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Daws la Goutte aiguë de l'estomac et des intestins, qui est avec une irritation dominante dans ces viscères, l'indication d’évaeuer les premières voies, n'est pas le ‘plus souvent la première qu’on doit se proposer, et l'indication de remédier à l'irritation \
est communément beaucoup plus pressarite.
Cependant, on voit très-souvent que les intestins affectés de cette espèce de Goutte sont chargés de restes de mauvaises digestions, ou que la Goutte y est fort aggravée par la présence d’une autre humeur vicieuse surabondante ( comme est le plus communément alors la bile arrêtée dans son cours }s
Dans ces cas, il est nécessaire, et même dès le premier temps de la maladie, de chasser ces matières ou ces humeurs dépravées, pour pouvoir dissiper la Goutte interne, et pour la porter aux articulations. |
Musgrave a observé dans la colique arthritique, que même lorsqu'on est parvenu à reproduire les douleurs dans les articulalions , s’il reste dans les intestins des matieres dépravées , la Goutte est toujours attirée sur ces viscères, et le malade périt.
Pour évacuer alors les premières voies, il faut s'abstenir des émétiques et des purgatifs forts ou échauffans , et il faut préférer des laxatifs doux, mais efficaces , entre lesquels l’huile de ricin peut être fort appropriée ; il faut d'ailleurs faire succéder, ou même souvent joindre le laudanum aux purgatifs. On doit aussi ne pas négliger alors
usage des lavemens huileux, et l'application sur le bas-ventre de fomentations relächantes.
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L'indication principale, qui le plus souvent est aussi la première qu'on doit remplir dans l'ordre des temps, est de calmer l'irritation vive qui existe dans cette espèce de Goutte de l'estomac et des intestins.
Dans cette vue, les narcotiques sont en général les rensdes les plus convenables , et ils doivent être donnés à des doses assez fortes. |
Cullen dit (1) que, dans les cas où la Goutte affectoit l'estomac, il a souvent porté par degrés chaque dose de l’opium jusqu'à dix grains, qu'il faisoit prendre deux fois le jour; et que lorsque la maladie étoit dissipée, il diminuoit insensiblement les doses de ce remède, qu'il ne quittoit entièrement qu'au bout de deux ou trois semaines.
I n’a point obséryé que cette méthode eût des suites nuisibles, et il a fréquemment remarqué, que quand il s’agissoit de dé-
(1) Dans sa matière médicale.
truire une forte irritation, de tres-grandes doses d'opium ne procuroient point le sommeil ,et ne produisoient aucun effet délétère.
L'opium est d'autant plus indiqué, qu'on a plus lieu de croire que l'état goutteux de l'estomac et des intestins détermine sympathiquement un étranglement convulsif dans les viscères précordiaux.
Cet état convulsif étoit manifeste dans le cas suivant, qua rapporté M. Coste. Chez un homme qui avoit appliqué de l'esprit-devin camphré sur ses articulations souffrantes de la Goutte, elle remonta et se porta sur les viscères du bas-ventre. Le malade tomba dans les convulsions et l’aphonie, avec des sueurs froides. Une forte dose de laudanum liquide lui fit rendre beaucoup de bile verte; il commença à respirer, et le pouls se ranima. On eut ensuite recours à la saignée et aux vésicatoires appliqués aux jambes, et ces remèdes le sauvèrent de cet état, qui autrement eût sans doute été mortel.
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Cet usage de la saignée paroît avoir été imité du traitement qua donné Sydenham
de la colique bilieuse. Sydenham y ordonnoit la saignée, dont il a mal expliqué d’ailleurs les bons effets dans cette colique.
La saignée est salutaire dans des cas semblables , en prévenant ou en arrêtant les progrès de l’état inflammatoire, que peut produire dans les intestins la surabondance d'une bile viciée, lorsqu'elle est mue fortement et tout-à-coup, soit par une fluxion qui paroîit spontanée, soit par l'effet des remèdes qu'on a déjà employés.
Quelque indiqué que l’opium soit en général dans la colique goutteuse aiguë, il y est fortement contre-indiqué dans deux cas qui méritent une attention particulière.
L'un, est celui où la colique d'estomac ou des intestins est compliquée d’une affection de la tête, ou seulement d'une forte affection bilieuse, qui donne aux humeurs une tendance singulière à se porter sur la tête ( comme il a été dit ci-dessus ).
L'autre cas, est celui où la nature semble être déjà terminée à porter la Goutte sur les articulations, ce mouvement salutaire pouvant être intercepié par les narcotiques.