‹ Traite ́des maladies goutteuses (volume 2)Chapitre 35 sur 81 · X XXI V · texte numérisé non relu

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La fièvre qui accompagne les attaques de la Goutte , lorsqu'elle n'a point les caractères d’inflammatoire, ni de putride des premières voies , est essentiellement dépuratoire. Elle tend directement à produire un dépôt complet de l'humeur goutteuse sur les articulations, et se termine ensuite par des évacuations de sueurs et d’urines cri:

tiques. |

Dans cette fièvre dépuratoire, la saignée est généralement contre-indiquée.

Si l'on trouble violemment les mouvemens de cette fièvre en donnant l’émétique , il peut y causer des affections inflammatoires ou paralytiques , suivant que les

180 T'R'AUTÉ circonstances du malade le disposent aux unes ou aux autres. |

Les purgatifs résineux ou fort actifs, étant donnés imprudemment dans cette fièvre, peuvent aussi y être pernicieux , ou bien causer des lésions du canal intestinal , que suit pour long-temps , et même pour toute la vie, une habitude de coliques, de diarrhées glaireuses , etc.

Cependant il est des cas où des purgatifs doux peuvent être placés avantageusement dans les rémissions de cette fièvre.

Stoll a observé qu'à la fin des accès qui composent la fièvre arthritique, il se fait des crises partielles, non-seulement par. une métastase qui produit un érysipèle aux pieds , par une légère moiteur universelle, par des urines bilieuses avec un sédiment briqueté, mais encore par une congestion d'humeurs dans la cavité de l'estomac et des intestins , qui fait qu'à la fin de chaque exacerbation, la bouche est amère et chargée de pituite.

Dans ce dernier cas , pour aider chacune de ces crises, et pour prévenir la résorption de la matière goutteuse déposée sur les premières voies , Stoll conseille de ne pas se

borner à l’usage des lavemens, et de donner chaque matin , des tamarins avec de la créme de tartre, de manière à procurer deux ou trois selles dans l’espace de vingt-quatre heures.

Il faut remarquer à ce sujet ce qu'a dit Cullen : que si l’on donne un purgatif immédiatement après une attaque de Goutte, on court toujours le danger de la reproduire. Il a sans doute trop généralisé cette observation ; mais cependant il est surtout à craindre qu'un purgatif ne cause alors la rechute , dans les cas - où une fièvre de nature essentiellement rémittente ou intermittente a accompagné l'attaque de Goutte.

Il est essentiel d’entretenfr dans un degré moyen, l'activité de la fièvre dépuratoire qui accompagne l'attaque régulière de Goutte,

pour en assurer les mouvemens critiques.

.. Si cette fièvre est trop forte, il faut donner du rob de sureau et du nitre dans des boissons légèrement diaphorétiques. Mais on doit craindre beaucoup plus que dans les autres espèces de fièvres, d'abuser des boissons rafraîchissantes et acides. Ces boissens peuvent y offenser l'estomac ( ce que

RL TRAITÉ Musgrave (1) a vu plusd'une fois causer un danger extrême ), et produire une colique arthritique au lieu d’une Goutte régulière.

On doit aussi alors s'abstenir des narcotiques , qui pourroient enrayer la fièvre, mais qui, én empêchant ses effets salutaires , pourroient causer des maux goutteux incurables. |

Lorsque la fièvre goutteuse est manifes- .

tement imparfaite dans sa force et sa durée , il faut y exciter le travail de la coction et les crises. |

M. Thilénius à vu plusieurs cas où les mouvemens fébriles finissoient trop tôt pour que la matière goutteuse püt se préparer et se déposer convenablement , de sorte que les urines étoient toujours pales , et que le malade restoit dans un état de grande foiblesse. Il recommande comme singulièrement utiles dans des cas semblables, la décoction de quinquina et de serpentaire de Virginie, à laquelle on ajoute du sel ou de l'esprit de corne de cerf, et des frictions faites avec la teinture de cantha-

(1) De Arthritide Primigenié regulars , p. 114.

» vides sur les articulations où la matière goutteuse tend à se porter.

Cependant on doit toujours craindre dans ce cas l'abus des remèdes échauffans et sudorifiques. On a observé que si l'on porte trop loin l'usage de ces remèdes dans cette fièvre , au lieu de procurer des sueurs critiques , ils expriment forcément et dissipént les humeurs utiles , troublent et accélèrent ‘trop les effets de la fièvre, rendent les crises incomplètes , et déterminent souvent la roïideur immobile des articulations , et l'état hectique de tout le corps.

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