TRACE
nereum laæans de la Pharmacopée de Paris, ou le decoctum DH PR ANA de celle :
de Vienne.
J'ai trouvé dans Cardan, un exemple très - digne d'attention , d'une semblable méthode perturbatrice; par laquelle il assure avoir guéri des malades qui étoient absolument perdus depuis des mois et des années, et dans le traitement desquels plusieurs Médecins al échoué. L'essentiel de ces cures consistoit à faire user ces malades d’une décoction ne en même temps qu'il leur donnoit des purgatifs résineux. |
Cardan assure qu'il guérit par ces moyens dans l’espace de quarante jours , et même au milieu de l'hiver, un de ces malades qui étoit retenu dans son lit depuis un an; qui depuis cinq mois ne pouvoit remuer Îles pieds, les bras, ni la tête; qui souffroit des douleurs horribles , et avoit ses membres durcis comme la pierre. ( Le mal avoit été porté à ce, degré extrême, par l'effet d’onctions quon avoit pratiquées sur les parties affectées, pendant que le corps n'avoit pas été suffisamment purgé.)
Cardan fit faire de plus à ce malade trois
DES MALADIES GOUTTEUSES. 104 saignées » ayant présumé par tout ce qui avoit précédé, que la masse du sang étoit entièrement corrompue : et il dit qu'en effet. tout le sang qu'on tira avoit des caractères de corruption manifeste. Un cou tors fut le seul vestige qui resta de cette grande maladie.
XL TIET.
Je passe aux remèdes altérans qui parois-
sent avoir quelque chose de spécifique antigoutteux , ou être singulièrement appropriés pour résoudre l’état -goutteux dans les solides et les fluides. L'usage de ces remèdes est principalement indiqué dans la Goutte irrégulière et devenue chronique.
. Les. anti-goutteux qui ont le plus de ce caractère spécifique, et qui agissent le moins comme sensiblement évacuans , ou comme directement résolutifs des humeurs , sont de nature vénéneuse. Tels sont la cigué et la bella-donna ; mais surtout l'aconit. i
Un long usage de pilules de ciguë et d’aconit a guéri parfaitement M lAbhé Mann d'une Goutte invétérée et cruelle (1).
(1) Voyez la relation très-détaillée qu'il a donnée de
sa guérison , dans l’Espritdes Journaux ; Février 17843 p. 590-364.
152 AE OE RASENRE Un Baronet qui avoit souffert de la Goutte tout ce qu'il est possible d’en souffrir , en fut guéri par le même remède continué pendant près d’un an (1).
Un goutteux entièrement privé de l’usage des extrémités, ét qui avoit usé sans succès de beaucoup de remèdes , fut guéri parfaitement dans l’espace de trois semaines , par l’usage de l'extrait d’aconit. Il en prit des doses qu'on augmentoit journellement depuis un grain jusqu'à vingt-trois, et en tout cinq drachmes et neuf grains. Au bout de ce temps il marcha , et n'eut plus de fièvre , de douleur , ni de tumeur.
{ Schenckbucher ). !
M. Quarin a vu dans la Goutte , de:
grands effets de l'extrait d’aconit, dont il ne donne d’abord qu'un demi-grain, mais dont il augmente graduellement les doses suivant l'indication , allant même jusqu’à en donner trois ou quatre grains toutes les trois ou quatre heures. I joint utilement le camphre à laconit, quand le pouls est foible et que l'urine est pâle.
Van-Siwieten a vu une femme de qua-
{1) Gentleman’s Magasine, février 1786.
rante ans, qui depuis un an tro beaucoup des doigts et des orteils, où elle avoit des tufs très-durs et très-considérables, que l'extrait d’aconit soulagea étonnamment au bout de quatre jours, et guérit en trois mois sans exciter aucune évacuation manifeste par les selles, ni les urines , ni les sueurs.
J'ai vu aussi très-souvent l’aconit dissiper des maux goutteux , même rebelles, sans produire des sueurs , ni aucune autre évacuation sensible : ce qui prouve de même l'effet spécifique USER de ce remède.
Il est d’autres anti-goutteux qui sont à un certain point spécifiquement résolutifs de l’état goutteux des solides. Les principaux sont le camphre , l'éther , et le musc.
On peut leur joindre les alkalis volatils, et les huiles essentielles d'espèces balsamiques ét carminatives , qui sont cependant des anti-goutteux moins spécialement appropriés, et que leur nature plus échauffante doit faire plutôt réserver pour des cas de Goutte où domine l’atonie (1).
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(1) On peut compter entre les spécifiques analogues dont l'usage doit être déterminé et modifié suivant les
154 ri TRADE
Les anti-goutteux qui ont quelque chose de résolutif spécifique dans l'état goutteux du sang et des humeurs, sont principalement le savon et les remèdes qui lui sont analogues. 1
On peut regarder comme analogues au savon , plusieurs des remèdes dont on à vanté l'efficacité résolutive dans la Goutte; particulièrement le sel volatil huileux de Sylvius , et diverses plantes dont les sucs ct les extraits ont une nature savonneuse,
Il paroît qu’on peut déterminer l’action résolutive quexercent dans l'état goutteux du sang et des humeurs le savon, et les savonneux , d'après ce qui a été dit ci dessus : que dans cet état du sang , la formation naturelle de :ses produits excrémenlitiels étant plus ou moins altérée , ils
mêmes règles, l’élixir anti-goutteux de Gachet Je suppose qu’il a été prouvé par l'analyse ( suivant ce qui est dit dans le Journal de Médecine , mars 1788), que cet élixir n’est que du foie de soufre en dissolution dans deux parties d’huile essentielle de térébenthine , sur une partie d'huile de genièvre , à laquelle dissolution on ajoute quelques gouttes d'huile animale empyreumatique. |
subissent une décomposition spontanée qui y fait prédominer la substance terreuse.
On voit que cette décomposition peut être enrayée dès son commencement dans le sang goutteux, par l'action du savon et des sayonneux, qui rendent les parties terrestres des humeurs plus parfaitement miscibles avec leurs autres parties constitutives.
Les savons acides pourroient être utiles dans certains cas. M. Thilénius rapporte à l'action qu'a L’élixir acide de Haller sur les restes terreux de la Goutie qui sont contenus dans le sang, les bons effets que ce remède a quelquefois dans la Goutte.
M. Lentin a tort d’ailleurs d'assurer que cet élixir dompte toujours cette maladie ,‘ quand il y est donné après des évacuations suffisantes.
Boerhaave conseille comme étant souvent fort utile contre la Goutte la plus enracinée, l'usage ( quil dit pouvoir être continué pendant un an sans mauvais effet) du savon ( donné trois fois par jour à un scrupule ) en y joignant du nitre, et faisant prendre par-dessus une infusion des plantes apéritives récentes, comme aigremoine, ivette, mélisse, etc. |
Suivant les observations de MM. Liger, Bouillet, Clerk, etc., il n’est point de reméède qui soit plus puissant dans la Goutte que le savon. Clerk dit que le savon est le meilleur dissolvant de la matière goutteuse , et il veut qu'on le donne pour cet effet à grandes doses, comme d’une demionce ou d'une once par jour pendant un mois de suite. Mais l'usage du savon est toujours contre-indiqué , si les humeurs sont dans un état d'acrimonie manifeste.
Entre les plantes savonneuses qui sont spécialement résolutives dans l'état goutteux du sang , il semble qu'il faut mettre au premier rang la racine de saponaire-( qui a été fort recommandée dans la Goutte par Bergius) , d'autant qu'elle joint à sa nature savonneuse , des vertus diaphorétiques et diurétiques manifestes.
C’est non-seulement, parce qu'elle réunit les vertus diaphorétiques et diurétiques à un haut degré, mais encore parce qu'elle arrête les progrès de la décomposition du sang et des humeurs excrémentitieiles ; que la racine de sénéka , qu'on sait être si puis-