partie de cette matière hors du corps par des
(1) De Arthritide Anomalà , cap. 1 , n.° xu.
192 TR AU MTE | évacuations convenables, et aider la nature à en porter une autre partie sur les articulations, en employant des remèdes excitans internes el externes.
Ce principe, quelque spécieux qu'il paroisse , est vague, absolument insuffisant, et très-souvent dangereux dans les traitemens de divers cas de Goutte interne.
C'est ce qui sera rendu manifeste, par l'exposition des diverses méthodes de traitement qu'il faut suivre dans les diverses espèces de la Goutte interne.
Musgrave a fait de ce principe vicieux des applications encore plus vicieuses, d’après les fausses idées qu'il a eues sur la manière d'agir , et sur l'emploi qu'on doit faire des remèdes martiaux , et des autres excitans, qu'il conseille pour porter aux articulations la Goutte fixée à l'intérieur.
Musgrave émploie très-généralement dans la Goutte anomale , les martiaux et les cordiaux, dans la vue d’exciter la fièvre, et il pense que cette fièvre doit porter la Goutte sur les articulations, après qu'elle a resorbé le miasme arthritique fixé dans les membranes de l'estomac, ou d’un autre viscère.
Il a peut-être formé cette vaine opinion,
DES MALADIES GOUTTEFUSES, 193 d’après quelques cas, où il a vu l’usage de ces seuls remèdes, suivi: du retour de la Goutte aux articulations ; retour auquel la nature étoit sans doute d’ailleurs prochai- .nement disposée. | | 5 La pratique fondée sur cette théorie est évidemment dangereuse. On ne doit point avoir en vue d'exciter la fièvre par ces re-. mèdes ; car la fièvre , par elle-même , ne peut que pousser l'humeur morbifique goutteuse, comme toute autre humeur dans les vaisseaux des viscères affectés ou autres , aussi bien que dans ceux des parties ligamenteuses et autres voisines des articulations , et l'on doit toujours redouter les suites de ces impulsions équivoques et indéterminées.
Il n’est pas douteux que les martiaux et les autres remèdes échauffans que Musgrave ordonne pour cette fin dans la Goutte anomale, n'y soient très-souvent uliles. Mais ils ne peuvent l'être assez sûrement , que lorsqu'on règle leur emploi suivant les vraies méthodes du traitement de la Goutte interne, dans lesquelles on détermine quand on doit se proposer de pousser la Goutte ‘aux articulations des extrémités.
L'on doit reconnoître en général que la JL, 415
fièvre qui peut être excitée par des remèdes échauffans, n'est sûre et avantageuse, qu'à proportion de ce que la fluxion de la Goutte interne est affoiblie, et de ce que la nature est sensiblement disposée à portier la Goutte aux articulations.