‹ Traite ́des maladies goutteuses (volume 2)Chapitre 60 sur 81 · LIT · texte numérisé non relu

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Il est certain , d’après l'observation , qu'il existe entre la Goutte et le Rhumatisme des affections intermédiaires qui varient à Finfini. Si le Rhumatisme domine dans ces

(1) Baillou a observé que ceux qui ont souffert deux ou trois attaques de Rhumatisme, s'ils ne prennent un soin particulier de leur santé, échappent difficilement à la Goutte, à laquelle, dit-il, le Rhumatisme les à Æréparés,

affections ; elles appartiennent au Rhumaüsme goutteux, aigu ou chronique. Si la Goutte y domine, elles forment une Goutte rhumatismale, à laquelle la Goutte fixe : suCcède quelquefois.

La Goutte fixe qui succède à la Goutte.

rhumatique , est toujours imparfaite, puisque suivant les observations de Musgrave, elle ne revient point par des périodes réguliers, et que même aucun usage des échauffans ne peut en exciter des attaques régulières qui ressemblent à celle de la podagre.

Musgrave dit aussi que cette Goutte fixe ne produit jamais de tufs dans les articulations. Mais Schroeder a vu qu'il arrive quelquefois qu'après une attaque de Rhumatisme, qui ne dure que trois ou quatre semaines, il se déclare une Goutte qui est suivie de nodus dans les articulations.

M. de Sauvages dit que le Rhumatisme qui précède la Goutte, produit souvent dans les parties musculeuses, des tumeurs oviformes, grosses comme des noix. Je rapporte à cette obseryation celle de Richter qui a vu dans des cas de Goutte compliquée de scorbut , des tumeurs oviformes dans les.

muscles des extrémités inférieures.

Il me paroît que la Goutte fixe qui succède à la Goutte vague rhumatismale, est souvent sensiblement déterminée par. une

® diminution de la surabondance des hüméurs

qui causoient auparavant cette Goutte rhumatismale, en se portant dans les espaces intermédiaires des articulations.

En effet cette succession a lieu chez les personnes sujettes à la Goutte rhumatique ;, lorsqu'elles deviennent plus avancées en âge. :

Musgrave rapporte qu'une Goutte vague qu'on avoit prise pour un Rhumatisme, ayant été traitée par cinq ou six saignées, la Goutte fixe se déclara aux pieds. Dans un autre cas d'une semblable Goutte vague, Musgrave ayant procuré la transpiration en donnant des diaphorétiques, et en retenant le malade au lit, au bout de quatre ou cinq jours, la douleur et la tumeur se déclarèrent aux articulations des doigts.

Il faut distinguer deux sortes de Rhumatismes. L'un est le Rhumatisme aigu, ct l’autre ‘est le chronique. L'un et l’autre ont été bien décrits par Cullen.

Le Rhumatisme aigu qui, le plus souvent affecte en même temps, ou successivement, plusieurs parties du. corps, est quelquefois précédé, et ordinairement suivi d’une fièvre aiguë. Cette fièvre, lorsqu'elle est seulement un symptôme de l'affection rhumatique, est d'un caractère inflammaloire, qui peut être élevé à des degrés trèsdifférens, ce qu'il importe de distinguer pour le traitement. |

Mais il arrive très-souvent que la fièvre qui se développe dans un Rhumatisme aigu, et sur-tout goutteux, nest pas simplement inflammatoire, quelle a d'autres caractères qui lui sont propres, et qui diffèrent suivant Îles dispositions particulières des malades. Les complications de cette fièvre avec l'affection rhumatique, forment alors des espèces différentes, qu'il est nécessaire de distinguer, et dont je parlerai en détail dans le troisième chapitre de ce Livre. |

La fièvre symptomatique de l'attaque du Rhumatisme aigu commence d'ordinaire par “un frisson, auquel succèdent la chaleur et les anxiétés, avec un pouls fréquent, plein et dur. Elle a chaque soir un redoublemens |

accompagné d’une augmentation de violence des douleurs qui se propagent d’une jointure à l’autre. Chez quelques malades, chaque accès amène une sensation frigorifique le long de l’épine du dos, qui se renouvelle’à plusieurs reprises.

Quand on met en mouvement le membre qui est affecté de Rhumatisme, le malade y ressent du refroidissement , et ensuite une douleur plus fâcheuse. Si ce membre est exposé à la chaleur, la douleur. change quelquefois de place, et lorsque le mal est plus considérable, elle s'étend à d’autres parties sans s'affoiblir dans son premier siége.

Dans tous les cas de Rhumatisme , la douleur s'accroît lorsqu'on presse, ou quon agite les parties souffrantes. Le toucher fait sentir dans ces parties une chaleur qui semble être plutôt d'acrimonie qu'’inflammatoire. Le malade y éprouve des variations violéntes du chaud au froid, et des sentimens de pesanteur et de lassitude : il y est enfin affecté d'une impuissance au mouvement, dont la longue durée laisse parfois après elle de l’immobilité dans les articulations.

Lorsqu'une articulation a souffert up

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