‹ Traite ́des maladies goutteusesChapitre 103 sur 116 · IL · texte numérisé non relu

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Goutte. Dans ces sujets , cette extension de la Goutte interne survient d'autant plus facilement lorsqu'il a précédé des affections simples de Goutte interne, qui n'ont point été bien traitées, ou qui n'ont été qu'imparfaitement résoutes par la nature.

Les affections goutteuses des différens viscères étant réunies dans un même sujet , forment l'ordre le plus élevé de complication des maladies goutteuses. Ces complications sont très-difficiles à traiter, et l'issue en est le plus souvent mortelle.

Une observation attentive m'a fait voir que les traitemens qui jusqu'ici ont été employés communément dans ces cas, ont été en général sans succès , ou même sensiblement nuisibles. à

La méthode analytique du traitement de ces affections goutteuses compliquées , pour être bien déterminée dans chaque cas, exige, 1. qu'on reconnoisse et distingue avec précision toutes les indications principales que ce cas présente ; 2.0 qu'on estime le plus exactement possible les rapports, ou perpétuels , ou successifs, que peuvent avoir l'importance et l'urgence respective de ces indications.

Lorsqu'on s’est bien fixé sur ces connoissances préliminaires , la méthode analytique du traitement qui convient à ces affections goutteuses compliquées , consiste essentiels lement à employer, combiner, et faire varier les divers moyens qui doivent satisfaire a toutes les différentes indications que ren: ferme chaque complication semblable , suivant les rapports de dominance qu'elles ont entre elles (1).

L'exemple suivant me paroît propre à rendre cette docirine sensible, et à développer les applications qu'on doit en faire. Je vais rapporter l'histoire d'un malade que j'ai vu périr d’une semblable complication d'affections goutteuses dans différens viscères ; et jexposerai ensuile le plan de la méthode analytique de traitement que je crois qui auroit pu sauver la vie de ce malade , si elle avoit été suivie convenablement pendant le temps nécessaire.

(1) Voyez ce que j'ai dit ci-dessus (n.° xxvir de ce livre ) sur le principe général , auquel je crois qu’on . doit rapporter les méthodes de traitement des maladies compliquées.

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Un homme d'une forte constitution , étant âgé d'environ cinquante ans (qui étoit l’âge auquel son père et d’autres personnes de sa famille avoient péri d’apoplexie , ou d'autre cause de mort soudaine ) , eut une attaque de Goutte anx pieds extrêmement violente, mais qu'on put regarder comme avortée d'autant qu'elle ne forma ‘ qu'un seul accès qui dura environ trente-six heures.

Cet homme qui étoit d’un tempérament sanguin, et dont le régime étoit fort échauffant , étoit habituellement livré à de fortes contentions d'esprit , et tourmenté par de grandes agitations de l’âme.

Peu de temps après son accès de Goutte ; il eut une attaque d'épilepsie qui fut manifestement déterminée par un écart de régime extraordinaire. À la suite de cette attaque :ïl lui resta un grand affoiblissement dans tout le système des nerfs, qui ne pouvoient qu'être fortement affectés par la disposition goutteuse.

Il fut depuis , continuellement travaillé de plusieurs symptômes d'une grande altération des fonctions de l'estomac, comme perte d’ap-

DES MALADIES GOUTTEUSES. 469 pétit , dérangement perpétuel des digestions ; cardialgies fréquentes, etc., et d'autres symptomes d’une lésion grave du cerveau, tels que maux de tête, étourdissemens , difficulté des opérations de l'intelligence , et langueur extrême de tous les mouvemens du corps.

Ces affections se continuérent pendant quelques mois, avec des variations relatives aux divers succès du traitement qui fut em- . ployé , et l’état du malade paroissoit s’améliorer , lorsqu'il eut ( par l'effet d’une cause morale ) une nouvelle attaque d'épilepsie dans laquelle il périt brusquement.

La méthode de traitement qui convenoit dans ce cas compliqué, ne peut être suivie que très-imparfaitement , à raison des obstacles multipliés qu'y mirent les circonstances. Je vais tracer cette méthode que je crois qu'on eüt dü suivre avec persévérance dans cette maladie. |

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