aux hôpitaux sont d'un mauvais exemple; enfin les hôpitaux s'encombrent, et lorsque les blessés arrivent ils trouvent des salles déjà infectées. Il faut donc avant l'entrée en campagne éliminer tous les hommes incapables de supporter les fatigues de la guerre ; on les laissera soit dans les dépôts, soit dans les hôpitaux de l'intérieur; c'est aux médecins des corps qu'il appartient de prendre l'initiative de ces mesures.

Ce n'est pas pendant les périodes actives des guerres ou des expéditions qu'on observe en général la plus grande mortalité; il existe alors une surexcitation générale de l'organisme, que les- privations n'ont pas encore affaibli, le soldat vit au grand air, il subit un véritable entraînement, et des déplacements continuels ne permettent pas aux maladies infectieuses de prendre naissance. C'est lorsque l'armée est condamnée à l'inaction par les guerres de siège ou même dans ses cantonnements après une expédition laborieuse, que les maladies sévissent avec le plus de violence.

Les organismes débilités reçoivent facilement le germe de toutes les maladies contagieuses ou infectieuses; les soldats, n'étant plus occupés au dehors par les travaux de la guerre, se renferment dans leurs baraquements, dans leurs casernes, et les maladies typhoïdes prennent alors naissance ou sévissent avec une intensité nouvelle si

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l'armée en portail déjà le germe. L'armée de Crimée fut surtout éprouvée parle typhus dans l'hiver qui suivit la prise de Sébaslopol et après la conclusion de l'armistice. Les garnisons des places assiégées sont exposées aux mêmes causes d'infection : aussi le typhus figuret-il en première ligne parmi les maladies obsidionales ; de plus, ces garnison- ont souvent à souffrir d'une alimentation vicieuse et insuffisante, de la privation de végétaux frais ; de là l'union si fréquente du scorbut et du typhus dans les guerres de siège.

Nous ne pouvons mieux terminer ce chapitre qu'en citant le passage suivant d'un mémoire auquel nous avons déjà eu le plaisir de faire de nombreux emprunts :

L'entrée en compagne est en général favorable à la santé des troupes, les impressions du voyage, l'excitation de la marclie, répandent dans les armées un sentiment de bién-ètre et d'allégresse. Malheureusement, l'homme est tellement borné dans son bien-être et ses Forces, que la mesure est bien vile dépassée. La fatigue arrive, les difficultés de nourrir les masses énormes qui forment les armées modernes, l'imprévoyance du soldat, ses excès, ses travaux, créent bien vite de nouveaux dangers. La saison, le climat, déterminent la localisation des maladies, leurs formes; mais la prédisposition commune, le même milieu atmosphérique, les mêmes privations, l'imprégnation facile d'une même foule enveloppée dans le même tourbillon de froid, dans le même souffle épidémique ; la transmission facile des mêmes impressions morales, les échanges d'effets, les rapports intimes qui confondent dans la même atmosphère l'air respiré par le malade et par celui que la contagion a épargné, tout concourt a donner aux maladies des armées en campagne l'uniformité, l'extension, la transmissibililé particulières aux maladies épidémiques (1). » ' ^Ji^^A.

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