‹ Traite ́des maladies goutteuses (volume 2)Chapitre 1 sur 81 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Men dans ce traité l’histoire des maladies goutteuses, et jy donnerai les opinions que je crois être les plus probables sur leur nature et sur leurs causes. |

Mais l’objet principal de cet ouvrage, est d'établir les méthodes les plus convenables du traitement de ces maladies ; méthodes dont j'ai déterminé le plus grand nombre, et dont les autres sont propres à divers auteurs que j'ai cités.

Dans cette préface, après avoir présenté une idée générale de ma théorie de la Goutteet du Rhumatisme, je me propose surtout de développer mes principes sur les différentes classes des méthodes du traitement des maladies , et de mohtrer en détail comment j'ai appliqué ces principes à la formation des méthodes du traitement des maladies gouttenses.

à | PRÉFACE.

De la nature et des causes des maladies goutteuses.

. Pour la formation de toute maladie ‘soutteuse , il faut la réunion de deux causes, quisoient.portées à un haut degré ; dont l’une est la disposition de la consüitution à la production d’un état goutteux dans les solides et dans les humeurs ; l'autre est une infirmité relative des organes que doit occuper cette maladie goutteuse.

L'état goutteux des solides est une affection spéciale , qui survient à des états vicieux ou de constriction ou de relâchement dont ils peuvent être affectés, et qui

donne à l’un et à l’autreune permanence singulière. |

Il me paroït extrêmement vraisemblable que cet état goutteux des solides est produit par l’action de la force desituation fixe entre les parties du tissu des fibres ; force dont j'ai le premier connu

PRÉFACE ii} et démontré l’existence dans les muscles et les tendons, et qui peut être supposée exister dans les autres organes mous.

Soit qu’on veuille ou non, regarder cette force comme la cause générale de la Goutte qui affecte les solides, je pense qu’on doit toujours admettre qu’il existé dans les maladies goutteuses un état soutteux spécifique, qui est essentiel pour là constitution de cette maladie, et dont la nature nous est inconnue.

Je fonde mon assertion sur ce que les divers remèdes, évacuans , relâchans, excitans , ou résolutifs, auxquels on est généralement borné dans le traitement des maladies goutteuses les plus graves, y manquent très-souvent de succès ; quoiqu'ou ait satisfait d’ailleurs aux indications que présentent la fluxion goutteuse, et les autres élémens de ces maladies :

tandis que dans lés mêmes circonstances, le traitement réussit, lorsqu'on y emploie des remèdes que l'expérience a fait voir être spécialement utiles contre Pétat

iv PRÉFACE.

spécifique inconnu qui est propre à la Goutte.

Les observations prouvent que he les maladies goutteuses , il existe un état goutteux spécifique des humeurs. Cette altération des fluides ne peut y être révoquée en doute, que par ceux qui s’aveuglent au point de vouloir exclure presque entièrement de leurs systèmes de médecine, la doctrine des vices des humeurs, ou la pathologie humorale,

Les faits indiquent aussi que l’état soutteux du sang est un vice de sa mixtion, qui intercepte plus ou moins la formation vaturelle des humeurs excrémentitielles ; de telle sorte que la décomposition spontanée que subissent ces humeurs, y fait prédominer la séparation de la substance terreuse.

La prédominance de la substance terreuse dans ces humeurs excrémentitielles , leur donne alors une affinité spéciale avec les sucs nourriciers des parties attenantes aux os. Cette affinité déter-

PRÉFACE. v

mine généralement ces humeurs à se jeter Sur ces parties, lorsqu'elles souffrent une

infirmité relative. Elles y sont portées par une fluxion, dans laquelle on observe divers symptômes locaux, sympathiques 4 syuergiques, et qui se termine par des excrétions critiques.

Dans le Rhumatisme , qui est une maladie congénère avec la Goutte ( quoiqu'il en soit séparé par des différences qu'il ne faut point négliger ), l'état rhumatique goutteux intercepte aussi la formation naturelle des humeurs excrémentitielles ; et l’on y voit d’ailleurs que les parties lymphatiques du sang sont plus liées entre elles que dans Pétat naturel, et sont trop séparées des autres parties

* constitutives de ce fluide.

Les faits rendent aussi très-vraisemblable, que dans linflammation du Rhumatisme , soit aiguë, soit chronique, les fibres musculaires sont affectées d’une manière plus constante que dans leur étaë

v} PRÉFACE.

naturel, par l’action de la force de sizuation fixe des parties de ces fibres.

Il paroît surtout dans l’inflammation du rhumatisme chronique , que l'effort de situation fixe des parties des fibres affectées peut exister dans le Rhumatisme, avec un état de cohésion physique ou plus ou moins grand que le naturel, avec leur constriction comme avec leur relâchement.

Les états spécifiques dont les solides et

les fluides sont affectés dans les maladies goutteuses, paroissent tenir à la même affection radicale du principe de la vie.

Ce principe, lorsqu'il est modifié dans la Goutte, paroît fixer les mouvemens toniques des fibres ; et en même temps enrayer le mouvement intestin des fluides, qui entretient leur mixtion propre , et empêche la disgrégation de leurs parties constitutives.

Après avoir recueilli les connoissances, en partie certaines , et en partie extrêmement probables , qu’on peut avoir

PRÉFACE (vi sur la nature et les causes de la Goutte des articulations et des autres maladies goutteuses, je passe à Ce qui concerne les différentes méthodes de traitement que l’on doit employer, suivant les différences des genres, des espèces et des cas des maladies goutteuses, que le vulgaire des gens de V’Art traite presque toujours d'une manière uniforme.

Pour faire connoîftre comment doivent être formées ces méthodes du traitement des maladies goutteuses ; il est absolument nécessaire que je rappelle ici en général ce que j'ai dit ailleurs sur les différentes méthodes du traitement des maladies; sur les trois classes générales auxquelles toutes ces méthodes doivent être rapportées , et sur les motifs de la préférence qu’on doit donner à telles ou à telles. de ces méthodes dans chaque maladie,

Vi] PRÉFACE.

Principes généraux sur les différentes méthodes du traitement des maladies, et sur la division de toutes ces méthodes en naturelles, analytiques et CArEr ESS Vallésius a très-bien dit qu’on peut

traiter avec un heureux succès une même maladie, par des méthodes différentes ; qu'on peut, par exemple, guérir un phlegmon par la résolution , par la suppuration, par la répercussion dès son principe. L'on voit que ces diverses méthodes peuvent réussir pareillement, sutvant qu’elles sont appliquées en divers temps de la maladie.

Les circonstances variées des malades attaqués d’une même maladie, peuvent faire aussi qu’il soient guéris par des méthodes qui semblent être opposées, quoiqu’elles ne le soient pas en effet.

Si l’on observe avec attention ce succès qui leur est commun, on reconnoît qu'il ne faut point l’attribuer à ce que

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