PRÉFACE. 1X
l’habileté de la Nature peut diriger vers la guérison des moyens qui paroissent contraires entre eux. On ne doit pas dire avec Baglivi (1), que la Nature tourne tous ces traitemens à son avantage, de même qu'un homme tombé dans une fosse, dirige et tourne en tout sens une pièce de bois qu’on lui donne pour en sortir. | On peut encore guérir par différentes méthodes , des sujets qui se trouvent être dans un même temps d’une maladie donnée , et qui d’ailleurs sont placés sensiblement dans les mêmes circonstances.
Mais ces méthodes sont plus ou moins approchantes de la perfection. C’est ainsi que dans la science de la médecine, comme dans les sciences mathématiques, le même problème peut avoir plusieurs solutions qui diffèrent par leur élégance et leur brièveté. “te Toutes les méthodes de traitement des
(1) Praxeos Medicæ , lib. un, cap. x1, 74° XI.
x PRÉFACE.
maladies m’ont toujours paru devoir être comprises Sous trois classes, qui sont celles des méthodes naturelles, des ana- Jytiques , et des empiriques (1).
Ces dénominations seroient insignifiantes , si elles se bornoïent à désigner les méthodes de traitement qui opèrent la guérison par les mouvemens de la Nature ; celles qui embrassent et comparent les indications que présentent les élémens de chaque maladie ; et celles qui emploient des remèdes dont, les vertus sont connues par l'expérience : car, il n’est point de méthode de traitement qui ne réunisse ces trois caractères ; et sous ce
(1) J'ai marqué cette division générale des méthodes du traitement des maladies , dans la préface de ma Nova Doctrina de functionibus naturæ humahæ , imprimée en 1774, et je l’ai suivie dans tous les Cours pu= blics et particuliers , que j'ai donnés sur la science de la médecine-pratique.
J'ai expliqué avec les plus grands détails ma doctrine Sur ces méthodes , dans mon traité De Methodo- Medendi , que j'ai enseigné et commenté il y a plus. de vingt-cinq ans , dans l’université de médecine de Montpellier,
, M PRÉFACE. x] rapport, On pourroit croire qué toutes les méthodes de traitement sont pareille ment naturelles, analytiques, et empiriques. |
Mais cette distinction des trois classes générales dans lesquelles je dis qu'il faut placer toutes les méthodes du traitement des maladies , devient une distinction réelle et utile, en tant qu’elle fait connoître que chacuue de ces méthodes doit être rapportée directement à l’un des trois chefs ou objets essentiels que je vais indiquer.
TL Les méthodes naturelles du traitement d’une maladie, ont pour objet direct de préparer , de faciliter , et de fortifier les mouvemens spontanés de la Nature qui tendent à opérer la guérison de cette maladie. Ces méthodes sont généralement indiquées dans les maladies où la nature a une tendance manifeste à affecter une marche réglée et salutaire.
IL Les méthodes analytiques de traitement d’une maladie, sont celles où
A Co PRÉFACE.
après lavoir décomposée dans les affections essentielles dont elle est le produit, ou dans des maladies plus simples qui s’y compliquent , on attaque directement ces élémens de la maladie, par des moyens
proportionnés à leurs rapports de force
et d'influence.
Ces méthodes sont d'autant plus indiquées , qu’il existe une plus grande complication des élémens d’une maladie (1).
(1) L'existence des maladies compliquées ne peut être rendue douteuse par l’opinion d'Hunter , qui a prétendu vainement que deux maladies différentes ne
peuvent être réellement compliquées dans un même
sujet,
Deux maladies coïncidentes dans un même sujet sont compliquées entre elles à des degrés différens , à proportion de ce que les modifications qu’elles exigent réciproquement dans leurs traitemens , sont plus considérables ; ce qui apporte des difficultés d'autant plus grandes à la méthode mixte, suivant laquelleon doit traiter leur complication.
Il est à remarquer que deux maladies peuvent être fortement compliquées , lors même que l’ane d'entre elles a été consécutive de l’autre. Cela arrive, lorsque . le développement de quelques symptômes d’une mala-
die simple ; leur donne une intensité qui les fait
PRÉFACE. 14 IT Dans la méthode analytique qui est propre à chaque complication, 1l faut faire dominer le traitement qui convient à chacune des affections ou maladies composantes , à proportion de ce qu’elle a plus d'importance respective. Cette importance doit être estimée, suivant qu’elle est plus urgente ou d’un dangér plus pressant, et suivant son influence sur les autres affections ou maladies combinées.
Après avoir ainsi déterminé la méthode mixte qui convient au traitement de chaque cas compliqué , il faut encore distribuer les diverses parties de cette méthode, dans l’ordre des temps quil est nécessaire ou plus avantageux d’observer pour assurer le succès de son exécution. |
dégénérer en une autre maladie formelle, qui se complique avec la primitive. C’est ainsi qu'un flux de ventre qui survient à une fièvre aiguë d’un caractère inflammatoire , se complique d’autant plus profon-
dément avec elle lorsqu'il prend le caractère d’une dyssenterie,