PRÉFACE
intéstins ést souverit compliquée avec le vomissemént ; la diarfhée , où la dyssentérie.
Loïsque dans le vomissemént ét la diarrhée ärthritiques les évacuations sont excessives , il faut donner l'opium joint à dés astringéns modérés et ‘à des cordiaux, comme sont des vins de liqueur.
La réunion dé ces remèdes est indiquée, parce que les mouvémens spasmodiques qui produisent ces flux sont combinés avec une foiblessé radicale que démontrent les symptômes graves qui surviennent en même temps.
Les auteurs qui ont écrit sur les maladies goutteuses ne donnent sur le traitement dé la diarrhéé et sur-tout de la dyssenterie goutteuse, que des préceptes généraux qui ne suflisent point quand ces maladies ont une marche très-rapide, et présentent dés indications nombreuses et difficiles à rémplir, en ayant égard à leurs. degrés d'importance respéctive. |
PRÉFACE. | Dars les méthoues analytiques qui <onvienent au craitément de la dyssenterie goutteuse, il faut combiner Îles rerièdes a&ppropriés au flux dysséntérique avec ceux qu'indiqué l'état goutteux des intestins , accompagné dé Ja foiblesse ou de l’irritätion dominante dans ces viscères.
La combinaison de ces deux maladies exige des modifications particulières dans le choix et l'usage des éalmans, ou des excitans qui conviendroient à des cas simples de l’une ét de Pautre maladie.
Ainsi , dans la dyssenterie goutteuse , où lirritation dominé , lopium est généralement indiqué ; mais ses effets doi:
vent y être modifiés avantageusement par sa mixtion avec le camphre et l’ipécacuarniha,
Dans la dyssenterie goutteuse où domine la foiblesse, les excitans doivent être d'autant plus modérés qu'on a plus lieu d'y craindre des engorgemens sane
hj PRÉFACE,
guins dans lés intestins. Entre les astringens qui peuvent y être indiqués, on” doit préférer ceux qui sont à-la-fois spécialement anti-dyssentériques et antigoutteux, tel qu’est le simarouba ( qui est une espèce de quassia } , etc.
. Les affections qui ont lieu dans la Goutte chronique de lestomac et des intestins , doivent être rapportées aux mêmes chefs principaux que les affections goutteuses aiguës de ces viscères qui leur sont analogues.
Cependant ces maladies chroniques présentent dans les intervalles des:
affections aiguës qui peuvent leur survenir , des vues de iraitement majeures, et qui leur sont particulières. Ces vues.
sont relatives à l’état goutteux des fluides, que lon peut y combattre plus Jong-temps, et avec plus de succès que dans les affections de la Goutte interne aiguë. On doit aussi y ordonner des remèdes appropriés aux autres vices, des humeurs ; à leur acrimonie sensible, à.
PRÉFACE bij leurs dégénérations atrabilaire , scor- Putique , etc.
Dans le régime des malades attaqués de cette Goutte chronique, on doit recommander principalement l'exercice à cheval ou en voiture, pris journellement dans un air libre. Outre les avantages de cet exercice qu’a indiqués Sydenham, je pense que son utilité première consiste en ce que les impressions de Pair libre et les agitations de tout le corps y remontent les forces radicales du prin= cipe vital ; forces dont la diminution est la cause qui détermine sur-tout la Goutte | à se porter sur les viscères.
Les baumes. naturels que Musgrave recommande dans le calcul des reins que produit la Goutte, me semblent être trop échauffans quand ce calcul est formé.
Mais ils peuvent ainsi que les plantes diurétiques balsamiques , prévenir sa formation dans la Goutte aux reins’, ainsi que les rétours des fortes attaques de cette Goutte, pourvu qu'on ne donne
lit PRÉFACE.
point ces remèdes dans an état de forte irritation , ou lorsqu'une attaque de né+ phrétique est imminente.
Il est souvent utile de leur BRL alors les narcotiques qui peuvent dissiper le spasme des vaisseaux sécrétoires de l’urine ; spasme qui produit quelquefois des affections sympathiques funestes dans le système des nerfs, même sans intercepler entièrement la. sécrétion de lurine.
+ Pour le traitement de la gonorrhée goutteuse, il faut choisir dans la elasse des. remèdes spécialement appropriés contre la Goutte , ou combiner avec eux ceux qui peuvent répondre aux indications des affections élémentaires dont se compose le genre de la gonorrhée. Jai exposé ailleurs quelle est la méthode analytique de traitement qui peut satisfaire à ces indications, par des remèdes disposés dans les divers temps de ce flux, suivant les degrés de domi-
PRÉFACE. Li nance respective de chacune de ces affec.
tions élémentaires. |
La méthode analytique du traitement du catarrhe goutteux sur le poumon doit.
être variée suivant la dominance respective qu'ont la fluxion des humeurs sur le poumon, l’engorgement de cet organe, et son état goutieux avec excès de foiblesse on d'irritation.
+ En général la fluxion présente les indications principales dans les premiers temps de ce catarrhe, quoiqu'il y faille aussi avoir égard à l’affection goutteuse.
Mais dans les temps avancés de ce catarrhe , lorsqu'il ne se résout point par Ja coction et par une expectoration crique, les indications de la Goutte deviennent de plus en plus importantes; alors c’est sur les remèdes anti-goutteux qu’il faut insister principalement, pour parvenir à dissiper et à résoudre la fluxion concentrée qui fait l’engorgement du poumon.
Ce n’est que dans les cas peu fréquens.
vi PRÉFACE.
de ce catarrhe où la nature se montre disposée au transport de la Goutte du Poumon sur les articulations , qu'il faut eur appliquer des topiques convenables pour l’y attirer , et donner des remèdes internes propres à l’y pousser, en évitant Pabus qu’en a fait Musgrave.
L'uulité des méthodes analytiques, que je conseille exclusivement pour les maladies que spécifie la Goutte interne, doit être particulièrement reconnue dans le traitement qui convient à la péripneumonie goutteuse,
C'est faute d’avoir observé les rapports de dominance qui sont entre Paffection goutteuse et linflammation du poumon compliquée entre elles; rapports qui différent dans divers cas et ‘dans divers temps de cette maladie , que Sydenham et Musgrave sont extrêmement opposés l’un à l’autre sur le traitement qui lui convient.
Dans cette complication, Sydenham ‘à beaucoup trop insisté sur le traitement
PRÉFACE. lv
de la péripneumonie , et Musgrave sur celui dela Goutte.
Je crois qu’on ‘doit traiter la péripneumonie goutteuse par une méthode analytique, que j'ai déduite de mes observations souvent répétées. Cette méthode est entièrement différente de celles qu'ont suivies contradictoirement ces deux médecins célèbres par rapport à l'usage etau choix des saignées , à l'application des vésicatoires, surtout à l’endroit de Ja douleur de poitrine, et aux évacuations générales, comme à celle qui est excitée par des diaphorétiques actifs.
Les méthodes analytiques du traitement de la phthisie pulmonaire goutteuse doivent être variées ; suivant que cette phthisie est catarrhale pituiteuse!, inflammatoire avec suppuration ou avec un état ulcéreux, ou bien formée par
. ides-obstructions du poumon , etisuivant
2 que Pétat goutteux de ce viscère est
-avec'dominance de Virritation ou de la foiblesse.
lvi PRÉFACE.
Dans la phthisie catarrhale pituiteuse ,
le quinquina et l'air fixe sont de grands remèdes, mais ils ne doivent y étreemployés , lorsque la Goutte la complique, que dans les cas où cette Goutte est avec foiblesse dominante, Le soufre est doublement approprié dans cette espèce de phthisie, comme diaphorétique et comme anti-goutteux.
Dans la phthisie pulmonaire gout teuse dont le caractère est inflammatoire, 1l faut suivre une méthode de traitement qui soit semblable à celle de la péripneumonie goutteuse , et qui emploie des remèdes analogues mais gradués PHP ANRElUIERS
Ce n’est point ici le lieu d'indiquer e traitement de l'inflammation lente du poumon, qui est avec la suppuration ou ‘ avec l’état ulcéreux de ce viscère.
Jexposerai ailleurs la théorie que jar | donnée le premier et prouvée par les faits de cet état ulcéreux qui peut exister dans le poumon sans aucune-ulcéra-
PRÉFACE. lix Zion ni corrosion de la substance de cet organe.
Je dirai seulement ici que cet état ulcéreux indique particulièrement lusage prudeut des baumes naturels, un exércice modéré pris journellement à cheval ou en voiture , des alimens analeptiqués , enfin un régime mixte et fortifiant , mais qui ne soit pas poussé aussi loin que celui qu'a conseillé le docteur May , et dont il a fort exagéré l’utilité dans la phthisie pulmonaire.
Lorsque dans la phthisie pulmonaire goutteuse le poumon est affecté d’obstructions ou de tubercules , les résolutifs les plus appropriés sont en même temps des anti-goutteux ; tels que l'ex trâit de ciguë , la gomme de gaïac , et d’autres gommes-résines analogues.
«Lorsque ces remèdes ont déjà produit sensiblement de bons effets, leur succès estaidé en leur co.isiuant des fortilians propres à combattre l'affection sou teuse.
Ix PRÉFACE.
.: Telssont le quinquina et les martiaux ; cui accélèrent la résolution des obstructions du poumon, s’ils ne sont fortement contre-indiqués par état inflammatoire de ce. viscère.. J'observe : d’ailleurs que Musgrave a ordonné trop généralement ces fortifians. dans la : phthisie pulmonaire goutteuse.
L’asthme humoral goutteux doit être traité par des évacuans appropriés, surtout diurétiques , par des résolutifs antigoutteux, et par des topiquestattractifs convenables sur les articulations sujettes à la Goutte: |
“Un accès d’asthme: humoral goutteux produit uv :catarrhe: suffoquant, lors qu'il se fait tout-à-coup une augmentation très-grave et une fixation trèsforte des spasmes que la congestion des humeurs goutteuses excite dans les organes de la repiration.
Dans la méthode de traitement analytique qui convient au catarrhe sufloquant goutteux, il faut avant tout tâcher
PRÉFACE. x}
de eue l'état convulsif par les antispasmodiques internes et externes les plus puissans. C’est lorsqu'on a dissipé , du moins en très-grande partie, l’état convulsif du poumon, qu’on doit travailler à remédier à l’engorgement de ce viscère par des incisifs et des expectorans efficaces , choisis surtout parmi les anti-goutteux. |
Je crois devoir recommander , d’après le succès que jen ai obtenu dans plusieurs cas de cätarrhe suffoquant , comme les anti-spasmodiques qui doivent réussir le mieux dans ce catarrhe lorsqu'il est causé par la Goutte , l'esprit de sel ammoniac vineux , le camphre , le musc, Vassa-fœtida ( qui sont de puissans antigoutteux}); des onctions avec un liniment volatil huileux très-fort sur lépigastre ; des ventouses au même endroit, et sur les bas côtés de la poitrine.
Les narcotiques qui sont absolument contre-indiqués dans l'asthme goutteux humoïal peuvent être très-bien places
lxij | PRÉFACE.
dans Vlasthme goutteux éonvulsif, cù l'ircitation est dominante. Mis il est toujours prudent d’y combiner lopium avec d’autres anti-spasmodiques appro= priés, comme sont l’assa-fœtide et le camphre.
La plus grande violénce des causes de l'asthme convulsif peut produire cette affection qui a été appelée par les Auglais angina pectoris ( que caractérisent des accès qui intércepteut pour quelques secondes les mouvemens du cœur et de la respiration , et dont lé dernier est soudainemént mortel }. Quoique cette affection puisse être aussi produite par Îles causes d’autres espèces d’asthme convulsif, on a lieu de croire que sa causé la plus ordinaire est une matière ou une affection rhumatique-goutteuse.
Lorsque cette maladie est causée par la Goutte, le traitement doit être anälogue à celui de l'asthme convulsif goutteux. Ge
L’asthme convulsif de nature rhuma-
PRÉFACE. Ixii
tique-goutteuse a quelquefois dès retours périodiques dans ses accès , qui sont accompagnés de douleurs ceruelles et d’un sentiment de sufocation que causent desspasmes du poumon, du diaphragme, et des muscles inspirateurs.
J'indique la méthode de traitement que je crois devoir être la plus avantageuse dans des cas semblables d’asthme goutteux convulsif qui est périodique,
Les méthodes de traitément analytiques qui conviennent à l’angine goutteuse , sont analogues à celles que j'ai conseillées pour la péripneumonie goutteuse. né | Après avoit affoibli la luxion inflammatoire, par les saignéés ( qui doivent être moins répétées que dans l’angine purement inflammatoire )} et par les autres évacuations générales qui peuvent être indiquées, il faut appliquer tn vésicatoire sur le cou, pourvu que cé remède ne soit point exclu par des contre-indications analogues à celles qu’a
iv PRÉFACE.
souvent le vésicatoire local dans la pélipneumonie goutteuse.
Je pense que lorsque la fluxion inflammatoire angineuse n’est point dans un état fixe , et sur-tout lorsqu’en même:
temps la Nature paroît être disposée à porter la Goutte sur les articulations où ne doit appliquer au cou un vésicatoire ou d’autres épispastiques , qu'après qu'on a fixé le mouvement de la Goutte sur les extrémités inférieures par le moyen de bains d’eau très-chaude, ou!
par d’autres topiques émolliens.
Si la tendance de la Goutte aux articulations n’est déjà suffisamment marquée, on ne doit point faire user des gargarismes astringens qu'on a conseil lés dans cette angine , parce que leur.
effet répercussif pourroit déterminer le transport de la Goutte sur la poitrine.
Lorsque la fluxion est dans son état fixe , on doit user de gargarismes qui opèrent une dérivation avantageuse en’ procurant une salivation abondante.
PRÉFACE. Ixv
Lorsque dans cette angine goutteuse l'état convulsif est plus marqué que l'inflammatoire , il faut recourir à des antispasmodiques qui soient aussi anti-goutteux, comme sont le camphre , les éthers, et le musc.
. Il est des difficultés d’avaler graves et chroniques , que produit une affection spasmodique de l’œsophage causée par un principe goutteux. J’ai reconnu que lopium en est le remède le plus assuré.
. Dans la céphalalgie goutteuse, l'éva-
cuation des premières voies peut être indiquée par leur surcharge; mais elle ne doit pas se faire par de purgatifs échauffans , comme l’a conseillé Musgrave.
Cependant les fortes évacuations , produites dans cette maladie, par des purgatifs énergiques, ont pu quelquefois y déterminer la formation de la Goutte aux extrémités, peut-être par une influence sympathique qu'ont eu les mouvemens de ces évacuations sur l’expul-
Ixv) PRÉFACE.
sion de la Goutte, qui est devenue chez les malades goutteux une espèce d’excrétion habituelle.
Dans cette céphalalgie, ce n’est que lorsqu'on a affoibli manifestement la congestion des humeurs vers la tête, par le moyen des remèdes évacuans, et autres convenables , qu’on peut donner.
avec assez de sécurité, des remèdes vo-latils et excitans qui poussent la Goutte aux articulations.
Musgrave ayant reconnu , qu’en genéral ces remèdes ne sont point sans inconvénient dans la céphalalgie goutteuse, dit qu’on peut les remplacer en grande partie par la valériane, et par d’autres céphaliques.
Dans le vertige goutteux, il faut ordonner la valériane ; Passa-fœtida, et des nervins analogues qui ( comme a dit M. Herz ) sont utiles, non précisément en affoiblissant ouen fortifiant , maisen produisant dans l’état du cerveau un changement , qui fait cesser dans ce vis-
PRÉFACE. Ixvij cère le genre d'activité contre nature , qui constitue le vertige.
Cullen trouve fort précaires tous les remèdes connus de l’apoplexie goutteuse. Il n’a pas vu qu’il est des remèdes principaux, qui sont d’une utilité assez constante dans cette maladie, lorsqu'on les emploie suivant des méthodes de traitement bien déterminées.
Les méthodes analytiques du traitement de l'apoplexie goutteuse, doivent combiner les remèdes propres aux deux élémens dont est compliquée cette ma- Jadie, qui sont la congestion du sang ou des humeurs dans le cerveau, et état goutteux de ce viscère.
Les purgatifs fort actifs, que Mus-' grave et d’autres ont conseillés dans l’apoplexie goutteuse , y sont nuisibles, lorsque la fluxion qui porte les humeurs sur le cerveau est vive et inflammatoire.
Mais ils sont bien placés, lorsque l'engorgement du cerveau est avec langueur et comme stagnation du mouvement des
Ixviij PRÉFACE.
fluides dans cet organe. Ces remèdes conviennent alors, d'autant plus que l'estomac et les intestins sont dans un état de semi-paralytique, et sur-tout st V’apoplexie a été précédée par la Goutte de ces viscères. Dre
Ce n’est qu'après des évacuations générales et révulsives , qui auront eu sensiblement d’heureux effets ; que peut convenir Vapplication à la nuque ou sur la tête des vésicatoires , que Musgrave a conseillée trop généralement dans cette maladie.
Les errhins , même non sternutatoires, et les fomentations d’eau froide sur la iête qu’on y a conseillées, sont des remèdes équivoques, et trop souvent hasardeux.
Les sinapismes ou les vésicatoires , appliqués auprès des articulations sujettes à la Goutte , conviennent généralement dans tous les temps de l’apoplexie goutteuse, qui est accompagnée | d’une foiblesse dominante, et dans les
PRÉFACE... six temps avancés de cette maladie, où lirritation , qui a dominé d’abord, a fait place à un affoiblissement extrême.
Dans cet état de l’apoplexie goutteuse ; où domine la foiblesse, on peut sans doute employer pour pousser la Goutte au-dehors, des remèdes internes stimulans qu'y conseille trop généralement Musgrave. Ces remèdes peuvent convenir lorsque l’état goutteux est avec irritation dominante.
L’assa-fœtida que Musgrave à conseillé aussi dans cette apoplexie, y est beaucoup plus généralement utile, ainsi que le musc et le camphre, qui sont de puissans anti-goutteux, qu'on peut approprier et modifier suivant les indications.
Il faut distinguer deux sortes de paralysie goutteuse , suivant que la Goutte ya son siége dans le cerveau, et dans les origines communes des nerfs, ou bien dans les nerfs propres des muscles ou autres parties paralysées.
Dans la paralysie goutteuse causée
Jxx PRÉFACE.
par l'affection du cerveau , il ya toujours congestion du sang et des humeurs dans les origines communes des nerfs , jointe à un extrême affoiblisséement nerveux.
Ainsi ce n’est qu'après des évacuations suffisantes , générales et révulsives, qui ont été indiquées , cu après que la Goutte s’est portée assez fortement sur les articulations , qu'on peut employer avec assez de sûreté, des remèdes dérivatifs, que Musgrave conseille trop généralement dans la paralysie goutteuse Ces remèdes sont des gargarismes qui procurent une sahvation continuelle, et un vésicatoire appliqué sur la moitié de la partie postérieure du cou.
Mais en observant ces conditions, on voit que Cullen n’a pas été fondé à dire, que dans cette paralysie, l'application des vésicatoires sur la tête est toujours un remède incertain et suspect.
Lorsque la paralysie goutteuse est rebelle , et devient chronique, soit qu’elle ait son siége dans le cerveau ou dans les
PRÉFACE Ixxÿ nerfs même des. parties paralysées, il faut ordonner des remèdes fortifians, des atténuans et des diaphorétiques antigoutteux, qui puissent dégager le cerveau et les nerfs de l'humeur morbifique qui est fixée.
Dans le traitement avancé de la para- Jysie goutteuse qui a son siége dans les nerfs même des muscles ou des autres parties paralysées,, il est souvent utile d'appliquer au-dessus de ces parties, des topiques résolutifs. Les vésicatoires sont alors particulièrement efficaces , étant appliqués et entretenus aux endroits les plus voisins des origines de ces nerfs, ou de leurs parties qui sont le moins profondément situées.
Lorsque la paralysie, ou goutteuse , où rhumatique, engorge les nerfs des parties affectées, la cause de cet engorgement est rarement portée à l’intérieur dans la paralysie rhumatique ; et elle est beaucoup plus facilement déterminée sur le cerveau dans la paralysie goutteuse.
Ixxi PRÉFACE.
On ne doit ordonner les bains et les
douches des eaux thermales dans la pa-
ralysie goutteuse, que lorsqu'il paroît
qu’on a combattu suffisamment par un
régime et des remèdes appropriés, Pétat goutteux de la constitution ; de sorte qu’il ne reste plus à guérir que laffection paralytique locale. Alors on wa plus à craindre que l'irritation vive qu’excitent ces eaux appliquées à la surface du COTpS , ne détermine la Goutte à se porter sur le cerveau ou sur quelqu’autre viscère.
Mais c’est principalement dans la paralysie rhumatique, qu’on emploie avec succès les eaux thermales, en bains, ou
“en douches sur les parties affectées.
Il est des maux de nerfs dont la Goutte est le principe essentiel, où sa détermination aux articulations peut dissiper
‘ces maux après qu'ils ont subsisté pen- “dant des mois et des années, ét où son
action sur les viscères peut causer une
‘mort subite ( ce dont on n’a donné que
de vaines explications ).
PRÉFACE. xx Dans la méthode analytique de traitement qui convient aux cas plus simples , où la seule cachexie goutteuse | produit des maux de nerfs, il faut, 1.° paller assidûment les symptômes par des anti-spasmodiques anti-goutteux , ou ‘calmans ou excitans , suivant que lexcès de lirritation ou celui de la foiblesse domine dans la constitution : 2.9 évacuer les résidus excrémentitiels des humeurs, et corriger leur tendance à des dégénérations particulières, acides, atrabilaires ,etc. : 3.° compléter la cure radicale, et Passurer par un usage alternatif ou combiné des tempérans et des toniques ou des fortifians appropriés.
Les affections goutteuses de différens “viscères étant réunies dans un même sujet, forment l’ordre le plus élevé de com- ‘plication des maladies goutteuses. Ces complications sont aiguës ou chroniques, “et l'issue en est le plus souvent mortelle.
J'ai observé qué les traitemens qui ont ‘été jusqu'ici employés communément
Ixxiv PRÉFACE,
dans ces cas, ont été en général sans succès , ou même nuisibles.
La méthode analytique du traitement qui convient à ces affections goutteuses compliquées , demande qu’après avoir déterminé avec précision toutes les indications principales que présente chaque cas de ces complications, On juge le plus exactement possible les rapports, ou perpétuels, ou successifs, que peuvent avoir l'importance et lurgence respectives de ces indications. :
Lorsqu'on s’est bien fixé sur ces opérations préliminaires, la méthode analytique de traitement qui convient à chacune de ces maladies goutteuses les plus compliquées ; doit employer, combiner, et faire varier les divers moyens qui peuvent satisfaire à leurs différentes indications, suivant qu'elles sont plus ou moins dominantes et urgentes.
Cette doctrine et ses applications seront développées par lhistoire que je donnerai d’un cas très-remarquable en-
PRÉFACE. Ixxv tre ceux où j'ai vu des complications d’affections goutteuses dans différens viscères. J’exposerai le plan du traitement qui étoit convenable dans ce cas.
Ce traitement prolongea la vie du malaide ; et il lauroit sauvé selon toutes les apparences , si les circonstances n’avoient empêché qu’il fût suivi assez long-temps.
J’ai insisté sur cet exemple, parce que je n'ai trouvé, dans aucun auteur, des préceptes généraux, nides observations particulières qui puissent diriger les méthodes , toujours très-difficiles, du traitement des complications de cet ordre dans les maladies goutteuses.
Des avantages que les méthodes naturelles , analytiques et empiriques ont sur les méthodes uniformes qui ont été généralement prescrites pour le traitement des maladies.
Jai indiqué jusqu’ici, avec le détail qui m'a paru nécessaire, les méthôdes naturelles , analytiques et empiriques,
Ixxv) PRÉFACE.
que je propose dans cet ouvrage pour le traitement des différentes maladies goutteuses.
Je terminerai cette Préface par des réflexions sur lutilité essentielle dont il est , dans la science de la médecinepratique , d'établir des méthodes formées d’une manière semblable pour traiter chaque genre de maladie.
Ce seroit avoir une idée bien fausse des avantages de ces méthodes, que de croiré qu'ils consistent seulement à disposer les observations connues qui sont relatives au traitemeut d’une maladie , dans un ordre qui aide la mémoire à les retenir.
Une disposition arbitraire des faits relatifs au traitement d’une maladie , qu’on auroit formé uniquement pour les fixer dans la mémoire, n’auroit qu’une utilité infiniment subordonnée à celle d’une méthode, où ces faits sont liés par destrapports qui donnent des bases essentielles pour letraitement de cette maladie.
PRÉFACE. Ixxvij :
Dans plusieurs ouvrages de méde-.
cine pratique, on ne trouve ; Sur le traitement de chaque genre de maladie, qu'une exposition de tous les remèdes qui ont été reconnus utiles dans divers cas de cette maladie; et ce n’est que rarement qu'on ajoute à cette exposition des remarques particulières sur emploi de ceux de ces remèdes Su y sont le plus souvent efficaces.
Cependant le plus grand nombre des médecins a senti que, pour dirigér et rendre plus avantageuse l’administration des remèdes trouvés utiles dans une : maladie , il étoit nécessaire de les coordonner suivant des méthodes qu'on püt appliquer aux devers cas de cette maladie. RU
Mais les auteurs les plus éclairés qui ont écrit sur la médecine-pratique , sont tombés généralement dans lerreur de croire qu'ils devoient proposer une méthode de traitement universelle pour chaque genre de maladie simple. Cha-
Ixxviij PRÉFACE.
cun d'eux a pensé qu’on devroit embrassertous les cas possibles de cette maladie simple, par les applications qu’on pourroit y faire de la méthode unique qu’il a conseillée.
De cette fausse manière de voir et d'enseigner la médecine-pratique , il a résulté , dans tous les systèmes généraux de cette science qui ont été publiés jusqu’à ce jour, une infinité d’assertions, qui peuvent être dangereuses , sur le traitement de chaque genre de maladie.
Les méthodes qu’on prescrit d’ordinaire comme autant de formules , pour le traitement de chaque genre de maladie simple , ont un vice commun qui s’y reproduit sans cesse. Il consiste en ce qu’on y faitentrer des objets qui appartiennent à quelques-unes des complications que cette maladie peut avoir avec d’autres genres de maladies simples.
Mais ces complications sont extrêmement nombreuses , et le traitement de chacune en particulier , doit être déter-
PRÉFACE. Ixxix miné suivant une méthode analytique composée, où l’on combine les différentes méthodes qui sont propres à chacune des maladies qui se compliquent.
On pourroit croire que les auteurs de médecine-pratique ont remédié à limperfection de leurs methodes de traitement des divers geures de maladies simples, parce qu'ils ont donné dans lexposition de chacune de ces méthodes un grand nombre de préceptes particu< kers , ou d’aphorismes relatifs au traitement.
Mais tous ces aphorismes , quoiqu’ils soient fondés sur l'observation, lorsqu'ils sont ainsi seulement placés l’un après l’autre , sont évidemment bien moins utiles que lorsqu ils sont liés intimement par des méthodes de telle ou telle classe qui ont été bien concues, et
ensuite justifiées par l'expérience.
TLétendue qu'ont de semblables méthodes aggrandit les vues du médecin, que rétrécissent les préceptes qui sont
Ixxx PRÉFACE.
accumulés sans une connexion suffisante ; et qui restent comme isolés.
Bacon (1) a observé( ce qui est ofdi naire dans tous les temps ) que la manière qu'ont les médecins detraiter les maladies est trop raccourcie ( compendiosa ). Il dit que si l’on regarde de près à leurs ordonnances, on trouve le plus souvent qu’elles sont remplies de vacillation et d’inconstance , qu’elles ont été produites par des idées du moment, et non d’après aucune direction certaine ou prévue. {
Il ajoute qu'il faudroit dès le commencement de toute maladie une fois connue, méditer et suivre avec une cOnstance, qui ne fut interrompue que par quelque cause grave qui surviendroit, un plan de traitement, dans lequel seroient fixés l’ordre et les intervalles convenables de chaque remède.
Bacon fait à ce sujet la remarque gé-
(1) De Augmentis Scientiarum , lib. 1v, cap. 1, p.
mi, 209-9e
PRÉFACE. iXXX] nérale et juste, qu'il n’est rien de plus puissant et de plus efficace dans la nature que l'ordre dans les moyens, leur enchaînement , leurs applications continuées , et leurs vicissitudes produites avec art.
Ce qu’adit Bacon paroît être beaucoup trop vague, et pouvoir s'appliquer pareillement à toutes les méthodes qu’on peut suivre dans le traitement des maladies. Cependant il semble avoir pressenti la nécessité d’un ordre plus parfait que celui des méthodes connues de son temps, puisqu'il a dit que cet ordre est le fil médicinal qui étoit encore inconnu de son temps ( f/um medicinale quod desideratur ).
Mais le fil qui doit diriger dans le labyrinthe de la médecine-pratique, est celui que donnent les vraies méthodes du traitement de chaque maladie , qui dans leur formation et leurs variations sont perpétuellement dirigées à rendre salutaires les mouvemens de la nature,
IXxXxi) PRÉFACE.
soit spontanés , soit produits par les procédés de l’art.
Les méthodes de traitement vaturelles, analytiques , empiriques, étant déterminées dans ces rapports aussi exactement qu'il est possible , doivent toujours être confirmées par l'expérience : et lorsqu'elles en ont recu la sanction, elles deviennent manifestement des parties intégrantes de la science de la médecinepratique. Plus ces méthodes se développent , se fixent, et se multiplient, plus cette science acquiert des dogmes nouveaux, qu’on applique ensuite d'autant plus facilement aux divers cas qui se présentent dans lexercice de l’art (1).
er
(1) Ceux qui possèdent de telles méthodes, peuvent leur appliquer avec fondement ce que disoit Capivaccius de la méthode qu'il s’étoit formée , et qui cependant étoit très-superficielle et très-imparfaite, si l’on doit en juger par l'ouvrage qu'il a écrit sur eette matière. Capivaccius répondit à ses disciples qui le pressoient de leur communiquer ses secrets , auxquels on* attribuoit le bonheur de sa pratique, apprenez ma méthode , et vons saurez mes secrets : discute means methodum , et habebitis mea arcana.
PRÉFACE. Ixxx1i}
Je crois devoir en finissant, répondre à une objection qu’on fait assez communément contre les dogmes abstraits qu’on doit tirer des observations de médecinepratique, bien séparées et bien combinées , pour approcher , autant qu'il est possible , de déterminer les meilleures méthodes du traitement des maladies.
On dit souvent quecette Doctrine n’est que de la Métaphysique; et cette vaine objection est avidement saisie, et assidûment répétée par beaucoup de Médecins, qui sont d'autant plus empressés de rejeter les vrais dogmes de la Science médicale , qu'ils sont incapables de les méditer et de les appliquer.
En affectant de désigner , parle nom vague de Métaphysique , desthéories abstraites, qui appartiennent essentiellement à la Science de la Médecine-pratique, on veut faire entendre qu’elles sont vicieuses ou étrangères aux objets qu’elles doivent avoir. Mais c’est ce qu'il faudroit établir avant tout, en réfutant
Ixxxiv PRÉFACE. | solidernent ces théories : et, jusqu'alors, une qualification quelconque qu’on emploie pour les dépriser, ne prouve rien.
Dans toutes les parties des Sciences naturelles , les vues générales et abstraites qu'on tire des faits, suivant Îles règles d’une bonne Logique, peuvent seules lier les expériences et les observations , de mauière à en faire sortir de nouveaux principes qui soient simples et vastes.
Les Auteurs qui se bornent à entasser des’collections de faits propres à une Science, sans faire naître de semblables principes de ces faits habilement séparés et combinés, ne produisent que des compilations, qui ne peuvent être que d’ane foible utilité, par rapport aux autres compilations , qui exisloient aupaavant sur les mêmes sujets.
Dans tous les Cours que jai faits sur la Science de la Médecine-pratique , jai montré, par des exemples sans nombre, en quoi ennsiste la vraie philosophie de
PRÉFACE. Ixxxv cette Science ; elle doit en fonder les dogmes, et sur l Analyse, et sur la Synthèse des observations ; c’est-à-dire, sur des séparations de faits qui sont liés ensemble, et qui doivent être distingués, et sur des résultats généraux , qu'on forme de faits séparés, qui sont analogues entre eux.
Quelques Écrivains, venus plus récemment, ont cru suivre, et ont mal connu cette bonne manière de philosopher dans la Science de l'homme sain ou malade. Ils ont pensé qu’ils pouvoient multiplier à volonté des dogmes propres à cette Science , en faisant arbitrairement des séparations et des combinaisons des faits qui y sont relatifs.
Les abstractions qu'ils ont produites n’ont donné que des conjectures qui sont mal fondées , parce qu’elles ont toujours une étendue, sans comparaison, plus grande que celle des observations sur lesquelles ils ont voulu les faire porter.
{1 est essentiel , pour les progrès d’une
Ixxxy} PRÉFACE.
Science de faits, de mettre une juste proportion détendue entre les bases que donnent les observations propres à cette Science , et les dogmes qu'on établit sur ces bases. Le travail, nécessaire pour approcher de cette juste proportion, peut paroître facile au premier aspect; mais il exige une attention puissante et soutenue , ou une sorte de patience qui tient à l'énergie des facultés intellectuelles. :
Cette patience est une qualité néces- Saire du génie, mais elle n’en constitue poiut l’essence , quoique Newton et Buffon aient pu le penser. S'il est vrai ( comme on lassure ) qu'ils aient eu cette opinion, ils ontseulement prouvé en cela, que le génie peut s’ignorer luimême, et méconnoitre sa nature.
Le génie doit se donner sans doute la constance nécessaire à la poursuite de ses recherches. Mais ses facultés essentielles sont de pénétrer profondément les ob-.
jets dans tous les points où ils sont acces-
PRÉFACE. Txxvij sibles à ses méditations, de combiner rapidement les rapports des diverses parties de ces objets, et de saisir entre ces combinaisons , celles qui étaut à-la-fois simples , élevées, fécondes , découvrent un vaste horizon qu'éclaire et qu’em- Prasse une science nouvelle.