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Je rapporte les affections générales qui existent chez les différens goutteux , à trois chefs principaux, qui sont 1.° la surabondance de sang ou des humeurs, causée par Jimperfection de la transpiration ou des autres excrétions: 2° une altération générale dans la mixtion des humeurs, qui est de différentes sortes , marquées par des caractères manifestes : 5.° un affoiblissement nerveux général des solides, qui le plus souvent porte spécialement sur les organes digestifs (1). |
Premièrement, dans les sujets pléthoriques , la saignée pratiquée en certains temps de l’année , comme au printemps et en automne, peut être un bon préservatif des attaques de Goutte. Boerhaave a connu un goutteux qui, en se faisant tirer du sang
deux fois l’année, un mois ou deux avant V4
(1) J’appelle affoïblissement nerveux , celui qui est distinct de la débilité physique , et de la simple atonie, parce qu’il est lié avec une excitabilité vicieuse des forces motrices.
le temps accoutumé de l'attaque , n’avoit presque point de douleurs, etc.
Les Anciens ont recommandé cette pratique. Galien a observé que des hommes, qui étoient déjà sujets depuis trois ou quatre ans aux attaques de Goutte, en ont été délivrés , uniquement en se faisant saigner au printemps , et en observant un bon régime (1).
Cest une chose remarquable à ce sujet, que ce qu'a dit Celse (2), que la saignée faite à un homme qui commence de sentir des douleurs aux articulations, lui assure un bon état de santé, souvent pour une année, et quelquefois pour toute la vie.
Il faut pourtant observer que chez des goutteux confirmés, il seroit souvent dangereux d'insister sur la saignée , ainsi que
(1) Il faut rapporter ici ce qu’a dit Hippocrate ( de Aëribus, Loc.et Aq.)que les Scythes pour se préserver des maladies des articulations , auxquelles ils étoient généralement sujets à eause de leurs grands et fré- ‘quens exercicesà cheval , se faisoient ouvrir les veines derrière les oreilles , en faisoient couler beaucoup de sang , et dormant beaucoup d’abord après cettesaignée, restoient garantis de ces maladies articulaires.
(2) De Medicinà , lib. àv, cap. ut.
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sur d’autres fortes évacuations , et sur uTE régime sévère , dans l'espoir d'opérer la cure radicale de la Goutte. Aïnsi l'on a vu dans un cas semblable , deux saignées faites aussitôt que parurent les symptômes avantcoureurs d'une attaque de Goutte, prévemir cette attaque , mais être bientôt après , suivies d’une apoplexie qui fut mortelle en peu d'heures.
Les scarifications ou l'application des sangsues ont, surtout chez les pléthoriques, une utilité préservative semblable à celle de la saignée, et n’ont point le même inconvénient. Baver (1) dit qu'on épuise sans danger l’humeur goutteuse , en appliquant tous les trois mois des ventouses scarifiées. D’après le conseil de Pringle , Small a éprouvé de bons effets de l'application des sangsucs , pour dissiper ses accès de Goutte , lorsqu'ils commencçoient à se, déclarer. |
Les cautères établis aux extrémités sont des remèdes utiles, et quelquefois nécessaires , pour détruire la surabondance des humeurs goutteuses, ou qui peuvént le de-
(1) In Collect. Hailer , Thes. Med. € vx.
venir; dans le cas où l’on veut prévenir la formation des attaques de Goutte, comme aussi dans le cas où ces attaques étant suspendues, on craint qu'il ne se forme une humeur goutteuse qui se porte sur les viscères.
Entre autres exemples, on peut citer l'observation de Gradus, qui dit que par le moyen d'un cautère établi à la main, il garantit entièrement des retours de la Goutte, un homme qui étoit, dit-il, tout goutteux {lotus arthriticus.) |
Des purgatifs appropriés peuvent être utiles dans les intervalles des attaques de Goutte, pour éloigner les retours de ces attaques. Cheyne conseille pour cette fin, des purgatifs doux, mais chauds et stomachiques ( comme est la rhubarbe ou seule, ou en teinture vineuse avec d’autres amers, prise pendant quelques semaines de suite ).
Grant dit que la meilleure manière d’évacuer les goutteux, est d'erdonner un régime sobre, et un fort exercice : mais que les goutteux qui par leur manière de vivre dans les intervalles des attaques, amassent beaucoup de matière goutteuse, en surchargent l'habitude du corps , de manière
220 TRAITÉ que leurs attaques deviennent irrégulières, et peu propres à débarrasser les corps de cette humeur. Il pense que dans ces cas, la pratique de Cheyne étant employée habilement , procure beaucoup de soulagement. ;
1 est essentiel d’avoir habituellement le soin de prévenir la constipation chez les goutteux. La plupart se trouvent bien de prendre pour cette fin, un peu de rhubarbe immédiatement avant le diner. Un laxatif doux, que Quercetan a recommandé pour les goutteux, est l'hydromel avec de la crème de tartre.
Grant na rien trouvé d'aussi avantageux pour établir chez les goutteux Je cours libre de lexcrétion des selles, que de faire prendre souvent les soirs, d'une à deux drachmes de fleurs de soufre dans un peu de lait. H les ordonne aussi avec la magnésie, pour tenir le ventre libre , aux enfans qui ont une disposition héréditaire à la Goutte, et qu'il a observés être fort sujets aux acides, aux flatuosités et aux indigestions.
Les diaphorétiques actifs sont très-souvent utiles pour préserver des retours de la Goutte. Mais il faut ne les donner alors, qu'après qu'on a remédié en grande partie à la plénitude des humeurs. Car autrement ils pourroient , en forçant l'excrétion de la transpiration , hâter la décomposition goutteuse dans les humeurs excrémentitielles, et. les déterminer à se jeter sur les articulations.
Boerhaave conseilloit dans la disposition habituelle à la Goutte, pour établir la transpiration de toute l'habitude du corps, de faire prendre pendant trois mois de suite, chaque matin, deux ou trois grains de sel volatil de corne de cerf dans de l’eau et du vin , ou dans un peu de bouillon de viande , faisant boire par-dessus une décoction de salse-pareille , et de sassafras , : jusqu'à procurer une légère moiteur.
Mais cette méthode échauffante semble avoir été conçue un peu trop vaguement ; elle peut cependant trouver son application dans des cas où lalkali volatil paroîtroit - indiqué par la dominance de la dégénération acide dans les humeurs du sujet goutteux.
D'autres évacuans révulsifs , outre les purgatifs et les diaphorétiques , peuvent ; lorsque leur usage est suffisamment continué , procurer des excrétions salutaires , qui empêchent les humeurs surabondantes de se porter sur les articulations. À
Jérém. Martius (1) dit qu'un homme gravement affecté de la Goutte, dont les attaques lui duroient souvent six mois, prit ensuite à chaque changement de lune , huit fruits d’haticacabum (Physatis alkekhengi, coquerets ) , qui lui faisoient rendre par les urines une matiére très-corrompue ( mirè fœdam ) , et qu'il fut ainsi entièrement déli= vré de sa Goutte.
Le même Martius rapporte un autre exemple d'un gouiteux , qui se délivra de la podagre, en prenant tous les dix jours , par le nez, de la marjolaine ou de Forigan, qui lui faisoiént rendre beaucoup du mucus et de pituite, etc.