XXXVI)] PRÉFACE
maladies analogues qui sont consécu-
uves de la Goutte des articulations. Ces
dernières maladies font le sujet du livre
suivant, | |
Lives TRoïsièMe. Des méthodes du traitement de la Goutte interne ou des visceres.
La Goutte interne ou des viscères qui est consécutive de cellé des articulations, est de deux sortes différentes, suivant qu’elle est produite par des agens extérieurs appliqués à des articulations gout:
teuses, ou bien par une affection interne qui détermine la Goutte à se porter sur un viscère. | |
Dans l’une et l’autre sorte de Goutte interne il y a concours de deux causes qui la produisent lorsqu'elles sont à un haut degré, Ces causes sont la disposition de la constitution à l’état goutteux des solides et des fluides , et l’infirmité relative du, viscère qu’affecte cette Goutte. h :
La xépression de la Goutte des articu-
PRÉFACE. XXXIX Jations à l’intérieur a eu souvent des suites promptement funestes.. On a recherché jusqu’ici la cause de cette mort soudaine que j'explique de la manière la plus vraisemblable , c’est-à-dire la plus prochainement appuyée sur les faits qui y sont relatifs.
Dans les sujets qui ont eu des attaques de Goutte , mais chez qui il n’y a ni présence ; ni rétrocession qui ait précédé immédiatement , de la Goutte des artieu- Jations , il est toujours plus ou moins difficile de reconnoïtre si les maladies internes dont ils peuvent être attaqués sont causées pat la Goutte; et lon ne peut s’en assurer que par uu calcul sagace de combinaison de diverses considérations que j’expose en détail.
Cependant ce diagnostic est très-important , d'autant qu'ôn peut être conduit à des erreurs très-graves lorsqu'on croit que toutes les maladies des gout- teux sont de nature goutteuse, Ils sont souvent attaqués de fièvres bi-
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lienses , putrides et autres, dont les symptômes étant pris, mal-à-propos, pour des avant-coureurs d’attaques de Goutte, on se propose pernicieusement de porter cette Goutte aux articulations ,tandis que ces symptômes seroient dissipés par des évacuations convenables des premières voies.
Un principe universel auquel Musgrave rapporte tous les traitemens de la Goutte interne qu’il appelle aromale , est que devant débarrasser Porgane interne le plutôt et le plus sûrement possible de la matière goutteuse, il faut la chasser en partie hors du corps par des évacuations convenables, et aider par des remèdes internes et externes la nature à en porter une partie sur les articulations. ;
Ce principe est insuffisant, et peut être souvent pernicieux,. comme je le prouverai, en indiquant les diverses méthodes de traitement qui conviennent aux divers cas de Goutte interne,
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En suivant ce principe, Musgrave donne généralement dans la Goutte interne des remèdes cordiaux et autres échauffans, des martiaux et autres excitans, parce qu'il suppose toujours que par ces remèdes ou doit produire une fièvre qui reporte aux articulations la Goutte fixée à l’intérieur.
Mais cette opinion est évidemment dangereuse ; car la fièvre si elle est déterminée par ces moyens, peut pousser Vhumeur goutteuse dans les vaisseaux des viscères affectés , aussi bien que dans ceux des parties voisines des articulations.
La fièvre que ces remèdes peuvent exciter ne peut être sûre et avantageuse que dans des cas de langueur générale, où la fluxion de la Goutte interne est déjà affoiblie, et où la nature est disposée à la Goutte des articulations. Cette fièvre peut alors reproduire un état analogue à celui qui a lieu dans les accès de la Goutte régulière.
xlij PRÉFACE.
Musgrave a conseillé aussi dans beaucoup de cas de la Goutte. interne de don:
ner des purgatifs fort actifs, afin que ces remèdes excitent une révolution qui pousse la Goutte aux articulations. Mais cette révolution est pareillement incertaine et dangereuse , et ces purgatifs ne peuvent, par eux-mêmes, que produire une excitation aveugle qui pousse aussi bien la Goutte à l'intérieur qu'aux extrémités.
Dans les cas toujours graves de la Goutte aiguë des viscères, on ne peut suivre des méthodes naturelles , ou dans lesquelles le traitement soit dirigé à favoriser les mouyemens salutaires de la nature qui ne sont point assez constans et assez déterminés.
On ne peut aussi être assuré dans le traitemeut de la Goutte interne du succès de ces méthodes empiriques qui se bornent à administrer des remèdes qu’on a dit être absolument spécifiques dans tous les cas de cette Goutte.
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Il est d'expérience universelle que les remèdes qu'on a vantés comme étant perpétuellement spécifiques pour cette Goutte, n’ont eus qu'une existence éphémère. Ceux de ces remèdes dont la célé:
brité a été le plus prolongée , Pont due sans doute à une fréquente répétition des circonstances favorables où ils ont été placés , et qui auroient fait réussir pareïllement un très-grand nombre d’autres remèdes qui ont les mêmes vertus générales et auxquels on n’en attribue point de spécifiques.
Il faut donc traiter la Goutte interne ou des viscères par des méthodes analytiques qui puissent satisfaire dans des rapports convenables aux diverses indications que présentent Les élémens de cette Goutte. Ces méthodes analytiques sont de deux sortes.
L’une est celle des méthodes qui conviennent aux affections goutteuses d’un Viscère , causées par la répercussion ou da rétrocession de la Goutte des articula-
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tions , lorsque ces affections sont sans complication d’une autre maladie de ce yiscère. |
Les élémens de cette Goutte interne non compliquée auxquels se rapportent ces méthodes analytiques sont la fluxion qui porte la Goutte des articulations sur le viscère affecté ; la fluxion qui fixoit la Goutte dans ces articulauons, et qui peut subsister étant plus ou moins affoiblie ; la perte de forces dans les organes les plus nécessaires à la vie , qui est particulièrement déterminée par les efforts que fait la nature pour soutenir ces deux fluxions dont les directions sont contraires ; l’état goutteux qui est fixé dans le viscère affecté et l’affoiblissement général de tout le système.
Les moyens par lesquels ces indicatons peuvent être remplies , et qu’on doit combiner convenablement , sont les évacuans révulsifs, les cordiaux , les anti-goutteux , les topiques attractifs sur les articulations qu’occupoit la Goutte
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{ attractifs qu’on doit choisir relâchans ou irritans , suivant des règles que je donne } ; enfin des remèdes stomachiqnes et martiaux qui fortifient tous les organes en augmentant les forces constantes des organes digestifs , et du système des vais- seaux sanguins.
Les martiaux ont été généralement recommandés par Musgrave pour le traitement des maladies aiguës que cause la Goutte des viscères. Mais depuis ils ont été fort négligés, sans doute, parce qu’on a trouvé le plus souvent qu'ils étoient beaucoup moins efficaces dans ces maladies que ne l’avoit pensé Musgrave.
La seconde sorte des méthodes analytiques du traitement de la Goutte des viscères , renferme celles qui ( étant plus composées que les précédentes ) embrassent outre les indications que présentent les élémens des affections de la Goutte interne simple, celles des élémens de la maladie d’un autre genre . S0it générale, soit particulière ( comme
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fièvre putride , inflammation , hémorrbagle ; elc.) , qui se complique dans le vis- cère affecté avec son état goutteux spécifique ( complication qui doit toujours être traitée d’après le principe général que j'ai donné ci-dessus ).
Je donnerai successivement les méthodes de traitement qui conviennent aux espèces de la Goutte interne, tant simples que compliquées avéc des maladies de divers genres. Je me bornéerai à celles de ces espèces qu’on observe le plus communément dans la pratique.
Je ferai voir avec tout le détail nécessaire ‘combien les applications de mes principes y ‘sont étendues et multiplices, et combien sont imparfaits et dangereux la plupart des préceptes qu’on a donnés jusqu’à ce jour sur le traitement de ces diverses espèces de Goutte interne.
Les méthodes de traitement qui conviennent à la Goutte aiguë de l’estomac et des intestins sont différentes , suivant que l'état goutteux de ces viscères est
PRÉFACE. xlvij avec dominance ou de leur affoiblissement , ou de leur irritauon.
La Goutte aiguë de l'estomac et des intestins qui est ayec dominance de ieur affoiblissement indique des remèdes cordiaux et autres fortement excitans. Mais l'usage de ces remèdes ne doit pas être poussé de manière qu'ils produisent une fièvre considérable qui pourroit être nuisible en épuisant les forces du système.
Les cordiaux doivent être combinés avec les narcotiques lorsqu'il survient des mouvemens spasmodiques dans ces viscères goutteux, quoique état de foi-
blesse radicale y soit dominant : et ces spasmes peuvent souvent rendre difficile le diagnostic de cette foiblesse dominante. | EMA
L'usage des remèdes réfrigérans que Stoll a conseillés beaucoup trop généra-
lement dans la Goutte de lestomac., peut être placé principalement dans cette espèce de syncope où la Goutte de lestomac est avec foiblesse radicale dominante
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dans ce viscère , syncope analogue à la maladie que les anciens ont appelée morbus cardiacus, et dans laquelle ces remèdes ont toujours été les plus eficaces.
Mais ils seroient pernicieux dans une autre espèce de syncope sRAnqee que je crois être produite lorsque Pirritation dominante dans l’estomac goutteux détermine un étranglement convulsif dans les viscères précordiaux.
Quand la Goutte aiguë de l’estomac et des intestins est avec irritation dominante , l'indication principale ( qui peut être aussi la première dans l’ordre des temps) étant de calmer cette irritation , on doit y ordonner Îles narcotiques à d'assez grandes doses , surtout si elle détermine sympathiquement une constriction spasmodique dans les viscères voisins.
Les évacuations de sang par la saignée et l'application des sangsues , sont nécessaires lorsqu'une véritable inflammation
PRÉFACE... six de l'estomac et des intestins survient à cette Goutte avec irritation dominante, ce qui est rare, et plus fréquemment pour prévenir ou résoudre des engorgernens sanguins qui se forment souvent dans ces viscères affectés de cette Goutte.
. Dans les cas les plus graves de ceux où la Goutte aiguë de lestomac et des intestins est avec dominance , soit de foiblesse , soit d’irritation , en suivant les méthodes analytiques que j'ai indiquées en général, on doit s'attacher essentiellement à remplir l'indication de résoudre l’état goutieux de ces viscères.
Le muse, le camphre dissous dans l'éther , et l’assa-fœuida sont les résolu- . tifs les plus efficaces de cet état goutteux. Cullen a conseillé trop vaguement, pour la Goutte aiguë de Pestomac et des intestins , ces remèdes anti-goutteux qu'il faut combiner avec des sédaufs , lorsque lirritation des viscères est trop forte. | | |
La Goutte aiguë de l'estomac et des