‹ Traite ́des maladies goutteuses (volume 2)Chapitre 70 sur 81 · TRAME · texte numérisé non relu

TRAME

L'expérience dit que l'opium est le plus souvent un palliatif équivoque des douleurs de Rhumatisme , et que lorsque son action vient à cesser, ces douleurs se renouvellent dans la même partie, ou dans d’autres avec autant ou plus de violence.

Sydenham a observé en général, que lorsqu'on use des narcotiques dans cette maladie , il faut y répéter plus souvent les saignées.

Il est à craindre aussi que Fopium ne détermine le transport du Rhumatisme sur le cerveau ou les poumons, qu'il n augmente l'échauffement en resserrant le ventre, etc.

Cependant il est nécessaire d’ordonner l'opium dans le Rhumatisme aigu, lorsque des souffrances excessives , et une insomnie constante menacent d'épuiser les forces , ou lorsqu'on est fondé à juger que des sueurs critiques sont arrêtées par la trop grande violence des douleurs, et par les spasmes que ces douleurs produisent.

La fièvre d’un genre inflammatoire est un autre élément du Rhumatisme aigu ; mais en général elle y dépend uniquement de la fluxion et de la douleur. C'est pourquoi en suivant la méthode analytique du traitement de ce Rhumatisme (lorsqu'il n'est pas

vague ou goutteux ), on ne doit pas se proposer de combattre cette fièvre symptomatique par des remèdes qui lui soient directement relatifs.

Cette fièvre purement symptomatique du Rhumatisme aigu , est en général suffisamment combattue par les remèdes qui ont été indiqués pour le traitement de la fluxion rhumatique , et par un régime sévère.

Pendant les premiers temps et l’état du Rhumatisme aigu , il faut réduire les malades à une diète fort tenue, leur donnant pour toute nourriture du bouillon de veau léger , ou du petit-lait, etc. Ce régime peut suppléer aux saignées dans les sujets foibles et irritables qui ne sauroient supporter ces évacuations répétées.

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Quand la fluxion et la fièvre rhumatiques.

ont été fort diminuées , en suivant la méthode analytique qui a été indiquée , il faut passer à une méthode naturelle, dans laquelle on se propose d'exciter, d'aider et de compléter les évacuations salutaires que la nature affecte sensiblement , et qui tendent à la solution du Rhumatisme aigu.

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Si dans les temps avancés du Rhumatisme aigu les forces sont très-languissantes, en méme temps quil y a des signes de la coction des humeurs, comme un sédiment dans l'urine, ou bien une éruption imparfaite de sueurs qui paroissent pouvoir être critiques, il faut avoir recours au quinquina.

Thompson a toujours trouvé qu'alors ce remède abrége beaucoup la durée de la maladie , surtout lorsqu'en même temps l'humidité domine dans l'atmosphère.

On voit que Cullen a dit trop généralement que le quinquina ne convient dans le Rhumatisme aigu que lorsque la diathèse phlogistique étant déjà fort diminuée , les exacerbations de la maladie sont manifestement périodiques , et séparées par des rémissions considérables.

Il est d’ailleurs évident , que lorsque la fièvre symptomatique du Rhumatisme aigu prend le type d'une fièvre intermittente, ou rémittente régulière , il convient d'y donner le quinquina immédiatement ; et on l'a irouvé alors très-utile , même dans quelques cas où d'abord pendant un ou deux jours , il paroissoit ävoir aggravé le mal.

M. Quarin dit qu'il n’a point trouvé dans

les affections rhumatiques de remède plus puissant que le rob de sureau qui, étant pris de trois à quatre onces par jour, résout les humeurs sans causer d’agitation , et dispose le corps aux évacuations par les selles , les urineset la transpiration.

L'opium peut être combiné très-utilement dans les temps avancés du Rhumatisme aigu, avec des remèdes qui procurent différentes évacuations auxquelles la nature est disposée. |

J'y ai obtenu les effets les plus heureux de l’opium joint au camphre. M. de Villiers (1) donne pour remède principal du Rhumatisme aigu , après les remèdes généraux , une combinaison d'esprit de mindérérus et d'opium.

La poudre de Dover, où lopium est joint avec l'ipécacuanha , a eu des succès marqués dans le Rhumatisme aigu. Une combinaison analogue et qui me paroît digne de remarque , forme la poudre rhumatique-anocdine dela Pharmacopæa Pauperum de Prague, où l'opium est joint au tartre émétique, et à la racine de valériane sauvage.

(1) Médec. de Londres, p. 128, Not.

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