‹ Traité des maladies et épidémies des armées [electronic resource]Chapitre 87 sur 127 · MORVE. ICI · texte numérisé non relu

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due à la lymphile et nne adénite correspondante. Ces accidents locaux sont accompagnes de fièvre, de céphalalgie, de nausées; parfois ils prennent une grande intensité; on voit survenir des phlegmons diffus avec plaques gangréneuses, rougeur érysipélateusc de la peau, phlvctèues; d'autres fois ils semblent vouloir céder lorsque les accidents généraux éclatent.

Dans la morve par infection, le début de la maladie est marqué par de la lièvre, des frissons, des douleurs articulaires qui simulent un rhumatisme; la température s'élève souvent à 40°, l'état typhoïde se prononce de plus en plus, si bien que la morve aiguë a été confondue maintes Ibis avec la dothiénentérie. Mais des symptômes plus caractéristiques viennent bientôt s'adjoindre aux précédents; ce sont : îles abcès multiples sous-cutanés ou intramusculaires, une éruption pustuleuse, varioliforme, enfin un écoulement par les fosses nasales, un véritable jetage.

Les abcès sous-cutanés apparaissent sur différents points du corps, souvent la peau rougit un peu à leur niveau, mais sans douleurs vives : le contenu des abcès est sanieux, sanguinolent, parfois franchement purulent, phlegmoneux; d'autres abcès se développent dans les muscles.

L'éruption de la morve a été comparée à celle de la variole, comparaison très-juste si elle s'adresse aux pustules prises isolément, l'histologie elle-même n'a pas pu découvrir de différence notable entre ces deux ordres de pustules (1), mais l'éruption morveuse est toujours discrète, les pustules se comptent à la surface du corps; quelquefois elles deviennent volumineuses et ressemblent à de l'eclhyma ou bien à de petites phlyetènes.

D'après Rayer, l'éruption a lieu vers le douzième jour de l'infection; elle est quelquefois plus tardive; la face, les bras, les cuisses, la partie antérieure du tronc, sont le siège ordinaire des pustules, qui se développent aussi sur la muqueuse des voies respiratoires. La muqueuse des fosses nasales ulcérée devient le point de départ d'un écoulement sanieux, sanguinolent, fétide (jetage). Des pustules (Rayer) ou des ulcérations (Elliotson, Youatt, Alexander) ont été souvent rencontrées sur la muqueuse laryngée, ce qui explique pourquoi la voix est souvent altérée, éteinte chez les malades.

L'engorgement des ganglions sous-maxillaires, si constant chez le cheval morveux (glandage), est rare chez l'homme, il est probable que r ein tient à une disposition spéciale des lymphatiques de la muqueuse nasale.

i\t Cornilj Gatelle îles hôpitaux, 1808

La respiration est souvent accélérée, l'expectoration puriformc, l'haleine fétide.

Supprimez du tableau de la morve aiguë par inoculation les manifestations du côté des muqueuses respiratoires, et vous aurez la description de ce qu'on appelle ordinairement le farcin aigu; cette variété ne mérite pas d'être décrite à part.

Morve chronique. — La morve chronique, caractérisée surtout par des ulcérations des fosses nasales, est fréquente chez le cheval, rare chez l'homme. Rayer n'a pu en réunir que trois cas, et dans les trois cas l'apparition des phénomènes morveux avait été précédée de celle du farcin chronique; sept observations de farcin chronique réunies par Rayer ont toutes été recueillies sur des élèves vétérinaires qui s'étaient inoculé la morve en disséquant des chevaux morveux.

Les accidents de la morve chronique par inoculation sont analogues à ceux qui suivent les piqûres anatomiques, lymphangite, adénite, abcès; le diagnostic est souvent difficile au début, mais bientôt quelques symptômes généraux se produisent : abcès multiples sur différents points du corps, douleurs musculaires et articulaires, ulcérations de la muqueuse nasale ; ce dernier signe peut manquer, et c'est à ces cas qu'on réserve ordinairement le nom de farcin chronique; on n'observe pas chez l'homme les cordons farcineux qui relient, chez le cheval, les abcès multiples sous-cutanés.

Diagnostic. — La rareté de la morve fait qu'elle est souvent méconnue à son début, le malade a une fièvre vive, des symptômes typhoïdes, des douleurs articulaires, on pense à une lièvre typhoïde ou à un rhumatisme articulaire aigu ; l'éruption pustuleuse, les abcès multiples, mettent sur la voie du diagnostic, on s'informe, et l'enquête démontre que le malade a pansé des chevaux morveux ou qu'il a couché dans une écurie, une élable qui en renfermait; lorsque la maladie a été inoculée et qu'il existe des accidents locaux, le diagnostic est plus facile.

L'éruption varioliforme et phlyclénulaire, les plaques gangréneuses de la peau, les abcès sous-cutanés et intramusculaires, l'éruption pustuleuse du pharynx, l'écoulement purulent des fosses nasales, sont d'excellents signes de la morve aiguë, mais il ne faut pas s'attendre à les trouver toujours réunis. Le jetage fait défaut bien plus souvent chez l'homme que chez le cheval, ce qui tient sans doute en partie à ce que l'homme étant couché, les mucosités tombent dans la gorge; il faut avoir soin de faire moucher les malades.

La morve chronique caractérisée par des ulcérations de la gorge, du larynx et des fosses nasales peut être confondue avec la scrofule, la tuberculose ou la syphilis; dans ces différents cas, l'aspect des

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