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gime et des remèdes sudorifiques, dont il répétoit l'usage matin et soir, pendant deux ou trois jours de suite.
Plusieurs autres médecins ont fait, abs Sydenham, le plus grand usage de l’opium dans la Goutte de l'estomac et des intestins. Mais on doit craindre l'abus de ce remède , surtout lorsque dans cette Goutte où domine un état de foiblesse dans ces viscères, il ne survient point de mouvemens spasmodiques.
Dans la Goutte aiguë de l'estomac et des intestins où la foiblesse est dominante, après : qu'on a satisfait aux indications précédentes avec un succès sensible , l'indication principale est de diriger fortement les mouvemens de la Goutte sur les articulations.
Ainsi, il faut alors employer des remèdes corroborans, tels que les martiaux et les amers stomachiques ; comme la racine de gentiane, la fumeterre , le chamædrys, le trèfle d’eau , le bois de quassia, etc. Ces remèdes augmentent les forces des organes digestifs, et celles de tout le système d'une manière moins soudaine, mais plus constante que ne font les cordiaux.
Il faut dans le même temps appliquer à
l'endroit, ou auprès des articulations qui étoient auparavant affectées de Goutte, des topiques irritans ou épispastiques qu'indique la dominance de l’atonie ou de la langueur dans les viscères affectés.
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Stoll recommande dans la Goutte à l’estomac, la boisson d’eau à la glace, et l'application sur le bas-ventre de topiques froids ( actu frigida ) (1). Mais ce conseil est beaucoup trop général, comme je vais le prouver par les considérations suivantes.
La boisson d’eau très-froide a déterminé la formation de l’état goutteux dans l’estomac. C’est ce qui arriva dans deux cas de syncope arthritique, dont Musgrave a rap-
porté l'histoire. | Ces remèdes topiques froids sont pernicieux dans les cas de colique goutteuse compliquée d'affection bilieuse, d'autant qu'il existe dans la colique bilieuse, une tendance particulière à se porter sur les origines des nerfs, et que l'effet direct ou immédiat du
(1) Diss. de Morbis Cironicis ex Stollii Prœlectionidus. vol. 1, p. 110.
en TRAITÉ froid est toujours stupéfiant ou offensif pour les nerfs.
Sans doute ces remèdes topiques trèsfroids ont secondairement un effet excitant, lorsque la nature n'est point trop affoiblie, Ils déterminent alors cette antipéristase dont jai parlé ci-dessus, qui imprime une nouvelle activité à tout le systême des forces.
À raison de cet effet excitant , les topiques froids appliqués sur le bas-ventre doivent être nuisibles dans l'espèce de la Goutte de l'estomac et des intestins qui est avec irritation dominante, et surtout quand il s'y joint une disposition prochaine à l’inflammation.
Cependant l'excitation que causent ces remèdes topiques froids peut les rendre fort avantageux, lorsque l'estomac et Îles intestins affectés par la Goutte se trouvent être dans un certain degré de foiblesse radicale , qui cause et perpétue un état approchant de la syncope. |
Mais pour éclaircir complétement cette matière , je crois devoir établir et développer dans le plus grand détail, la nature, les causes, et le traitement de deux espèces différentes , auxquelles je rapporte les affections
DES MALADIES GOUTTEUSES. 255 syncopales qui peuvent être produites par la Goutte de l'estomac. | |
Dans toutes ces affections syncopales, il y a sans doute interception de communication harmonique et réciproque des forces, qui existe dans l'état naturel entre l'estomac et les autres organes. Mais cette interception est produite différemment dans la syncope où la Goutte de l'estomac est avec irritation vive, et dans celle où cette Goutte est avec un état de foiblesse extrême.
: La première espèce ( qui appartient aux lésions goutteuses de l'estomac dont: je parlerai dans la seconde Section de cet article }) produit une concentration spasmodique des forces propres de l'estomac, qui affoiblit à >roportion leur influence sur celles des au tres organes. | |
Musgrave a conseillé dans toutes les syncopes arthritiques, comme étant les princi-, paux remèdes, les cordiaux et le vin, ow les liqueurs spiritueuses. Mais il n'a point distingué l'espèce de ces syncopes où l'estomac est affecté d'irritation, et où ces excitans n'ont pu avoir quelque succès que lorsque cette affection syncopale étoit légère.
Mais dans les cas graves de ces syncopes,
il faut s'abstenir des cordiaux et des autres excitans actifs qui donneroient la mort ; et le remède auquel il faut recourir alors, pour calmer l'irritation dominante , est l’opium ( comme Prosp. Martianus, Pujati et Réga l'ont observé dans des cas de syncope analogues ).
La seconde espèce de syncope où la Goutte de l'estomac est avec un état de foiblesse extrême de ce viscère , est analogue à l’affection syncopale que les Anciens ont appelée morbus cardiacus.
Dans celle-ci les forces des organes extérieurs ayant perdu , par diverses causes, l'habitude de leur réunion ( ou synergie ) pour soutenir la digestion et les fonctions propres de l'estomac, ce viscère est radiçalement affoibli par le manque du concours de ces forces, qui, dans l’état naturel, doivent appuyer et entretenir les siennes.
En même temps les forces des organes extérieurs , qui sont réciproquement isolées de l'influence de celles de l'estomac (1),
(1) Cujus firmat tenor omnia membra , comme x dit Sérénus Sammonicus.
DÉS MALADIES GOUTTEUSES. 259 éprouvent dans toute l'habitude du corps, une langueur générale, et une mobilité vague et indépendante qui s’y marque par des sueurs continuelles.
Dans la maladie cardiaque, les Anciens faisoient prendre des stomachiques subastringens, et appliquoient des épithèmes forüfians sur l’épigastre et sur la région précordiale ; ce qui pouvoit suppléer en quelque degré au défaut d'influence des autres organes sur l'estomac. Ils observoient de ne pas donner du vin trop fort ni des cordiaux trop actifs, sans doute, parce qu'ils craignoient qu'en excitant trop, et en concentrant par ce moyen les forces de l'estomac, ils ne déterminassent leur plus grande séparation d'avec celles des autres organes.
Ils employoient ( aussi comme on peut voir dans Celse ) des procédés ingénieux pour attirer plus constamment sur l'estomac et les viscères précordiaux, les forces qui dans l’ordre naturel des fonctions, doivent être dirigées de tout le corps vers ces organes.
Les Médecins anciens et modernes qui ont le mieux traité la maladie cardiaque, ont reconnu que les remèdes qui y sont les | ul. 17
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plus efficaces, sont les réfrigérans employés extérieurement ; comme les applications d’eau froide à la surface du corps, l'exposition du malade à un air libre et froid , etc. Il est sensible que par ces réfrigérans externes , on entretient assidüment la concentration vers l'intérieur du corps, des forces des organes extérieurs. L'antipéristase ( ou le retour plus actif de ces forces dans ces organes ) ne succède qu'à mesure qu'on diminue graduellement l'application de l'air froid et de l’eau froide, après que les viscères précordiaux ont été suffisamment corroborés par leur moyen.
On voit à présent pourquoi le conseil de Stoll, d'appliquer des toniques froids dans la Goutte de l’estomac et des intestins, me paroît devoir être borné à des cas de cette Goutte, où la foiblesse est dominante.
Quant à la boisson d’eau à la glace, ce remède me paroît devoir être fort équivoque et dangereux dans la Goutte de l’estomac, même quand la foiblesse y domine.
J'ai exposé avec détail les traitemens différens qui conviennent aux deux espèces d’affections syncopales que peut produire la Goutte de l'estomac.
Je m'y suis particulièrement arrêté, d'après cette considération, qué ces affections , qui sont généralement fort graves, constituent des maladies essentielles qui se compliquent avec la Goutte de l’éstomac : de sorte que le traitement de ces maladies conrpliquées appartient à des méthodes analytiques plus composées que celles du traitement de la Goutte de l'estomac, qui est sans complication d'une autre maladie,