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Secondement, la seconde sorte de Goutte des viscères qui est consécutive de la Goutte des articulations, est celle que produit une autre maladie ou affection yicieuse interne , qui détermine les humeurs ou les mouvemens de la Goutte, à se porter sur un viscère que sa foiblesse relative dispose particulièrement à les recevoir.
Entre ces affections qui sont des causes déterminantes de la Goutte des viscères , on peut compter les effets des narcotiques donnés imprudemment quand la Goutte occupe les articulations.
Galien a observé (1) que la thériaque, prise dans une attaque de Goutte , empêche
(1) Lib. de Theriac. ad Pison.
DES MALADIES GOUTTEUSES. 320 les humeurs de se porter aux pieds, mais qu'elle cest cause que leur fluxion errant dans tout le corps , le poumon les attire facilement , ce qui produit la suffocation du malade. Galien explique d’une manière hy- -pothétiqne , ceite attraction, opérée par le poumon. Mais le fait même a lieu souvent, et Mercetus dit qu'il en a vu l'expérience sur plusieurs malades.
Lorsque dans un sujet qui a déjà eu des attaques de Goutte, l'humeur goutteuse qu'une cause interne détermine à se fixer sur les viscères, est seulement retenue dans le sang, et que dans l'invasion ou dans le cours de cette espèce de Goutte interne, ül n'y a point de Goutte présente dans les articulations, ou qui en ait manifestement rétrocédé, la nature goutteuse de cette affection des viscères est généralement diflicile à reconnoître. On ne peut s’en assurer que par un calcul fait avec sagacité, d'après les divers élémens que je vais indiquer.
On est d'autant plus fondé à présumer
qu’ une maladie interne qui survient à um goutteux, est de nature goutteuse, quoi-
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qu'il n'y ait ni concours , ni rétrocession de la Goutte aux articulations ;
10 Lorsquil a précédé immédiatement auparavant , une longue interruption des attaques de Goutte , qui étoient habituelles chez le malade , et lorsque cette maladie se déclare vers une époque correspondante à celles où avoient lieu ces attaques de Goutte ;
2 Lorsque la constitution épidémique de l’année , €t la saison présente , sont favorables à la production des maladies goutteuses et rhumatiques ;
3 Lorsque cette maladie résistant aux remèdes ordinaires dans celles de son genre, qui ne sont pas gouiteuses , ses symptômes graves sont fort ii dans leur succession, par rapport à ceux des maladies du même genre chez des sujets non-goutteux.
Il est encore à remarquer, pour le diag- .
nostic de la nature goutteuse de ces maladies internes, que l'estomac et les intestins sont de tous les viscères , ceux que la Goutte occupe le plus souvent. Cela tient probablement à ce qu'ils sont les plus affectés dans le travail de la formation des attaques de Goutte aux articulations. |
On doit aussi porter une attention particulière à reconnoître les divers effets morbifiques que la Goutte qui occupe les viscères, produit le plus communément, suivant les différences des âges des malades.
Il est utile pour cette fin de ne pas perdre de vue les observations suivantes de Stahl, que j'ai déjà rapportées dans l’histoire de la Goutte des articulations.
Stahl a observé, en général, que les hommes que la podagre attaque lorsqu'ils sont encore jeunes , et qu'elle fait périr avant la vieillesse, succombent le plus souvent à des maladies inflammatoires ou hémorragiques, tandis que ceux qui ne sont pris de la podagre que dans un âge mür, périssent communément, dans un âge plus avancé, d’apoplexie ou de paralysie, d’hydropisie ou de marasme. |
Il est quelquefois des maladies survenant à des sujets goutteux, où l'on peut être induit en erreur par les fortes apparences que ces maladies sont dépendantes de la Goutte qui tend à se porter sur les articulations. |
Dans plusieurs de ces maladies, l'humeur de Goutte n'est Le fixée dans üun seul:
viscère , mais elle est à peu près uniformé-! ment répandue dans tout le corps, de sorte . qu'elle peut être convenablement traitée par, les seuls évacuans.
Grant en a donné un exemple remarquable dans l’histoire suivante (1).
Un sexagénaire robuste avoit été sujet, depuis plusieurs années, d’abord à la Goutte, et ensuite à la gravelle, Ayant perdu l'appétit, et étant rendu sensiblement plus pesant, il fut pris tout-à-coup de divers symptômes de tension et de plénitude dans le basvéntre et dans la tête, et son pouls devint si obscur, qu'on ne le sentoit nulle part.
Grant guérit parfaitement cé malade par des purgations assez fortes et long-temps répétées, et sa maladie ne fut + ans suivie d'un accès de Goutte.
Grant demande avec raison, si dars la supposition: que la Goutte qui étoit portée sur les viscères étoit retirée des articulations, au lieu des émétiques et des purgatifs
(x) Some observations on the Atrabilious Tenperament and Gout, p. 32-3.
on eùüt cmployé des vésicatoires et des cordiaux échauffans , on n’eüt pas confirmé les embarras dans les viscères, et amené ( probablement ) une apoplexie mortelle ?