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280 0 DR ANNEE peuvent varier extrémement du leur durée. Musgrave remarque qu'il est rare que deux attaques de Goutte, même des plus révulières, se ressemblent entièrement, et ne différent beaucoup entre elles par la force des symptômes, et par l'inégale durée de leurs stades ; que l’incrément et l'état de lattaque s'étendent dans certaines attaques de Goutte à des semaines et à des mois, avec des douleurs opiniâtres et aiguës, que dans d'autres le déclin seul est fort lent, etc.
J'appelle irrégulièrement prolongées, les altaques de Gouite, qui non-seulement sont de longue durée; mais encore dans lesquelles on ne peut distinguer, relativement à la totalité de l'attaque, des stades séparés d’irritation ou de crudité, et de résolution ou de coction, quoique de semblables stades puissent être manifestés dans les accès particuliers, pris séparément; accès qui souvent se multiplient dans le cours de l'attaque, avec des degrés, des temps et des intervalles plus ou moins irréguliers. |
Dans les attaques de Goutte irrégulières et fort prolongées, où il n'ya pendant fort long-temps point d'apparence de coction ni d'évacuation critique, si ce n'est dans de
accès particuliers dont cette attaque peut être formée, on ne doit point s'arrêler aux méthodes naturelles de traitement , puisque les efforts de la nature, qui ne produit que . fort tard la résolution de cette attaque , sont trop imparfaits. | |
Les méthodes de traitement analytiques ne conviennent pas non plus dans ces aitrques de Goutte irrégulieres et fort prolongées , parce que la Gouite établie dans les articulations , y est l'affection dominante , par rapport à chacun des élémens qui la composent , de telle sorte que la cure de ces élémens subordonnés influe peu sur la guéri:
son de la maladie entière. |
En effet, la fluxion goutteuse y est circonscrite et peu considérable , les mouvemens fébriles y sont nuls ou très-foibles , ct les douleurs qui y sont en général beau coup moins fortes que dans la Goutte aiguë , | lorsqu'elles y sont parfois très-vivement excitées , semblent ne l'être que par des causes accidentelles. | es C'est pourquoi dans le traitement de ces attaques de Goutte irrégulières et fort longues , il faut, en général, avoir recours aux méthodes empyriques.
Les moyens que ces méthodes emploient, sont ou des évacuans divers, perturbateurs de l'affection goutteuse qui occupe les parties voisines des articulations, ou bien des correctifs de l’état goutteux des Dies et des humeurs dans ces parties.
NAXX VIT
C’est principalement dans les attaques de Goutte irrégulièrement prolongées , que peuvent convenir les vomitifs et les purgatifs d’une grande force , que les anciens ont conseillé trop généralement d'employer dans toutes les attaques de Goutte, même lors de leur plus grande violence , en exceptant néanmoins le temps de l’incrément de la fluxion goutteuse.
Démétrius Pépagoménus a particulièrement insisté sur cette pratique , qui avoit été déjà suivie par Alexandre de Tralles, et d'autres anciens auteurs (1). Il croit que le
(1) Alsharavius dit aussi que la purgation du ventre ajoute aux maux goutteux de la hanche, du genou, et du pied, si on n’a auparavant employé lesvomitifs pour déraciner les humeurs grossières fixées dans ces articulations.
vomissement est très - utile, non-seulement pour préserver de la Goutte , mais encore très-souvent dans le fort même de cette maladie, en ce qu'il évacue les humeurs superflues et excrémentitielles de toutes les parties dn corps.
Il conseille aussi pour cette fin de donner
des purgatifs efficaces dans le déclin , et même dans l'état de la fluxion de la Goutte.
Il dit que l'expérience a fait connoître l'utilité que ces remèdes ont alors.
Îl est à remarquer qu'après qu'un purgatif fort a bien agi, Démétrius veut qu'on donne de la thériaque, tant pour remédier à l'atonie que laisse ce purgatif, que pour combattre la Goutte même (1); et qu'il applique alors sur les parties affectées des topiques anodins et réprimans , comme des feuilles de pavot et de jusquiame , un drap chargé d’eau froide, etc.
Il paroît qu'un tel traitement par des purgatifs énergiques ne pouvoit convenir quà des hommes de constitution athlétique, ou
(1) On voit que cette pratique est semblable à celle de Sydenham, quoiqu’elle ait eu des motifs entière ment différens,
irès-robuste ; chez qui même il devoit être fort souvent périlleux dans les attaques ré gulières de la Goutte.
Il est facile dé voir combien, dans ces attaques régulières , les purgatifs fort actifs sont déplacés , tant au commencement et dans l'état de l'attaque , où ils peuvent trou. bler pernicieusement sa marche salutaire, qu'au déclin , ou immédiatement après la fin de l'attaque, quils doivent souvent repro-.
duire ( comme je l'ai dit ci-dessus }).
Méme dans les attaques de Goutte irréguliérement prolongées , les purgetifs nie semblent ne pouvoir être d’une grande utilité , qu'autant que les temps de les donner , leur choix et leur administration se rapportent aux règles suivantes, que je propose comme m'ayant paru être suffisamment fondées sur mon expérience pratiqué.
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1° Dans ces attaques de Goutte, les pur-
gatifs appropriés sont d'autant plus indiqués, qu'il y a plus de fixité du dépôt de la Goutte sur les articulations, et d'autant plus contreindiqués , que la constitution du malade est plus affoiblie par l'âgé et les autres circons-
DES MALADIES GOUTTEUSES. 155 lances, et qu'il est plus affécté d’une infirmité relative des organes ET ou des autres viscères.
° Quand le dépôt Hétu sur les artiue paroît être assez fixé, et quand les purgatifs ne sont point assez contre-indiqués pour qu'on puisse les employer à détourner les renouvellemens de la fluxion goutteuse, on peut donner, ainsi que Fernel l’a conseillé dans l'attaque de Goutte, à deux et trois reprises, des purgalifs assez forts pour attirer les humeurs des extrémités du COrps , et qui évacuent plus qu'ils n’excitent la Goutte par leur effet irritant (1).
5. Les purgatifs qui peuvent être indiqués dans l'attaque de Goutte irrégulièrement prolongée, doivent toujours être modérés, à proportion de l'affoiblissement général de la constitution , et particulier des organes digestifs, qui a toujours lieu dans ces attaques à un degré plus ou moins considérable.
(1) Lister a donné avec succès des émétiques répétés chaque mois, dans un état chronique goutieux d’une femme sexagénaire , qui avoit des tufs sur toutes les articulations, et que ses souffrances retenoient au lt la plus grande partie de l’année,
Il faut rejeter alors ces minoratifs doux ct nauséeux ( comme la manne, la casse et le séné }, dont l’action lente et fatigante peut causer un échauffement durable, et exciter ou renouveler la congestion goutteuse. Il faut leur préférer des purgatifs d'une activité médiocre, qui sont amers stomachiques, comme la rhubarbe, ou salins, dont l'opération prompte nuit le moins possible à la transpiratioz.
A. Dans le cas douteux où l'on peut craindre l’action équivoque, et les suites des purgatifs qu'on juge à propos d'employer, il peut être convenable de faire prendre un calmant, dès qu'ils ont produit des évacuations suffsanies pour empêcher quils nexcitent les mouvemens de la Goutte. |
Sydenham avoit condamné d'abord tout usage des purgatifs, et durant l'attaque de la Goutte, et dans les intervalles de ces attaques , pour avoir éprouvé quil s'étoit donné, comme il l'avoue, une rechute d’une attaque de Goutte, parce qu'il avoit voulu en chasser les restes par un purgatif. Mais dans la suite ayant pissé le sang par l'effet du calcul des reins, dont il vint à être attaqué, il se procuroit un soulagement considérable
en prenant de la manne, et après l'opération
!\ de ce minoratif, il prenoit du laudanum pour
‘prévenir une nouvelle excitation de la podagre. Il a recommandé cette pratique dans les cas de semblables complications de la
\ Goutte.
5e Les purgatifs que l'on peut donner dans les attaques de Goutte irrégulièérement
prolongées , y sont rendus singulièrement
appropriés par l'addition des aromatiques.
Plater, dans les plus grandes douleurs de Goutte, et toutes les fois qu’elles se renouveloient, donnoit avec le plus grand sou-
lagement des malades, la rhubarbe, l'agaric,
et les hermodaïtes, joints à des aromates. |
Bayrus a éprouvé sur lui-même, et Capiyaccius a aussi attesté que l’électuaire caryocostin (ou le diagrède est joint au girofle et au gingembre) avoit l'effet le plus puissant et le plus prompt pour chasser la matière goutteuse, et prévenir les retours des attaques (1). |
Cette combinaison des aromatiques réchauffe modérément l'estomac, toujours affoibli, des goutteux , et le rend plus promp-
(1) Voyez Morgagni, Epist, Anat. Med. zvu, 6.
138. TRAITÉ tement et plus complétement susceptible dé l'action des purgatifs.
Par la même raison, il est souvent utile de donner dans des cas semblables, le quinquina joint à la rhubarbe et au sel neutré purgatif ; et d'autant plus lorsqu’it a un effet purgatif, comme il arrive chez plusieurs malades, |
J'observe qu'un moyén principal pour abréger et régulariser le cours des attaques de Goutte longues et irrégulières, par l'usage des purgatifs, est de leur joindre ou de leur faire succéder les remèdes qui peuvent for:
tifier les organes digestifs. Cette pratique a une analogie sensible avec celle où l’on parvient, en évacuant et en fortifiant les organes digestifs, à changer une fièvre continue, dont les redoublemens sont ‘irréguliers, en une fièvre périodique régulière.
Si ces règles, que je viens d'indiquer sur Vusage et° le choix des purgatifs dans les
itaques de Goutte irréguliérement prolongées, sont aussi fondées qu'elles me l'ont paru dans ma Pratique; elles serviront à corriger les conclusions trop générales et contradictoires qu'un grand nombre d'auteurs divers ont tirées de leurs observations
DÉS MALADIES GOUTTEUSES. 139 particulières sur l'usage des purgatifs dans la Goutte.
Mais je pense qu'en se conformant aux règles précédentes , on reconnoîtra que Lister a bien dit, et mieux qu'il n'eût pu le prouver , que si les purgatifs ont fait du mal dans la podagre , en attirant la maladie sur les viscères , en augmentant la fièvre , ou en renouvelant l'attaque ; c'est principalement parce que le choix de ces remèdes a été moins approprié, qu'ils ont été donnés hors des occasions conyenables.