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MORVE

ulcérations est à peu près le même, ou est guidé par leur siège, par les auamnestiques, par les symptômes concomitants; les ulcères syphilitiques ou tuberculeux envahissent rarement les fosses nasales ; la morve chronique s'accompagne d'abcès sur différents points du corps, la profession du malade est elle-même une indication importante, enfin, comme dernière ressource, on peut inoculer le pus des ulcères à un cheval ou à un âne.

La morve chronique par inoculation, lorsqu'il n'existe pas de lésions de la muqueuâe nasale, est difficile à distinguer des accidents dus aux piqûres anatomiques; on est guidé par l'étiologie, par les accidents consécutifs : abcès multiples, douleurs articulaires, etc.

Pronostic. — La morve aiguë est toujours mortelle chez l'homme; la mort arrive en deux, trois ou quatre septénaires, la morve chronique par inoculation (farcin chronique) peut aboutir à la guérison lorsque la maladie ne se généralise pas; il semble que les ganglions lymphatiques forment alors une barrière que le virus ne franchit pas; les malades ne guérissent en tout cas qu'après avoir présenté des accidents de suppuration en général très-prolongés.

Anatomie pathologique. — Sur le cadavre on retrouve les altérations déjà signalées du côté de la peau et des muqueuses, mais on peut les étudier ici tout à loisir. .Nous avons dit que les pustules avaient la plus grande analogie de structure avec celles de la variole ; cependant, d'après Kelsch, le derme est constamment malade au niveau des pustules morveuses, « l'altération en occupe toute l'épaisseur, plus accentuée toutefois dans la couche superficielle que dans la profonde; elle rayonne même en s'atténuanl jusqu'à une certaine distance du bouton; en effet, avant d'arriver à ce dernier, on voit les faisceaux du tissu conjonclif se gonfler et les cellules de pus se former entre eux; celles-ci deviennent ensuite plus conflueules, et au niveau du soulèvement épidermique elles imprègnent toute l'épaisseur du derme et même le tissu cellulo-graisseux (1). »

Dans le tissu cellulaire, dans l'intérieur des muscles, on trouve des foyers purulents qui renferment tantôt du pus crémeux, tantôt du pus brunâtre analogue au chocolat. Au voisinage des abcès les muscles présentent à l'examen histologique une dégénérescence granulo-vitreuse des plus nettes et une prolifération très-active des cellules du périmy<ium et du sarcolcmme. « Tout à fait en contact avec le foyer, les fibres complètement cireuses sont désagrégées, réduites en fragments plus ou moins volumineux et irréguliers que baignent de tous côtés

(1) Noie %ur la morve farcineu.se aiguë clien l'homme. (Arch. de physiologie, 1873, p. 731-7 «.)

des nappes de leucocytes mêlés de sang. Dans l'abcès lui-même ou trouve des blocs cireux épars au milieu du pus. » (Kelsch, loc. cil.) Les abcès musculaires de la morve ont donc une grande analogie avec ceux de la fièvre typhoïde.

Les voies respiratoires sont le siège de lésions importantes. La muqueuse nasale est rouge, tuméfiée, on y rencontre parfois des ecchymoses et de la gangrène, bien plus souvent de petites ulcérations arrondies, à fond grisâtre, provenant de la destruction des pustules; ces ulcérations se réunissant par leurs bords peuvent donner lieu à des pertes de substance plus ou moins étendues, à bords irréguliers, déchiquetés; les mêmes lésions (pustules ou ulcères) se retrouvent sur les muqueuses laryngée et trachéale, mais elles y sont moins communes.

C'est la couche sous-épithéliale de la muqueuse nasale qui parait êlre le point de départ des altérations, c'est elle qui présente l'infiltration la plus considérable de globules de pus, l'épithélium cylindrique stratifié est conservé, sauf au niveau des ulcérations, les couches profondes de la muqueuse sont infiltrées de pus, mais les globules y sont plus rares que dans les couches sous-épithéliales ; les glandes en grappe sont altérées, parfois des amas de pus se substituent au tissu glandulaire dont la structure est complètement effacée (Kelsch, loc. cit.).

Dans les poumons on trouve soit des abcès, analogues aux abcès mélastaliques, soit des noyaux de pneumonie lobulaire; les principales formes de pneumonie décrites : la fibrineuse, l'épilhéliale, la purulente, se réunissent pour former ces noyaux : « Ce qui est caractéristique ici, dit Kelsch, c'est l'association de ces diverses formes et surtout la prédominance de la forme purulente qui l'emporte de beaucoup sur les autres. »

Le système nerveux et le tube digestif sont en général à l'état sain, l'éruption pustuleuse ne dépasse pas le pharynx; la rate est souvent ramollie.

Dans la morve chronique on a noté des ulcérations des fosses nasales, du larynx, de la trachée, des abcès sous-cutanés et pulmonaires, mais pas plus dans cette forme que dans la précédente on ne rencontre chez l'homme de tubercules morveux proprement dits. Les granulations de la morve équine ont été comparées aux granulations tuberculeuses, et leur structure histologique les en rapproche certainement. « Ces granulations sont formées de petites cellules au sein d'une substance vaguement tibrillairc; les éléments cellulaires s'atrophient au centre des nodules, et il serait absolument impossible de distinguer l'un de ces produits de la morve équine, d'une granulation tuberculeuse humaine. » (Cornil et Ranvier, Manuel d'hislol.

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