LU TIRE AN EME
percussion ou la rétrocession de la Goutte sont simples, leurs élémens sont, la fluxion qui fixoit la Goutte sur les articulations qui est affoiblie, et qu'il faut rendre dominante, la fluxion qui porte la Goutte sur le viscère affecté, la perte des forces dans les organes nécessaires à la vie, qui est déterminée par les efforts simultanés et inégaux que fait la nature pour soutenir ces deux fluxions en sens contraire, l’état simplement goutteux du viscère affecté, et l'affoiblissement de tous les systèmes. |
Ces diverses indications peuvent exister ensemble ou séparément, dans les divers cas de cette Goutte interne simple ; et elles peuvent y être successivement dominantes suivant des rapports différens, ce qui doit déterminer la méthode analytique ‘qui convient à chacun de ces cas.
1.0 Lorsque la Goutte est répercutée sur les viscères, par l'impression que font sur les articulations goutteuses, des topiques froïds ; astringens, narcotiques, ou d'au-.
tres agens internes répulsifs, il faut modérer la violence et prévenir le danger de la fluxion des humeurs goutteuses sur les vis-
cères, en faisant des évacuations réyulsives
gonvenables des humeurs trop abondantes que peut entraîner cette fluxion de Goutte interne.
2° À mesure que la fluxion de la Goutte interne a moins de violence , et que l'indication dominante est de remédier à la foiblesse que cause la distraction pernicieuse des forces dans les organes nécessaires à la vie , il faut remplir cette indication si importante par l'usage des cordiaux et d’autres remèdes fortement excitans.
5. Entre ces remèdes excitans, on doit employer de préférence ceux qui ont en même temps une vertu spécialement appropriée contre l'état goutteux du viscère affecté. Il est nécessaire d'insister d'autant plus sur ces anti-goutteux comme spécifiques, à proportion de ce qu’on obtient moins de succès marqué , des remèdes qui répondent aux autres indications du traitement.
4° Il faut appliquer des topiques attractifs sur les articulations qui étoient affectées auparavant ; et ces topiques étant choisis, ou relâchans ou excitans , suivant qu'il est indiqué , disposent les parties environnantes de ces articulations à redevenir le terme d'une fluxion goutteuse prédominante.
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5e Si, à raison de l’affoiblissement général du systême , les remèdes précédens ne peuvent déterminer ou soutenir qu'imparfaitement la fluxion de la Goutte sur les articulations , on doit, en continuant leur usage suivant qu'il est indiqué , exciter les forces du genre nerveux par des stomachiques amers et aromatiques, et celles des vaisseaux sanguins , par des martiaux.
Ces corroborans appropriés peuvent relever le système général des forces du principe de la vie, de manière à le rendre capable de rétablir l’ordre accoutumé et plus naturél des mouvemens de la Goutte. |
Je vais exposer en détail quels sont les principaux remèdes qui peuvent satisfaire ces différentes indications, et comment ils doivent étre modifiés dans les principales circonstances relatives à leur emploi.
Premièrement. La violence de la fluxion vers l'intérieur , que produit la Goutte ré- . pércutée, peut indiquer, surtout relative- . ment à la nature et aux symptômes de la fièvre qui peut survenir à cette Goutte interne , des évacualions de sang , ou générales
ou révulsives par la saignée, ou dérivatives par l'application des sangsues.
Il est particulièrement utile dans plusieurs cas , de pratiquer la saignée du pied, afin de rappeler la Goutte aux articulations des extrémités inférieures qui étoient auparavant affectées.
Mead a dit trop généralement que la saignée a le plus souvent l'effet, que la Goutte abandonne la partie interne qu'elle occupoit. Mais cette vue de déplacer la Goutte par la saignée , présente une indication beaucoup trop vague de ce remède, 9:
Entre les évacuations révulsives qui peuvent être indiquées pour affoiblir la fluxion de la Goutte répercutée, et pour prévenir ou dissiper les engorgemens que cette fluxion peut produire dans les viscères , celles qu’on obtient par les émétiques et les purgalifs , doivent être mises au premier rang.
Les évacuations procurées par des diaphorétiques appropriés, peuvent aussi. être singulièrement utiles pour débarrasser de la surcharge des humeurs les viscères qui sont affectés par la Goutte.
Entre ces diaphorétiques, on a recommandé avec raison la poudre de James ( le
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phosphate de chaux antimonié }. L’expérience a fait voir que ce remède est très-efficace, et pour exciter doucement le vomissement , la purgation et les sueurs , et pour combattre les maladies qui sont compliquées de foiblesse nerveuse et de répulsion à liniérieur des humeurs qui étoient portées à la surface du corps.
On peut aussi employer alors comme trèsutiles par leur action diaphorétique , les bains de vapeurs convenablement ménagés.
M. Ponsart paroît néanmoins avoir conseillé ces bains trop généralement dans la Goutte remontée, où il dit qu'ils procurent la transpiration de toute l'habitude du corps sans l'afloiblir , et qu'ils épuisent ainsi l'humeur morbifique sans incendier la masse du
sang (1).
(1) On fait prendre ce bain de vapeurs au malade , étant dans son lit, sous ses couvertures relevées en voûte par des demi-cerceaux ,en mettant entre ses cuisses une lampe à plusieurs mèches qui brûlent à l'esprit de vin. On décide les bons effets de ce bain, en faisantprendre au malade qui y est exposé , chaudement et abondamment une boisson diaphorétique
appropriée.
DES MALADIES GOUTTEUSES. 203 Secondement. Les cordiaux me paroissent.
devoir être principalement employés dans le traitement de la Goutte des viscères pour remédier à l’affoiblissement des organes vitaux, dans cette Goutte réperculée des articulations.
Ils n’y doivent point être donnés dans la vue d’exciter des mouvemens de fièvre. Ces mouvemens fébriles ne sont qu'un accident qu'amène l'excitation des forces, qui est nécessaire dans ces cas, et cet accident peut être nuisible, comme il peut être utile.
Les. cordiaux les plus usités dans ces cas, sont, les vins généreux, ou qu'on charge de substances aromatiques ; les huiles essentielles des plantes carminatives, et les alkalis volatils, etc. Je ferai dans la suite quelques remarques particulières sur le choix qu'on doit faire entre ces divers cordiaux dans les différentes espèces de la Goutte interne.
Troisièmement. Entre les cordiaux qui sont indiqués pour arrêter les progrès de l'affoiblissement des organes vitaux, on doit préférer ceux qui sont spécialement anti-goutteux. |
Il faut d’ailleurs, cn général ( comme il a été dit ) combiner dans tout le cours du traitement de la Goutte interne, l'usage des remèdes dans lesquels l'observation a fait.
connoître une vertu particulière anti-goutteuse. | |
Des excitans anti-goutteux des plus efficaces dans la Goutte interne, et dont il faut y régler le choix, suivant la mesure de leur. activité, sont l'éther, le camphre, l'eau de menthe poivrée, le sel volatil huileux de Sylvius , la teinture volatile de gaïac, et spécialement le musc, qui est un anti-goutteux nervin ct anti-spasmodique.
L'opium ( surtout dans la théridque) peut:
être compté parmi les remèdes cordiaux qu'on peut employer avec succès dans ces cas de Goutte interne, quoique latonie du.
systême y soit dominante. Mais l'usage de J'opium donné comme excitant, est beaucoup plus borné sans comparaison, que ne l'ont pensé Brown et ses sectateurs.
D'ailleurs, l'emploi de l'opium dans la Goutte internc, souffre de nombreuses excepiions, etje dois renvoyer à l'exposition des: traitemens qui conviennent aux diverses espèces de cette Goutte, les règles qui sont re-
latives aux effets excitans ou autres que ce remède peut avoir dans ces maladies.
es Quatrièmement. Les topiques attractifs qu'on peut appliquer sur les articulations qu'occupoit la Goutte, et qui peuvent y rappeler la fluxion goutteuse, sont de deux sortes, des relâchans et des irritans.
Les premiers sont les bains des pieds dans l'eau trés-chaude ( qui peuvent être plus souvent eflicaces qu'on ne croit communément }; des bains de vapeurs dirigées aux extrémités inférieures , des cataplasmes avec les farineux et lé lait, des fomentations émollientes, des frictions dou- ‘ces, etc.
Les topiques irritans doivent, en général, être assez actifs, quand ils ne sont point fortement épispastiques. Les’ premiers sont, des fomentations appliquées chaudement avec une décoction vineuse de rué ou d’espèces aromatiques, des frictions . fortes et réitérées faites sur les genoux et sur les pieds, avec de la flanelle imbibée d'esprit de :sel ammoniac, en chauffant aussi les genoux ( dans les intervalles ces frictions )
306 TRAITÉ. ' par l'application répétée des briques chaudes, etc.
Un topique irritant , que j'ai vu pendant plusieurs années, être fort employé à Paris dans la Goûtte remontée, sont les bains de Gondran. On y mettoit les jambes dans de l'eau chaude , à laqueile on ajoutoit de l’esprit de sel ( à la dose d’une once et demie pour chaque bain, suivant ce qui m'a été assuré par M. Lassone ).
Ces bains ont été utiles dans plusieurs cas de Goutte répercutée. Mais dans ces cas, jai obtenu encore plus souvent l'effet d’attirer la Goutte aux pieds , par des bains des ‘jambes pris dans l'eau chaude, où j'avois fait dissoudre du sublimé corrosif ( qu'on sait être une combinaison de l'acide muriatique sur-oxigéné avec le mercure ).
Je dois observer que souvent aussi j'ai vu des effets nuisibles d'une trop grande répétition des bains dans l’eau chaude , où l’on avoit dissous de l'acide marin, mis en usage pour rappeler aux pieds la Goutte qui étoit remontée. Cet acide peut, lorsqu'on abuse de son eflet irritant, aggraver la répulsion de la Goutte , et en déterminer d'autant plus la fixation dam les parties internes.
Cela doit arriver surtout chez les personnes dont la Goutte est fort invétérée , et chez qui les tégumens et les autres parties environnantes des articulations goutteuses sont le plus souvent dans un état de contracture.