CHAPITRE QUATRIÉÈME
Du traitement du Rhumatisme chroniques:
J E divise ce Chapitre en deux Articles ; dans lesquels je considérerai séparément le traitement du Rhumatisme chronique par les remèdes internes et par les remèdes externes. :
ARTICLE PREMIER, Du Traitement du Rhumatisme chronique:
par des remèdes internes.
+ X X L Dans le Rhumatisme chronique , les mou= *emens de la nature sont beaucoup troÿ | He À
2 CPR ATUUÉ foibles et trop tardifs, pour qu’on doive se proposer de le traiter par des méthodes naturelles. 5 de Les méthodes de traitemens analytiques me conviennent pas non plus dans le Rhumatisme chronique , parce que les élémens qu'on reconnoiît sensiblement dans la composition de ce Rhumatisme, qui sont la fluxion , la fièvre , et la douleur , y ont trop peu de dominance, du moins constante , pour que le succès de leurs traitemens particuliers puisse influer essentiellement sur la guérison de la maladie entière. |
Ainsi dans le traitement du Rhumatisme chronique , on est réduit à employer des méthodes de traitement empiriques. Telles sont:
1.0 Des méthodes perturbatrices , qui suspendent et dissipent l'affection rhumatique locale, par un grand changement qu'introduisent des évacuans révulsifs qui agissent sur des parties du systéme éloignées du siége du Rhumatisme : à
2.0 Des méthodes spécifiques , qui emploient des remèdes . spécialement appropriés contre l'état rhumatique des humeurs et des solides, état qui est principalement marqué dans les parties affectées.
Premièrement , entre les méthodes empiriques du traitement du Rhumatisme chronique , qui sont perturbatrices , et qui procèdent par la voie des fortes évacuations ; il faut d’abord exclure celles qui sont trop hardies et trop souvent dangereuses.
De ce genre est la méthode que pratiquoit M. Uffroy, médecin à Sette , et qu'on a publiée sous son nom. Il assuroit avoir guéri un grand nombre de rhumatismes, en faisant tirer au malade dans un jour et demi, une vingtaine de livres de sang , et le mettant ensuite à la diète blanche.
Ces saignées excessives peuvent sans doute forcer la résorbtion du sang qui engorge les parties affectées , et faire cesser leur état rhumatique. Mais il est à craindre , surtout chez les personnes qui ne sont pas extrêmement robustes , que de telles saignées n’excitent une fièvre continue pernicieuse (1).
Cet effet peut être produit, non-seulement (comme dit l’Auteur même } en attirant la pourriture des premières voies dans la masse du sang , mais encore par un grand
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(1) Voyez la dixième observation du traité de M. Uffroy , publié par M. Bruhier,
“ f, TRAITÉ | nombre d’altérations qui peuvent résulter de cette spoliation de la partie rouge du sang , et par les suites de la commotion générale que doivent causer ces saignées.
Il faut aussi regarder comme une méthode souvent hasardeuse, celle que Morton a dit lui avoir souvent réussi, et dans laquelle il n’employoit que les émétiques répétés pour dissiper le Rhumatisme.
Musgrave assure qu'il parvint à détruire radicalement un Rhumatisme grave et trèsdouloureux, dans un homme fort, en lui faisant prendre quatre jours de suite, de l'infusion de safran des métaux, qui le fit toujours vomir avec facilité. Mais il ajoute avec raison, quil n'a garde de proposer comme d'un usage général, ce traitement qui convient à peine à un malade sur cent.
XIXUX Lil.
La saignée est en général indiquée dans le Rhumatisme chronique, lorsqu'il y a pléthore. Cependant il est alors beaucoup de cas , où il suffit de tirer du sang par l'appli> cation des sangsues, ou au-dessus des parties affectées , ou auprès de celles qui ont été le
siége d'une hémorragie habituelle réceimment supprimée.
Les purgatifs modérés sont souvent utiles | dans le Rhumatisme chronique , à raison d’une complication qui l’aggrave, d'état ou gastrique , ou bilieux dans les premières voies. Si la matière bilieuse est turgescente, il faut d’abord donner un émétique à assez forte dose, et prescrire ensuite autant qu'il sera indiqué , des purgatifs salins et rafraichissans. À
Mais les purgatifs énergiques sont plus , généralement utiles dans le Rhumatisme chronique , lorsqu'on en répète l'usage de manière à leur faire produire une perturbation constante, C’est sans doute à cet effet, qu'il faut rapporter le succès qu'a eu souvent dans ce Rhumatisme l'électuaire caryocostin (auquel Mead substitue l'Electuarium
é scammonio , qui en est une réforme) (1).
(1) M. Tudescq employoit avec succès dans les Rhumatismes, soit universels , soit partiels ( qui sont fort communs à Sette ), l’électuaire caryocostin , dont il faisoit prendre pendant trois ou quatre jours de suite une once et demie tous les matins. Il a dit que cette
dose qui pouvoit paroître exorbitante, assurait à ce