‹ Traite ́des maladies goutteuses (volume 2)Chapitre 71 sur 81 · TRAITÉ X I X · texte numérisé non relu

TRAITÉ X I X

Des diaphorétiques actifs des plus convenables lorsque la nature est susceptible de leur action salutaire, sont diverses préparations d’antimoine , et particulièrement le vin stibié donné à gouttes ( suivant la pratique recommandée par Huxham ).

I n’est pas inutile de remarquer que les sueurs qu'on procure dans le Rhumatisme | aigu , pour être utiles , doivent être chaudes, haliteuses et universelles. Car ( comme l'a observé Dillon } la sueur visqueuse et froide qui humecte souvent la surface du corps dans cette maladie, est ordinairement trèsbornée dans ses effets , et ne soulage presque jamais les symptômes.

Sydenham avoit proscrit l’usage des sudorifiques dans le Rhumatisme aigu. Il en donnoit pour raison que lorsque ce traitement ne réussit point , il augmente l’inflammation , et qu’il est difficile de ménager une sueur convenable, de manière que le ma- Hide ne soit point exposé à souffrir du froid , ce qui aggrave fort son mal. Mais cela ne prouve que la nécessité des précautions qu'il faut prendre, et du choix qu'il faut

DES MALADIES GOUTTEUSES, 33% faire des temps et des moyens d’administration des sudorifiques dans, cette ma:

ladie. or, Ainsi les bains chauds qu’on à conseillés dans le Rhumatisme aigu doivent être pris non-seulement avec le soin nécessaire pour éviter tout refroidissement, mais encore ils n'y sont assez sûrement placés, que lorsque la nature est devenue susceptible de mou:

vemens salutaires de diaphorèse, c’est-à-dire , après que la fièvre rhumatique est tombée , et lorsque le relâchement a commencé. Il faut aussi prendre garde qu'il n’y ait point de tumeur des articulations qu’on doive craindre de rendre œdémateuses. ;

Avec ces conditions, les bains ou demibains tièdes qu’on a fait précéder des remèdes indiqués dans les divers cas pour la fluxion et l'inflammation rhumatiques , excitent chez les malades qui y sont disposés des sueurs abondantes et soutenues qui soulagent les douleurs de Rhumatisme les plus cruelles ; et peuvent même dissiper cette maladie.

Il paroît que c'est faute d'avoir connu eë distingué les méthodes suivant lesquelles on peut administrer utilement les diaphorétiques actifs dans les temps avancés du

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Rhumatisme aigu, que Pringle a trouvé que les sueurs n'y avoient jamais été utiles.

Le célèbre Ant. Petit a dit avec juste raison que le moment le plus favorable pour purger dans le Rhumatisme aigu est quand la fièvre diminue, quand la langue se charge, et qu'il paroït de la moiteur ( ce qui indique un mouvement général d’excrétions critiques ). C’est dans ces circonstances qu'on à vu un cours de ventre spontané, mais médiocre, être singulièrement utile. |

En considérant cette utilité des purgatifs, surtout dans ce cas de tendance générale aux excrétions critiques, on voit que Dawson a très-bien conseillé de donner la teinture volatile de gomme de gaïac dans le Rhumatisme inflammatoire après les évacuations générales, lorsque les symptômes ayant paru tendre vers la crise, elle vient à manquer.

Il assure que ce remède qui purge, excite - les sueurs et rend les urines troubles, dissipe en peu de jours les douleurs les plus cruelles du Rhumatisme. La principale vertu

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de cette teinture paroît étre dans son effet purgatif qui la rend d'ailleurs ( suivant la remarque de Fotheroill } un remède particulièrement approprié dans le Rhumatisme des malades qui ont le ventre resserré.

Dawson donne matin et soir une demionce de teinture volatile de gaïac dissoute dans un jaune d'œuf avec de l'eau d'orge et du sirop. Mais cette dose paroît être beaucoup trop forte. Il convient de la réduire, pour qu'elle ne purge pas avec excès. C'est ce qu'il faut d'autant plus observer, qu'une forte diarrhée aggrave le Rhumatisme quand il est violent et très-étendu (ainsi que l'a remarqué Cullen ).

M. Tissot a observé que le Rhumatisme se termine quelquefois par des dépôts ou des éruptions, dont il faut craindre d'arrêter ou de réprimer les mouyemens critiques.

Il se forme alors parfois dans le voisinage des parties souffrantes un abcès, et d’autres fois une espèce de gale dont l'éruption dissipe les doulcurs, et peut durer plusieurs.

semaines. Îl survient aussi quelquefois un dépôt d'une matière âcre sur les jambes où

340 AURAS E | elles forment des vessies qui s'ouvrent ct dégénérent en ulcères dont la cicatrisation . trop prompte renouvelleroit aussitôt les douleurs, et qui se sèchent d'eux-mêmes par le moyen dune diète très-sobre, et de quelques purgatifs. ir

Les personnes qui ont été attaquées de Rhumatisme aigu, pour se garantir des rechutes, doivent éviter pendant long-temps.

de s’exposer au froid et à l'humidité. Leurs forces épuisées par la maladie et par un régime sévère doivent être réparées par un usage convenable d’alimens qui soient d’une facile digestion. Si on peut craindre que cet épuisement namène Ja consomption, on aura recours à l'usage du lait joint à celui du quinquina et d'autres remèdes analogues.

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