‹ Traite ́des maladies goutteuses (volume 2)Chapitre 63 sur 81 · FRAME · texte numérisé non relu

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sans coction, et sans solution critique ( qui

soit propre au genre de l’inflammation 4; L'inflammation rhumatique se rapproche

, Sans doute de l’érysipèle, en ce qu’elle n’est

que très-rârément, où jamais suivie de sup-

puration. (

M. Vogel le fils, pense que dans l’inflammation rhumatique , il faut toujours avoir égard à une certaine matière merbifique , qui se manifeste par un sédiment briqueté des urines, que l’on ne remarque jamais dans une vraie inflammation. Il assure que ce signe unique lui a fait conclure avec justesse dans plusieurs maladies obscures , qu'une matière rhumatique ou goutteuse y étoit une cause agissante ou concourante.

Il y a sans doute de la vérité et de la sagacité. dans ces observations de M. Vogel ; mais le résultat qu'il en tire est trop général : car l’excrétion des urines chargées d'un sédiment briqueté a lieu aussi dans les véritables inflammations, lorsqu'elles sont compliquées avec le scorbut, ou avec des fièvres intermittentes.

Cullen admet que la éause prochaine du rhumatisme aigu paroit être exactement analogue à cellé des ‘inflammations dépen-

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dantes d’un afflux de sang, qui est augmenté ‘vers une partie qui a été exposée à l’action du froid ; mais il ajoute que les fibres des muscles qu'occupe le Rhumatisme, semblent avoir aussi une affection particulière. Il ne détermine point quelle est cette affection. Il dit seulement que ces fibres ont quelque degré de roideur, qui les rend moins mobiles , et qui fait qu'elles ne peuvent être mues sans douleur. |

Mais cette roideur ( présumée par Cullen, à raison de la difficulté des mouvemens des muscles affectés) nest point une rigidité vraie et sensible au tact, dans les cas de rhumatisme aigu où il.n'y a point de gonflement ni de rougeur à l'extérieur. Elle ne l’est pas non plus dans le rhumatisme chronique ( où un semblable gonflement est rare), avant qu'il ne soit survenu une contracture ou un dessèchement manifeste du muscle affecté.

Cullen , qui suppose pareillement dans le rhumatisme chronique, un certain degré de rigidité et de contraction des fibres des muscles affectés , dit que cette rigidité y est jointe avec l'atonte de ces fibres, et celle des vaisseaux sanguins ; atonie quil croit être la cause prochaine du Rhumatisme.

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Mais une rigidité qui est supposée exister , quoiqu'elle ne soit point sensible au tact, ne pouvant être conçue qu'en tant qu'elle est produite par une contraction tonique augmentée des fibres musculaires, semble ne pouvoir jamais être liée ou simultanée avec leur atonie proprement dite.

Je pense que le caractère particulier de l'inflammation dans le Rhumatisme, qui la distingue des autres espèces d'inflammalion , consiste en ce que les fibres musculaires y sont affectées d'une manière plus forte et plus durable que dans l'état naturel, et dans les autres sortes d’inflimmation , de l’action de cette force vivante que appelle force de situation fixe des molécules des fibres douces de mouvemens toniques. |

Cet effort de situation fixe des molécules des fibres enflammées dans le Rhumatisme, ne peut être désigné par le nom de spasme, dans le sens ordinaire de ce mot , auquel on fait seulement signifier un effort de contraction des fibres, qui n’est pas volontaire, ou dans l’ordre naturel des fonctions.

Il ne peut l'être aussi dans le sens du petit nombre de ceux qui voudroient croire (avec Brown ) que le spasme a lieu dans une grande dilatation des fibres, qui n'est pa dans l’ordre de la santé.

Lorsque cette force de situation fixe agit avec un grand effort sur les fibres affectées de Rhumatisme , ces fibres en deviennent d'autant plus sensibles ou susceptibles de douleur. Elles ne peuvent que souffrir alors un tiraillement douloureux, si elles viennent à être tourmentées en même temps par d'autres forces qui tendent à écarter davantage les parties de leur tissu.

Telle est la cause des douleurs qui se font sentir dans les fibres musculeuses qu'occupe le Rhumatisme , par le tiraiilement qu'y cause la contraction volontaire de ces fibres, ou d’autres fibres voisines, comme par l'extension que tend à y produire l'impulsion inflammatoire du sang sur ces vaisseaux , ou une congestion vive des humeurs , ou une forte impression extérieure. \

Cullen dit encore que dans le Rhumatisme, l'affection des fibres musculaires produit des oscillations, qui déterminent l'ex-

tension des douleurs d’une articulation 4 une autre, suivant le cours des muscles. IL péuse qe ces ‘douleurs sont plus vivement senties: dans les extrémités des muscles qui se terminent aux articulations, parce que les oscillations des fibres musculaires ne se propagent point au-delà. |

Mais (d'après ce que jai dit ailleurs) la vraie raison de ce, dernier phénomène paroît être que l'augmentation de sensibilité qui se produit sympathiquement dans tout le muscle affecté, de Rhumatisme , est. beau:

coup plus forte dans ses attaches aux os, qui sont plus tendues, et d’un tissu plus serré, que les autres parties de ce muscle.

Lorsque. les: fibres sont affectées de l'in: flammation rhumatique , le sang a un mouvement moins libre dans leur tissu spougieux , par l'interception des mouvemens toniques variés que ce tissu a dans son état naturel ( mouvemens que Stahl a pleinement développés dans plusieurs endroits de ses ouvrages ).

C'est sans doute cette interception des mouvemens toniques naturels du tissæ des fibres qu'occupe le Rhumatisme , qui fait que les remèdes qui excitent la sueur dans

tete maladie, ne pouvant opérer dans les parties souffrantes , le rétablissement de leurs mouvemens toniques , la peau reste toujours sèche à l'endroit de ces parties affectées (comme il a été dit ci-dessus ).

Cet état des fibres affectées de Rhumatisme établit dans leur tissu comme un nombre infini de ligatures : ce qui me paroît être une des causes de l’état couenneux qu'a le sang qu'on tire aux personnes attaquées de cette maladie.

Simson, pour expliquer la formation de cette couenne du sang qu'on tire dans le Rhumatisme , a fait le premier cette expérience ; que si l’on fait au bras où à la cuisse , une ligature très-serrée qu'on laisse subsister pendant trois où quatre heures , le sang qu'on tire ensuite à plein jet d’uné veine ouverte au-dessous de cette ligature, présente toujours la même couenne que le sang des rhumatiques.

Mais Simson rend mal raison de ce fait, en disant que cette interception de la circulation de sang, en sépare le chyle qui ne lui est pas complètement assimilé , et que

ce chyle reparoît sous sa forme propre, élant seulement rendu plus glutineux par l'effet de la chaleur. Il est superflu de vouloir prouver combien cette couenne du sang est . différente du chyle. ie

Il me paroît que la chaleur soutenue du sang , dont la circulation est gênée dans les fibres et les vaisseaux d’un muscle affecté de Rhumatisme, produit dans ses parties lymphatiques une plus grande disposition à se lier entre elles , et à se séparer des autres parties constitutives de ce fluide.

La chaleur est conservée plus long-temps dans le sang inflammatoire , lorsque dans la saignée on le tire à plein jet, que lorsque sortant avec lenteur, il est d'autant plutôt fixé par son refroidissement. C’est pourquoi il n'arrive que dans le premier cas que ce fluide se décompose ; de maniere que les parties de la lymphe sy attirent, expriment la sérosité, et se séparent du cruor qui se précipite. ï

Mais il est difficile de voir comment cette altération du sang dans le muscle affecté de Rhumatisme se reproduit dans toute la masse.du sang, si cette masse n'est déjà affecfée d’un vice semblable , qui s’y développe

rapidement par la communication , comme sympathique de cette altération d’une de ses. parties. à | Ainsi il me ni que l’état du sang dans le Rhumatisme est un vice de sa mixtion, qui fait que ses parties lymphatiques sont trop liées entre elles, et trop séparées de ses autres parties constitutives.

On voit en quoi l'état rhumatique du sang diffère de son état goutteux. L'un et l’autre intercepte la formation naturelle des humeurs excrémentitielles. Mais dans le Rhumatisme, sil ne participe de la Goutte, ces humeurs ne subissent point au même degré que dans l'état goutteux, une décomposition terreuse. |

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