‹ Traite ́des maladies goutteusesChapitre 46 sur 116 · XX X VL · texte numérisé non relu

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Lorsque la débilitation ou la langueur est manifestement dominante dans l'estomac et les intestins affectés de Goutte , l’affoiblissement antérieur de leurs fonctions a amené communément une surcharge de restes de mauvaises digestions dans leurs cavités ; ou une surabondance d'’humeurs excrémentitieiles dans leur tissu , et dans celui des parties voisines. |

Il faut donc insister d'abord sur des évacuans appropriés des premières voies, puisque les amas de matières dépravées dans les organes digestifs ne peuvent qu'attirer la Goutte, et la fixer de plus en plus sur ces organes qu'elles fatiguent ou irritent sour-

dement.

Musgrave a très-bien dit qu'on ne doit

DES MALADIES GOUTTEUSES. or

point attendre le retour aux articulations, de la Goutte qui s’est portée sur les organes des premières voies, aussi long-temps que ces organes restent surchargés par la saburre ou par des humeurs corrompues, |

Les évacuations préliminaires des pre- mières voies ont l'avantage de prévenir le danger des mouvemens , ou fébriles ou autres, que les fortifians, toujours nécessaires dans ces cas, pourroient exciter en agitant l'humeur goutteuse surabondante qui est contenue dans le tissu des viscères affectés.

Lorsque l'estomac est fort chargé, qu'il y a de la disposition au vomissement, à est à propos de donner des vomitifs doux et nauséeux, comme est une infusion théiforme de chardon-bénit, qu'on fait prendre tiède.

Un émétique plus efficace, et particulièrement l'ipécacuanha, est indiqué chez ceux qui vomissent moins facilement.

Mais il ne faut point donner d’émétique aux malades qui ne peuvent et ne veulent pas prendre par-dessus le vomitif une grande quantité de boisson, parce qu'on doit craindre que l’action de ce remède n'étant point aidée, il n'attire sur l'estomac goutteux

il. 16

242 TR A PTE | beaucoup d’humeurs, dont il ne se feroit pas une expulsion proportionnée. |

Musgrave a bien observé qu'il arrive quelquefois qu'après des évacuations suffisantes par le vomissement et par les selles, les malades restent travaillés de nausées et rejettent de suite les autres médicamens qu’on leur fait prendre. Il oppose à ce vomissement, devenu inutile et nuisible, le laudanum répété suivant qu'il est nécessaire.

Lorsque la Goutte étant remontée sur l’estomac et les intestins, il y a encore un reste d'humeur goutteuse dans les articulations, on doit craindre que l’action trop continuée des émétiques et des purgatifs n’attire une portion de cette humeur sur ces viscères.

C'est pourquoi non-seulement il est à propos pour calmer le trouble que ces remèdes ont causé, de donner du laudanum immédiatement après leur action suffisante ( suivant la pratique de Sydenham et de Musgrave )}; mais encore ( suivant le conseil de Mead ) il convient d'appliquer des vésicatoires sur les articulations pour y retenir l'humeur goutieuse. |

À la suite des vomitifs, les purgatifs sont pareillement indiqués pour nettoyer l’estomac et les intestins de la saburre ét de la surcharge d'humeurs dépravées. Cependant il ne faut pas croire que les rapports et les anxiétés précordiales, soient des indices suf: fisans de l'utilité des purgatifs.

Quand ces remèdes ‘sont bien indiqués dans ces cas de langueur et d’atonie des organes digestifs, il faut donner de préférence aux minoratifs ordinaires, ou aux purgatifs trop actifs, qui pourroient fixer de plus en plus. la Goutte sur les intestins, des purgatifs d’une activité médiocre, comme sont la rhubarbe, le jalap , l'huile de ricin, etc.

Ces évacuans peuvent encore avoir alors une autre utilité, que quelques Auteurs se sont néanmoins proposée avec trop de confiance. C'est celle de déplacer l'humeur gout: teuse qui pénètre les membranes de l’estomac et des intestins, de la rendre mobile, et d'en préparer l'expulsion, soit par diverses voies d'évacuation, soit par la crise d’une attaque régulière de Goutte aux articulations,

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Cependant l'usage des purgatifs peut étre absolument contre-indiqué par l’état de foiblessé de l'estomac et des intestins affectés de Goutte, lorsque cette foiblesse est extrême, comme lorsque le malade est épuisé de forces, que cette Goutte interne a été causée par des passions tristes , etc.

Dans cet état il faut considérer deux cas différens :

Le premier est celui où l’on peut suppléer à la purgation, qui d’ailleurs y seroit indiquée, par l'action de divers diaphorétiques actifs. C'est un des effets avantageux que peuvent produire les remèdes cordiaux et alexitères, dont Musgrave conseille de faire le plus grand usage dans les rechutes de Goutte à l'estomac, que souffrent de vieux goutteux qui sont chargés de crudités, et que leur foiblesse empêche de pouvoir purger.

L'autre cas est celui où la purgation étant nécessaire, le bon effet des purgatifs peut être assuré en leur joignant des cordiaux (1),

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(1) M. Thiülénius joint l’huïle de sassafras aux purgatifs, lorsqu'il les ordonne pour prévenir les retours 2 1 de la Goutte sur l'estomac et les intestins.

DES MALADIES GOUTTEUSES, 243 J'ai obtenu plusieurs fois, dans ce cas, des cfets heureux de cette combinaison. :

Je me rappelle à cette occasion le fait suivant. Une dame, d’un âge avancé et d'une constitution délicate, toutes les fois qu'elle avoit pris un purgatif le matin, n’avoit d'évacuations que fort tard dans la soirée, mais alors elle étoit purgée trèes-fortement, et tomboit dans un état de défaillance. Je réussis à ce quelle füt purgée dans le cours de la journée , à plusieurs reprises, et sans aucun inconvénient, par l'effet d’une médecine ordinaire, seulement en lui donnant du vin à cuillerées, peu après qu'elle eut pris ce remède, et pendant son opération.

Il est utile aussi de joindre à l'usage des purgatifs, lorsqu'ils sembient être nécessaires, malgré la grande foiblesse des malades, l'application, sur le bas-ventre, de topiques carminatifs et aromatiques ( comme peut être le fotus ad colicam de Fuller, qu'il a extrémement recommandé pour une fin

semblable ).

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