‹ Traité des maladies et épidémies des armées [electronic resource]Chapitre 26 sur 127 · PLAN DE L'OUVRAGE · texte numérisé non relu

PLAN DE L'OUVRAGE

Nous avons passé en revue les principales causes de la mortalité dans les armées en temps de paix et en temps de guerre, nous pourrions adopter la même division pour l'étude des maladies du soldat, mais ce serait nous exposer de parti pris à bien des redites. Les mômes maladies peuvent sévir en temps de paix et en temps de £aerre; il serait fort arbitraire de séparer, par exemple, le typhus de la Bêtre typhoïde sous prétexte que le premier a régné plus souvent dans les armées en campagne. Mainte fois la fièvre typhoïde a sévi en temps de guerre, «mime à Metz pendant l'e siéje7Iêl875"; d'autre

(\) t. I.averan, De la mortalité des armée» en campagne, loc. cil.

i0 MALADIES ET ÉPIDÉMIES DES ARMÉES,

part, le typhus règne à l'étal permanent en Angleterre et en Russie Nous avons été obligé de rechercher une division moins artificielle, nous ne disons pas une classification, car une classification méthodique des maladies des armées, reposant sur la connaissance exacte de leur nature et de leurs causes, n'est pas encore possible. Nous rapprocherons les maladies qui présentent le plus d'analogie au point de vue eliologique, persuadé que nous sommes de l'importance de l'étude des causes; non-seulement cette étude permet de former déjà Icutkfwl' quelques groupes naturels et de procéder ainsi à une ébauche de classification méthodique, mais, résultat plus appréciable encore, elle conduit à la prophylaxie d'un grand nombre de maladies.

Nous étudierons d'abord les maladies saisonnières, les maladies des climats, les fièvres lelluriques, puis les maladies typhoïdes, qui forment un groupe homogène; — la tuberculose, si fréquente 'dans l'armée; — les maladies virulentes et les maladies d'alimentation. Sous le titre de petites épidémies nous rangerons un certain nombre de maladies dont les causes sont peu ou point connues, qui ne régnent dans l'armée que sous forme épidémique et à des intervalles assez éloignés; nous nous bornerons à un aperçu historique des grandes épidémies, en n'insistant que sur les faits qui se rattachent au développement et à la marche de ces maladies dans les armées.

Cette dernière classe des épidémies est évidemment une classe provisoire qui disparaîtra lorsque nous connaîtrons mieux la nature des maladies qui la composent. L'épidémicité est un caractère commun à un grand nombre de maladies de nature différente, comme la transmissibililé, par exemple; ni l'un ni l'autre de ces caractères ne 4,S*\^A Peut servil" Je ,3ase h UI1C classification. Il serait peu rationnel dans Xj-*^ un traité de pathologie interne de former une classe des maiadies

contagieuses qui réunirait les affections les plus disparates : le typhus et la gale, la diphthérite et la variole ou la teigne. Il n'est pas plus logique de former une classe des maladies épidémiques. Ozanam l'a essayé, et malgré une incontestable érudition, son ouvrage (1) n'est qu'un assemblage confus et indigeste de faits ; on voit nien des matériaux précieux, mais d'édifice point. Pourquoi? Parce que Ozanam a admis le genre épidémie et parce qu'il a réuni côte à côte des maladies épidémiques de toute espèce et de toute provenance. L'épidémicité peut dépendre de causes j£ès^v.ariées : de conditions "atmosphériques, comme la grippe; de conditions bromatologiques, comme le scorbut ou l'ergotismc ; de condilions lelluriques, comme les fièvres palustres; ou bien encore elle s'explique par la contagion et se confond

(1) Ozanam, Histoire médicale générale des maladies épidémiques.

CAUSES DE LA MORTALITÉ. il

avec elle. Le eailre des épidémies est un cadre d'attente dans lequel nous plaçons quelques maladies jusqu'à ce que leurs affinités pathologiques se dessinent, et le progrès consiste non pas à y faire rentrer, comme l'a fait Ozanam, un grand nombre de maladies qui en étaient sorties, mais, au contraire, à en faire sortir le plus grand nombre possible par une élude attentive de leur nature et de leurs causes.

La division en épidémies et endémies n'a pas davantage sa raison d'être: les mêmes maladies, endémiques ici, sont épidémiques ailleurs; la peste, le choléra, la fièvre jaune, qui n'ont jamais régné dans nos pays que sous forme épidémique, étaient ou sont encore endémiques en Egypte, aux Indes, au Mexique.

Les épidémies sont, d'après les définitions classiques, des maladies rares, de cause inconnue, atteignant à des intervalles plus ou moins éloignés un grand nombre de personnes, et présentant clans leur évolution générale une phase d'augment, une phase d'état et une phase de déclin. — Presque toutes les maladies susceptibles de régner épidémiquement présentent ces trois phases, sur lesquelles 5ydënEam a appelé Fallenlïon; par contre, certaines maladies données comme des types d'épidémies, n'ont pas toujours cette marche cyclique. Le 2 janvier 1782, le thermomètre, qui marquait à Saintl'étersbourg — 35°, monte à -{— 5°, et le même jour 40 000 personnes prennent la grippe; voilà, il faut l'avouer, une période d'augment singulièrement courte. Les autres caractères assignés aux épidémies ne se soutiennent pas davantage ; que dirait-on d'une classification des animaux qui les diviserait en animaux communs et animaux rares? — Quant aux causes mystérieuses qu'on assignait autrefois aux épidémies, il ne saurait plus en être question; la lumière se fera très-certainemeiit sur la nature et les causes de ces maladies, et alors, d'après la définition même des épidémies, cette classe n'aura plus du tout sa raison d'être. r

N'ous'h^accéptons donc la classe des épidémies que comme un cadre provisoire dans lequel il est commode de ranger un certain nombre de maladies; la distinction des épidémies en grandes et petite; Supplique du reste très- bien aux maladies épidémiques des armées: les grandes épidémies atteignent le soldat comme le reste de la population sans présenter dans l'armée de caractères bien particuliers, tandis que les petites épidémies, qu'on pourrait appeler des épidémies de ganîîsôn ou de régiment, empruntent une physionomie loule spéciale au milieu des camps ou des casernes.

Nous aurions dû, à la suite des maladies d'alimentation, consacrer un chapitre à l'élude des maladies parasitaires, dont quelques-unes,

comme la gale el le taenia, sont assez communes dans les armées • ces maladies sont aujourd'hui si bien décrites clans de nombreux ouvrais leur traitement est si simple et si bien formulé, que nous avons cru pouvoir alléger noire livre de ce chapitre.

Nous avons critiqué les auteurs qui, après avoir promis un traité des maladies des armées, n'ont donné qu'un abrégé de pathologie interne; nous tacherons de ne pas tomber dans la même faute. Évidemment on observe dans nos hôpitaux militaires presque toutes lesmaladies qui se rencontrent dans la population civile : des affections des poumons, du cœur, du système nerveux, etc. ; mais ces maladies ne présentant chez le soldat aucun caractère particulier, il n'y a pas heu de les décrire ici. Pour les maladies qui rentrent dans notre programme, mais qui sont bien connues, comme la fièvre typhoïde les fièvres éruplives, la syphilis, nous n'insisterons que sur l'étiologie, le mode de développement, la fréquence dans l'armée; enfin, nous indiquerons avec soin les mesures prophylactiques que chacune d'elles commande.

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