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Il est certainement des cas de Goutte anomale ou interne, dans lesquels la fièvre excitée par des médicamens échauffans peut produire des effets heureux, que ! MHCete en a espérés trop généralement.
Entre ces cas sont ceux où l'affection du viscère attaqué par la Goutte produit une diminution très-considérable des forces de tout le système, et où la langueur est manifeste dans les fonctions de tous les organes.
L'état du malade, dans ces cas, est entièrement opposé à celui qui a lieu dans lattaque régulière de Goutte, où l'on observe tous les signes d’un effort général et d’un travail plus ou moins intense de la nature; agitation du sang, vitesse du pouls, chaleur vive et quelquefois trés-forte, etc.
Les remèdes cordiaux et autres qui excitent la fièvre dans des cas où les forces de
DES MALADIES GOUTTEUSES. | 195 tout le corps sont languissanies, en renouvelant un état semblable à celui qui exisioit auparavant chez le malade, lorsqu'il avoit la Goutte régulière, invitent la nature à reproduire cette Goutte qui accompagnoit cet état, ou qui faisoit la crise.
On sait que pour renouveler une maladié habituelle, rien n'est plus efficace que de ‘rétablir la nature dans des circonstances semblables à celles où élle avoit coutume de produire cette maladie.
Ainsi la pratique de Musgrave peut étré née de l'intention d’imiter le procédé de la nature dans les attaques de Goutte régulieres; mais cette méthode empirique imitative, où l'on se propose d’exciter et d’entretenir une fièvre artificielle, qu'on ne peut néanmoins graduer assez sûrement, est trop souvent incertaine et dangereuse. Elle lest surtout, lorsque la nature n'a point sensiblement de tendance à rapporter la Goutte des viscères sur les articulations précédemment affectées.
Musgrave a conseillé aussi dans beaucoup de cas de la Goutte anomale ou interne, de donner des purgatifs actifs, comme étant des remèdes propres à exciter une révolu-=
396 TR AIDÉ tion qui pousse la Goutte aux articulations.
D'autres auteurs. ont adopté cette vue de Musgrave, d'après laquelle Mead a conseillé -dans la Goutte interne, des purgatifs qui soient plus échauffans qu'évacuans ( calidiora, dit-il, quæ non vehementer ventrem moveant ).
. Mais ces purgatifs forts ne peuvent produire par eux - mêmes qu'une excitation aveugle qui porte les mouvemens de la Goutte aussi bien à l'intérieur que sur les articulations. | Cette vue, qui est certainement trop vague, a pu être suggérée à Musgrave par des faits tels que ceux qu'il dit avoir. observés : que des attaques de Goutte, qu'aucune autre cause manifeste ne déterminoit, sont survenues ou d'abord après le travail de l'accouchement ou immédiatement après. des vomissemens qui étoient faits ayec de grands
efforts.