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Les attaques de la Goutte sont souvent précédées et suivies de crampes, qui sont quelquefois tres-violentes. |
Loubet a vu plusieurs goutteux, à qui ces crampes ont occasioné des tremblemens qui leur ont duré toute leur vie. Il en a vu d’autres que ces crampes forcoient à demeurer hors de leur lit dans un fauteuil, où il falloit qu'on leur aidät à manger et à boire. Il à procuré à ceux-ci le repos du lit, et les a fait marcher comme dans l'état naturel, par le moyen de bracelets médiocrement serrés aux poignets, ct de bandes ou de jarre-
174 ACT PR) AMATÉ tières serrées aux parties supérieures et inférieures des cuisses , ainsi qu'aux jambes.
Loubet dit vaguement , que ces liens contenoient les muscles dans leur situation naturelle, et dans leur propre action. Mais pour en bien expliquer l'utilité , il faut partir de la véritable théorie des crampes , que jai donnée ailleurs. J'y ai dit que la crampe est produite , lorsque les diverses parties d’un muscle sont prises de contractions violentes avec un grand effort de situation fixe , suivant des directions irrégulières par rapport à la direction qui est naturelle à ce muscle , et dans le sens de laquelle il peut être assujetti par des ligatures.
L'invétération de la Goutte et du rhumatisme produit souvent un état de contracture permanente dans les membres AUEGIES de ces maladies.
Lorsque cette.contracture est causée par des humeurs épaisses qui sont jetées sux les tendons , on peut y remédier par des topiques résolutifs , comme est, par exemple, l’emplâtre diaphorétique de Mynsicht , que Thonérus a fait appliquer avec succès dans un cas semblable. ,
D'ailleurs pour bien traiter cette contrac-
ture , il faut avec M. Pressavin , en distinguer deux sortes, suivant que les membres qui en sont attaqués ressentent des douleurs vives , ou ne conservent qu'un sentiment obscur avec beaucoup de foiblesse.
Dans la première sorte de contracture , M. Pressavin conseille des topiques émolliens comme la mauve , et anodins , comme toutes les espèces de sotanum, la ciguë, et la belladonna. Il ordonne les narcotiques prudemment administrés, si les douleurs causent des insomnies , et le lait avec des décoctions de squine, de salsepareille , et de douceamère ( de laquelle il dit avoir vu de grands succès dans cette maladie ).
Dans la seconde sorte , il emploie des diaphorétiques plus actifs, comme les décoctions des bois sudoriques, qu'il aiguise avec les sels de vipère , de succin, et autres volatils , et il seconde ces remèdes par l’usage des bains et des douches d’eau chaude, ou d'eaux thermales appropriées. Il rapporte une belle cure qu'il a faite par ces remèdes, chez une demoiselle, à qui ils rendirent dans six semaines de temps l'usage de ses jambes , qui depuis trois ans étoient replies
176 TRAITÉ | contre ses cuisses, de manière qu'aucun effort n'étoit capable de les étendre.
L'application de l'électricité peut être fort efficace dans les cas où les membres restent contractés par les suites d’une Goutte invétérée.
Zetzell, qui a constaté par ses observations l'utilité de ce remède dans des cas semblables , remarque fortbhien qu'il faut d’abord y rechercher soigneusement , quels sont les mouvemens dont est privé le membre affecté, pour pouvoir reconnoître quels sont les muscles contractés.
Il dit qu'il faut tirer des étincelles de ces muscles sans employer la cominotion , et qu'il faut éviter d'émouvoir leurs antagonistes , qui ont trop de forces toniques, et auxquels on doit plutôt appliquer long-temps les vapeurs de l’eau chaude, ou des fomentations émollientes.
Il conseille aussi dans dés maux semblables ( ou rhumatiques ou goutteux ) de commencer le traitement en remplissant les vaisseaux de liqueurs appropriées à la maladie, pour obvier au danger que la matière morbifique mise en mouvement ne se porte trop facile:
ment sur des parties plus nobles.
DES MALADIES GOUTTEUSES. 244 L'importance de ces précautions . et de plusieurs autres qu’exige ce traitement par l'électricité , est prouvée par des faits qu'& rapportés Zacharie Vogel, qui a vu chez divers malades, les secousses opérées par le moyen de l'électricité ; mettre en mouvement Ja matière goutteuse, et en déterminer des métastases très-graves sur les viscères. DO à
M. Trampel a fort bien traité des éngor-:
gemens mous laissés par la Goutte dans les articulations , qui peuvent y être suivis d’érosion des cartilages , de destruction des glandes mucilagineuses , d’ankyloses , et d'une carie singulière des os.
Il croit que l'irritation des vésicatoireg peut accélérer la dégénération pernicieuse de ces tumeurs. I les a eu guériés en donnant à fortes doses du quinquina et du sel de Glauber, et en faisant imprimer ;, par des reprises longues et assiduement répétées , des mouvemens fort gradués l'articulation affectée, sur laquellé il faisait faire en même temps des douches d’eau is nérale saline employée assez chaude.
178 TIRIAUPANTE A LUN ATOUT
Les longues attaques d'une Goutte invétérée laissent souvent dans les extrémités une foiblesse excessive , à laquelle on a proposé de remédier par un grand nombre de topiques différens. Entre ces topiques , un des plus utiles sont sans doute les bains dans une eau ferrée (comme celle qui à servi à granuler le fer mis en fusion ), qui ont été conseillés par M. Lentin. /
On à recommandé de tout temps, et même récemment ( M. Quarin), d'appliquer du marc ‘de raisins doux sur les parties afloiblies par la Goutte, surtout si elles sont attaquées d'œdème.
Sans doute la fermentation du mout contenu dans ce marc de raisins, sert à exciter les forces vitales de la partie affectée, par une action analogue à celle qu'a eue la levure de bière appliquée avec succès dans certains cas de gangrène. Mais il est aisé de voir que l’on doit craindre Île long usage d’un semblable remède excitant, dans des corps usés et surchargés de mauvais sucs; où ül peut allumer une fièvre lente et mortelle.
Ainsi Hérédia rapporte qu'un cardinal
DES MALADIES GOUTTEUSES. 159 Spinola , archevêque de Séville, étant fort affecté de la foiblesse des extrémités k et d'autres suites d’une ancienne podagre , Ses médecins l’ensevelirent de Ja moitié du corps, péndant quinze jours de suite, dans du marc de raisins; qu'il parut d'abord en être soulagé , mais qu'il fut bientôt après attaqué d’une fièvre lente, qui fit des progrès de jour en jour , et prit successivement les caractères de fièvre ardente et de fièvre maligne , de sorte qu'il tomba dans un extrême prostration de forces, et mourul. | Quand à la suite de longues et violentes attaques de Goutte, la foiblesse et l’enflure des articulations rendent le mouvement des membres très-difficile et très-pénible, on conseille pour résoudre les concrétions gout-. teuses qui sont placées dans ces jointures, l'usage prudent des douches des eaux thermales sulfureuses , sur les parties affectées, où l'on fait en même temps de douces frictions.
On peut imiter dans ces cas, la pratique que Williams suivoit , lorsqu'il faisoit faire une semblable application des eaux d'Aix
180 | TRAITÉ Ja-Chapelle sur les extrémités ainsi affectées par la Goutte.
Il dit que , quoique ces eaux soient ur résolutif extrêmement pénétrant , il faut s'abstenir d'en prendre les bains , surtout lorsque le relâchement est déjà considérable. Il conseille de faire précéder pendant quinze jours l'usage de ces douches, par la boisson de ces eaux, si le malade n'est pas fort sanguin ou fort irritable.
Williams dit que pendant les douches , pour contre-balancer l'effet relächant des eaux , il faisoit prendre communément trois fois par jour une drachme de quinquina , et un mélange d’un scrupule d’alcali volatil { dose qui doit être souvent trop forte } avec deux onces de suc: de citron. Il assure que ces remèdes avoient un plein succès étant continués environ un mois, et quelquefois plus dans des cas rebelles. Lorsque les enflures et les concrétions étoient entièrement résoutes , il ordonnoit Île quinquina et les bains froids , ou bien des frictions de tout le corps avec des brosses ou de la flanelle , etc.
Dans les cas de foiblesse et de tuwecurs
œdémateuses des jointures, qu'aflectent les
DES MALADIES GOUTTEUSES. 18r
restes de la Goutte, rien ne donne plus de force aux parties souffrantes , que de les frotter avec des flanelles imprégnées de fumées aromatiques , d’encens , de mastic, et de succin brülés. Kæmpf recommande aussi pour cet œdème des pieds , les feuilles de bouleau appliquées chaudement.
Baglivi dit qu'il ne faut faire aucun remède pour les œdèmes des pieds qui suivent la Goutte, qu'il faut s’en remettre à la Nature, rétablir les digestions, employer la diète et l'exercice , et qu'il a vu très-souvent l’usage des topiques et des évacuans dans ce cas , suivi d'asthme, d’apoplexie et de mort subite.
On peut sans doute suivre ce conseil de Baglivi, de ne point faire usage de remèdes évacuans et topiques pour résoudre l’œdème des pieds dans les vieux goutteux , aussi long - temps que cet œdème ne fait point craindre l’hydropisie , qu'il n’y a point de soif, ni de difficulté de respirer après l'exercice, que l'appétit est bon, et l'excrétion des urines abondante. Or cet état peut durer des mois et des années , comme Musgrave l'a remarqué. |
Mais dans cet état même, et surtouf