‹ Traite ́des maladies goutteusesChapitre 104 sur 116 · CLIT · texte numérisé non relu

CLIT

Dans toute complication semblable de lésions goutteuses du cerveau et de l'estomac, on doit se proposer de remplir les indications Ssuivantes , en observant les rapports. combinés qu'elles ont entre elles.

go TRAITÉ

1.0 La Goutte produit alors habituelleiment dans le cerveau ; et les origines du système des nerfs, ün état de stupeur et d'affoiblissemént extrême; mais cette foiblesse est toujours accompagnée d'üné grande susceptibilité d’irritation , qui peut déterminer les affections convalsives les plus graves.

Cet état habituel du cerveau indique des nervins , tels que la valériane ; aussi bien que des excitans modérés, tels que les plantes anti-scorbutiques et de légers diaphorétiques ; mais il ne faut point donner alors des excitans , ni des diaphorétiques trèsactifs, qui, dans cet état de langueur nerveuse, pourroient former une congestion dangeréuse du sang et des humeurs vérs la tête. | |

Lorsque dans cet état du cerveau il survient uné attaque violente d'affection épileptique ou autre convulsive, il faut , lorsqu'on l'a dissipée , s'occuper de remédier aux suites que cette attaque a dû laisser après elle. La plus ordinaire de ces suites est un dérangement permanent de la circulation du sang dans les vaisseaux du cerveau. Ce désordre amène un engorgement de ces vaisseaux, qui indique l'application des sangsues

DES MALADIES GOUTTEUSES. 7x

à la tête, et en même temps au fondement ou aux pieds , et l'usage assez continué de l'infusion de fleurs d’arnica. ï

2.° La Goutte produit alors dans l'estomac un état habituel de foiblesse dominante, qui indique des stomachiques aromatiques et amers d'une activité médiocre. |

Mais dans cet état il survient souvent des symptômes d'irritation vive, comme sont des nausées, des coliques d'estomac , des in- -somnies , etc. On doit toujours craindre d’exciter de semblables symptômes, par l'abus des remèdes amers et autres stomachiques.

5.° Dans cette maladie compliquée, une difficulté principale du traitement naît de l'opposition qui peut exister entre l'état d'atonie qui domine dans l’un des viscères affectés , tandis que l’autre viscère est dans un.état d'irritation dominante.

Ainsi , lorsque des symptômes d'irritation violente surviennent à un estomac goutteux, et qu'ils coïincident avec l'affoiblissement constant du cerveau, il faut s'abstenir des narcotiques qui seroient d'ailleurs indiqués par ces symptômes. ù

Sydenham paroît avoir senti cette exception , et l'a marquée d’une manière géné-

rale (1). Lorsqu'il prescrit le laudanum

dans la rétrocession de la matière de Ja

podagre , quise porte tout-à-coup à l'estomac, et qui menace de mort prochaine , il donne comme une restriction essentielle à ce conseil, que la Goutte ne porte pas en même temps à la tête, ou sur d'autres organes principaux.

Quand une fluxion forte et continuée tient le cerveau dans un état habituel d’irritation vive, qui cause la céphalalgie et d'autres affections de la tête , et qu’en même temps l'estomac est dans un état extrême de langueur , les remèdes fortement évacuans des premières voies, qui pourroient être indiqués pour faire révulsion de la fluxion sur le cerveau , sont contre-indiqués par j foiblesse de l'estomac.

Ces purgatifs énergiques ne peuvent alors { ainsi que dans des cas plus simples de Goutte de l'estomac, dont j'ai parlé ci-dessus (2) ) être appropriés pour cet état de l'estomac,

par leur combinaison avec des cordiaux

(1) Oper, p. 527.

(2) Au n.° xxxvn de ce livre.

DES MALADIES GOUTTEUSES. 474 actifs , qui aggraveroient la fluxion du sang vers la tête.

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Je passe aux indications de l'état goutteux qui est commun au cerveau et à l'estomac , lorsque l'état qui lui est joint, ou d'irritation , ou de foiblesse dominante , est le même dans l’un et l’autre viscère.

4° On doit combattre l'affection Su euce !

du cerveau et celle de l'estomac par les remèdes qui sont résolutifs de l’état goutteux, dans les solides et dans les humeurs.

On assure le succès de ces remèdes antigoutteux, en leur combinant des remèdes qui excitent les excrétions naturelles au degré nécessaire pour évacuer sans danger une grande partie de l'humeur goutteuse qui engorge l'estomac, le cerveau et les nerfs, etc.

Dans cette vue , il faut entretenir assidüment une assez grande liberté du ventre, par le moyen des lavemens et des laxatifs ; employer avec persévérance des diaphorétiques appropriés ; ordonner des bains tempérés, des frictions prolongées, en allant de la tête aux pieds , etc.

1 peut être particulièrement ayantageux

474 (AUD UROA ES de soutirer des humeurs goutteuses , dont il se fait une congestion habituelle sur les origines des nerfs, par l'application d’un vésicatoire à la nuque, dont on entretient l'écoulement avec soin , et auquel on fait succéder un cautère établi au même endroit. ; | 5° Avant quon n'ait satisfait aux indications précédentes , il séroit nuisible, sous plusieurs rapports, de vouloir exciter par:

des remèdes internes , la formation de la Goutte aux articulations des extrémités.

Dans les temps avancés du traitement, et lorsque la nature paroît être devenue susceptible de la formation de la Goutte aux articulations , 1} faut insister sur les remèdes internes et externes qui peuvent dé: terminer ce mouvement salutaire.

Il est à observer que le choix des topiques attractifs qu'on doit alors appliquer aux extrémités, peut être rendu plus diffcile par l'opposition qui peut exister entre les états, ou de foiblesse, ou d’irritation dominante , dans fun et l'autre viscère gout: teux. |

J'ai cru d'autant plus utile de donner dans

un grand détail cet exemple des méthodes analytiques de traitement, qui conviennent aux complications d'affections goutteuses dans différens viscères, que j'ai observé, surtout à Paris, plusieurs complications analogues , et que je n'ai trouvé dans aucun auteur des préceptes , ni des exemples qui puissent diriger le traitement de ces maladies compliquées , qui est toujours très-difficile.

J'ai vu plus d’une fois que ces maladies que formoient des combinaisons d’affections goutteuses de différens viscères , avoient un cours et des symptômes funestes, si ressemblans à ceux des maladies causées par un poison leht, qu'on étoit généralement disposé à les imputer à cette cause.

Mais ce soupçon odieux n'étoit fondé que sur de fausses apparences. Ces maladies goutteuses compliquées sont graves et obscures à tel point, que quoiqu'à la rigueur elles puissent être susceptibles de guérison, elles doivent communément se terminer par la mort.

Les médecins sont trop rarement appe-

és pour traiter une semblable maladie,

avant qu'elle ne se soit portée à ce degré extrêéme, où ses progrès, devenus trop rapides, ne laissent plus le temps qu’exigeroit son traitement méthodique. |

Mais quand même ils peuvent disposer de tout le temps nécessaire pour traiter cette maladie dans toutes ses variations successives ; ils manquent le plus souvent de lumières assez étendues pour pouvoir embrasser , mesurer et remplir toutes les diverses indications des affections élémentaires de cette maladie.

La cause de cette insuflisance doit être rapportée sans doute en partie à l’imperfection actuelle de l’art même, mais surtout à ce que la nature a mis des bornes , toujours étroites et toujours variables, à la sagacité et à l'attention des hommes les plus éclairés.

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