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M. Trampel a fort bien indiqué les trai-
temens qui conviennent à l'état de conva- Jescence de la fièvre dépuratoire qui accompagne l'attaque de Goutte, et aux suites chroniques et pernicieuses que cette fièvre peut avoir, quand elle n'a pas été traitée méthodiquement (1).
Dans la convalescence de cette fièvre , le
quinquina est ke tonique le plus approprié
() Beobachtungen, t. n , p 18 et suiv.
124 MUR AA TUE pour combattre la foiblesse générales et pour prévenir les rechutes.
Si on ordonnoit le quinquina ayant la coction et les évacuations critiques ( qui quelquefois ne se déclarent que fort tard), il fixeroit la matière goutteuse , et empécheroit qu'elle ne püt être ensuite évacuée.
Mais il peut être donné aussitôt que les évacuations critiques ont diminué notablement les douleurs, et que les rémissions de Ja fièvre sont devenues plus longues, pourvu qu'en même temps on lui joigne des doses assez fortes de sel de Glauber ou de rhubarbe , et d’autres doux évacuans des premières voies.
Lorsque la fièvre goutteuse ayant fini , Yexcrétion qui se fait d’urines chargées et des sucurs fétides , cesse d’être critique, et est prolongée par l’affoiblissement du malade, au point de faire craindre la consomption ; il ne faut pas différer à donner le quinquina ,et il faut en çontinuer assiduement l’usage. On doit en même temps faire éviter toute surcharge d’alimens qui contribueroit à entretenir les excrétions colliquatives.
Pour combatire les suites de la fièvre goutteuse , les remèdes les plus convenables,
DES MALADIES GOUTTEUSES. 125 après un assez long usage du quinquina, sont les eaux minérales salines et ferrugineuses , surtout prises à leurs sources, OÙ Ton trouve une dissipation qui en assure les bons effets.
Il faut préférer les eaux minérales salines, lorsqu'on a lieu de croire qu'il existe encore des restes de l’humeur de la Goutte, restes qu'elles détruisent quelquefois en renouvelant des attaques de fièvre goutteuse.
Lorsqu'on n'a point à craindre de retenir dans le corps des humeurs goutteuses, parce qu'elles ont été évacuées en assez grande quantité, ni d'exciter un état fébrile, les eaux martiales étant prises long-temps et avec précaution, sont singulièrement efticaces pour prévenir de nouvelles attaques de Goutte, pourvu qu'en même temps on ait soin de se garantir des anciennes erreurs du régime.
La coction et les évacuations critiques peuvent être interceptées dans la fièvre dépuratoire goutteuse , à raison du manque de forces , chez des personnes fort âgées, épuisées , ou qui ont souffert auparavant des maux nerveux très-graves. Mais il ar- - rive encore plus fréquemment que les forces
de la nature sont contrariées par un mauvais traitement de cette fièvre, qui lui fait succéder diverses maladies irrégulières , chroniques, et souvent incurables.
Quand il survient alors une difficulté de respirer , avec toux sèche , qui menace d'hydropisie et d'autres maux de poitrine, funestes , M. Trampel prescrit d'assez fortes doses de gomme ammoniaque , ayec moitié de suc de réglisse , et des eaux minérales salines (avec ou sans lait), qui procurent bientôt une fonte d’humeurs visqueuses. Il a recours aussi à l'usage du soufre doré d’antimoine , entremélé de vomitif.
Il conseiile un usage semblable des eaux salines et de la gomme de gaïac, à des doses assez fortes pour lâcher le ventre et pour atténuer l'humeur morbifique , lorsque cette humeur s’est portée sur l'estomac et les intestins. L'obstruction de ces viscères se marque par des sensations perpétuelles de pression sur l'estomac, de fer chaud, de plénitude du bas-ventre, et par la constipation.
Une autre suite que peut avoir l'imperfection ou le mauvais traitement de la fièvre goutteuse dépuratoire , est une cachexie,
DES MALADIES GOUTTEUSES. "T2 accompagnée d'un teint jaune et livide ct d’autres symptômes de jaunisse, avec : une langueur extrême dans ‘tout le corps, un sommeil troublé , des sueurs froides, etc. M. Trampel dit, que dans celte cachexie , le savon na point d'effet utile, et que le quinquina , joint aux sels apérilifs , y est le premier des remèdes.
M. Trampel considérant qu'après une fiëyre goutteuse , que l'art a supprimée , les organes excrétoires ne séparent point la matière morbifique qui est retenue dans un état de crudité, et que la nature se refuse à renouveler le travail de la coction et des crises, conseille d'établir des sétons et des cautères pour donner issue à celte matière goutteuse , qui tend toujours à se porter aux endroits fortement irrités.
Il assure que par ce moyen, joint aux remèdes internes précédens , il a obtenu une guérison solide dans un grand nombre de ces maladies goutteuses, dont le traitement paroissoit fort difficile ou même désespéré. Il dit aussi que par l'emploi des sétons, joint à l'usage du quinquina, et au changement du régime , il a redressé et guéri plusieurs malades qui étoient contractés par
128 . | TRAÏTÉ la Goutte , et qu'elle avoit ‘ entièrement déformés. | | | Enfin à la’ suite de la fièvre goutteuse dépuratoire mal traitée, il s'établit souvent une fièvre hectique et pernicieuse, dans laquelle les excrétions sont viciées et colliquatives , ct la perte des forces va toujours en augmentant avec les autres symptômes de la maladie. Dans cette fièvre hectique , M. Trampel recommande le quinquina joint au nitre, de doux évacuans des premières voies, les bains , les eaux minérales, et sur-
tout l'établissement des sétons.