AD EU TRAITÉ
certain temps, il s'y produit à l'extérieur un gonflement avéc rougeur, qui est douloureux au toucher, et cette enflure qui survient, diminue un peu les douleurs.
il se fait quelquefois une éruption de sucurs dès les premiers temps de la maladie, mais il est rare qu'alors elles soulagént ou soient Salutaires. Dans l’état de la maladie, - le ventre est resserré, l'urine est énflimméé - sans sédiment , et elle est rendue en petité: quantité. L’urine dépose un sédiment briqueté, quand la maladie ést plus avancée, et que la fièvre a des rémissions plus mar-
quées. | ;
La fièvre aiguë dure le plus souvent quinze Jours ou trois semainés , et se terminé par des évacuations critiques, soit par les urines, soit par les sueurs. À la fin de cette fièvre, les douleurs deviennent de plus en plus modérées et circonscrites. Mais il arrive souvent lorsque la maladie n'est point combattue avec suite par des remèdes efficaces, qu'elle devient rebelle, et dégénère en Rhumatisme chronique.
Après la convalescence , les parties qui ont été affectées profondément de Rhumatisme, restent fréquemment sujettes à des
retours de douleurs par les causes les plus légéres, et même sans cause apparente. Ainsi une fièvre rhumatismale, qui a porté en divers points de la poitrine et du bas-ventre , n'ayant été résoute qu'imparfaitement , laisse pendant long-temps des douleurs vagues habituelles aux mêmes endroits.
Le sang qu'on tire aux malades attaqués de Rhumatisme, se couvre d’une croûte blanchâtre, de la nature de celle qu'on appelle communément couenne piilogistique du sang. Sauvages dit qu'elle est moins dense que celle qui se forme sur le sang des pleurétiques.
Cependant cela n’est pas perpétuel. Stoll dit même que dans l'inflammation rhumatique , le sang qu’on tire a une couenne si épaisse qu'elle retient à peine du cruor, et qu'elle est plus considérable et plus dense que dans toute autre maladie inflammatoire; même la plus grave. Peut-être dans les cas ou la couenne du sang est moins dense dans le Rhumatisme que dans la pleurésie , cela estil compensé par la plus grande ténacité qu'a le placenta qu'elle recouvre (1).
| (1) Voy. Plenciz, Acta et Observata Medica, p. 5à:
Gette séparation de la partie lymphatique fibreuse du sang, qui forme un placenta dont la croûte est plus ou moins inflammaloire, ne s’observe pas toujours dans le sang qu'on tire par la première saignée, mais seulement dans les saignées suivantes (1).
Le Rhumatisme chronique s'établit le plus souvent par la prolongation du Rhumatisme aigu, mais il peut aussi se former et subsister avec les caractères qui lui sont propres, sans qu'il ait été précédé de Rhumatisme aigu.
Le Rhumatisme chronique est le plus souvent exempt de fièvre. La fièvre lente peut s’y établir avec le marasme , mais seulement dans un état extrême, où elle paroît en général avoir pour cause une extension de ce Rhumatisme qui attaque différentes parties internes.
Les parties voisines des articulations, lorsqu'elles sont constamment souffrantes dans le Rhumatisme chronique, n’y présentent point de rougeur, ni guère de gon-
(1) Ridley a vu cet état du sang, dans leRhumatismg; : a’avoir liçu qu'après Ja seconde saignée,
DES MALADIES GOUTTEUSES, 3ot
flement. Les extrémités affectées y sont foibles , roidies et disposées au refroidissement spontané. Les douleurs y augmentent plutôt par le froid, et sont plus généralement soulagées par le chaud qu'on leur applique.
Le Rhumatisme chronique se rapproche beaucoup plus du Rhumatisme aigu, quand il est accompagné de mouvemens fébriles, quand les douleurs y sont vagues et plus fortes la nuit, et que les parties souffrantes y sont affectées de gonflement et de rougeur.
Cullen a observé dans le Rhumatisme .
chronique , que lorsque la sueur est chaude et abondante à la surface de tout le reste du corps, elle est froide et visqueuse à l’endroit des articulations affectées. David Clerk (1) ajoute même que dans ce Rhumatisme , la sueur que l’art excite sur tout le corps ne se forme point au-dessus de ces articulations , qui restent alors à sec, et qu'elle ne s'y déclare que lorqu'elles redeviennent libres par la cessation de la dou-
leur.
(1) Dissert. de Rheumatismo : Thes. Med. Edin- Qurg., p. 3064. |
I! cst remarquable que quoique le Rhumatisme chronique, qui n’est point accompagné de fièvre, se termine souvent par uue érrption universelle de sueurs, ou par d’autres évacuations générales , il se dissipe souvent aussi sans aucune évacuation critique manifeste. | |
Cullen dit (1) que le Rhumatisme chronique , lorsqu'il est parfaitement déterminé (exquisitus ), diffère tellement du Rhumatisme aigu , par sa nature et son traitement, qu'on est fondé à lui donner un tout autre nom , et même si l’on veut, à en faire un autre genre , que Cullen désigne par le nom d'Arihrodynia (2).
VE
Dans le Rhumatisme porté à un. haut degré , il se fait souvent des congestions , et des infiltrations d'humeurs séreuses et lymphatiques dans le tissu des muscles affectés.
Baillou a obseryé dans le cadavre d’un
(1) Gentra Morborum.
(a) D’autres ont donné à ce même état de Rhumatisme chronique, le nom de Rhumatisme scorbutique.
homme qui avoit eu souvent des douleurs de Rhumatisme aux épaules et aux bras, que tous les nerfs et les ligamens ( c'est-à-dire les parties tendineuses } .des muscles qui avoient souffert ces douleurs, étoient infiltrés et pénétrés d'une sérosité visqueuse ( pingui ). Baillou ajoute qu'on a observé la même chose dans d’autres cas semblables.
Drélincourt trouva une humeur gélatineuse concrète au-dessus des muscles , dans un homme qui étoit mort des suites du Rhumatisme. (Clopton Havers confirme cette observation de Drélincourt, par deux cas semblables qu'il a vus , et il ajoute que les vésicatoires appliqués auprès des articulations , sur les parties souffrantes de Rhumatisme , y excitent des vessies pleines d’une gelée épaisse , qui ressemble à une peau dense. On a plusieurs exemples de faits semblables.
Enfin , Cullen a observé aussi que le Rhumatisme est quelquefois suivi d’épanchemens d'un fluide lymphatique (qu'il appelle gélatineux) dans les gaînes des tendons des muscles affectés. Mais il remarque que si ces épanchemens ont lieu souvent , le fluide doit en être communément resorbé, puis-
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qu'il est très-rare que ce fluide forme des t-
meurs considérables ou permanentes. qu'il
faille ouvrir (1).
C'est dans le cas où le Rhumatisme se rap-
proche fort de la Goutte, qu’il se produit
(comme l’a dit trop généralement M. Ponsart ) des nodosités et des ankyloses , qu’on trouve dans les cadavres être formées par ‘une malière vraiment gypseuse , et quil survient quelquefois des hydropisies dans les articulations des membres qu'occupe ce Rhumatisme. |
On a vu aussi dans des cas semblables , les urines charier une matière gypseuse , et les tendons , les membranes, les chairs se ra- -cornir tellement par l'accumulation de cette matière , que ces parties acquéroient la dureté des os. |
On a lieu de croire que dans le Rhumatisme, l'altération du sang empêche l’évolution des parties salines des humeurs , de même quil arrive dans la Goutte. Cette opinion paroît être encore mieux fondée sur
: (a) Storck l’a vu arriver assez souvent dans uné fièvre rhumatique catarrhale, dont il a fait une description que je donnerai ci-dessus.
DES MALADIES GOUTTEUSES, 305 J'analogie , d’après les observations de M. Berthollet sur la Goutte (1), qu'elle n’est établie par les expériences de Baynard qui peuvent s'y rapporter.
En distillant l'urine des personnes attaquées de Rhumatisme, Baynard a trouvé qu'on n’en retire qu'environ la trentième partie de la quantité de sel alkalin que donne la distillation de l'urine des personnes qui sont en bonne santé (2).
VSRE
Il n'est point d'âge ni de tempérament qui ne puissent être sujets au Rhumatisme, Mais cette maladie affecte communément les personnes qui sont encore jeunes, ayant passé l'âge de puberté, et celles qui sont d’un tempérament sanguin.
Vogel a remarqué que les affections rhumatiques occupent généralement la tête, la | poitrine, et les extrémités supérieures chez les jeunes gens; le dos et les extrémités inférieures chez les gens avancés en âge. Vs
(1) Rapportées L 1, n.° xv.
(2) Phil. Tr. Abrig. T. 1, p. 265 ; et Traité 4. Lower, De Corde, cap.
Il a observé aussi, que lorsque le Rhumatisme se porte à l'intérieur, ilaffecte davantage chez les jeunes gens, la tête, la gorge et la poitrine; et chez les hommes plus âgés, les hypocondres, les intestins , les reins et la vessie.
On a assigné un grand nombre de causes sensiblement productives des affections rhumatiques, ét ces causes ont présenté à M. de Sauvages beaucoup d'espèces distinctes de ces maladies. |
M. Cullen (1) a formé des réunions de ces espèces qui avoient cté trop multipliées , : et il a donné à leurs ensembles, la dénomination d'espèces symptomatiques du Rhumatisme. Mais il n'a fait d'ailleurs qu'une espèce idiopathique du Rhumatisme, dont les différentes sortes ne varient que par leurs siéges dans différens muscles.
Je crois qu'il est encore mieux de reconnoître que c’est fort improprement qu'on donne le nom de maladies rhumatiques, aux douleurs produites dans les muscies par le très-grand nombre de ces causes diverses qu'indique M. de Sauvages, et que ces dou-
(1) Genera Morborum.
leurs n'ont ni la marche n:les caractères du Rhumatisme proprement dit.
Entre les causes sensibles du vrai ARhumatisme, on compte spécialement des suppressions des évacuations de sang ,; où nuires qui étoient devenues habituelles, Maïiscla plus générale sans comparaison, est j'application dit
froid qui est conliuaée pondant un certain
temps, suriout celle (d'un: air hiiuide |: 04
qui frappe par un Courant, sur un corps plus échauffé que dans son état ordinaire; ou sur une partie du corps. qui lui est exposée, tandis que Îes parties voisines sont tenues chaudement.
Une condition trop peu observée de cette production de Rhumatisme par le froid, est que la partie qui en est affectée, doit souvent y avoir été prédisposée par une infñrmité relative, dont la cause est inconnue; car il arrive souvent que cette partie est seule frappée entre plusieurs organes, qui se trouvent également exposés à l'action persévérante du même degré de froid.
Le Rhumatisme est beaucoup moins communément produit par la longue durée du froid de l'atmosphère, que par la succession soudaine, ou souvent renouvelée de la froi
dure à de fortes chaleurs. C’est pour cette raison, que le Rhumatisme est rare dans la Laponie et dans l'Amérique septentrionale, et que les attaques de cette maladie surviennent en toute saison , mais plus souvent au printemps, et surtout en automne, comme Sydenham l’a observé.
C'est aussi aux changemens principaux qui se font vers les temps des Solstices dans la température de l'atmosphère, qu'il faut rapporter des faits semblables à celui-ci que j'ai observés. Une fille avoit des attaques violentes, quoique assez courtes, de Rhumatisme, qui revenoient exactement à tous les Solstices d'été et d'hiver, et elle n’en souffroit jamais hors de ces époques.