‹ Traite ́des maladies goutteusesChapitre 60 sur 116 · L' XIII · texte numérisé non relu

L' XIII

Les maladies produites par la Goutte chronique de l'estomac et des intestins , lorsqu'elles amènent des attaques plus fortes, séparées par des intervalles plus ou moins longs, présentent dans ces intervalles un état habituel d'infirmité dont les symptômes sont très-variés et très-irréguliers.

Je vais indiquer ceux de ces symptômes que jai observés le plus souvent dans ces intervalles.

Tantôt la digestion des alimens est habituellement retardée , et fait place à leur dégénération spontanée putride qui produit des vents et des rapports comme d'œufs couvis. Tantôt le malade, quoique son régime soit sobre, est habituellement travaillé d'indigestion, et parfois il rejette des alimens

pris deux jours auparavant, qui ne sont point sensiblement altérés, même dans leur odeur. Les vents qui se développent trèscommunément dans cet état, peuvent produire un boursoufilement de l'estomac qui est sensible , ou même très-saillant.

Les mouvemens tonique et péristaltique de l'estomac et des intestins, s'exécutent avec. la plus grande irrégularité. On sent parfois le long du trajet des intestins, des étranglemens manifestes et des gonflemens intermédiaires. Les malades éprouvent d’autres fois de grandes surcharges de l'estomac, avec des envies de vomir, et un commencement de diarrhée; ce qui forme une espèce de choléra-morbus avorté. Il survient plus souvent des alternatives fréquentes de constipation très-opiniâtre, et de déjections très-abondantes.

Entre les diverses affections de Goutte chronique des intestins, on doit particulièrement considérer la colique arthritique , qui peut être suivie d’une affection paralytique des extrémités, de même que la colique dite de Poitou. Strack a parfaitement décrit cette colique arthritique.

Le signe propre de cette colique, dit

Strack, est qu’au milieu des douleurs, les muscles du bas-ventre sont si contractés et si sensibles, que le malade se trouve affecté comme si les chairs en étoient trop raccourcies; de sorte quil ne peut redresser son corps, et qu'il est forcé de marcher courbé en portant la tête et le corps en avant; on sent alors les chairs de ces muscles retirées et dures comme du bois, et les hypocondres souffrent une révulsion manifeste.

Quelquefois des tumeurs considérables et dures occupent diverses parties du bas-ventre, ou même toute l'étendue du colon pendant les accès des douleurs, et ces tumeurs sont beaucoup moins manifestes dans les intervalles de ces accès.

Ces malades ont la peau sèche et retirée, les yeux creux, et le visage décoloré, d’un teint plombé ou jaune.

Strack a observé dans cette espèce de colique, que les sueurs qui sont de forte odeur et acides, font sur la peau la même impression que des cendres brülantes qu'on y auroit répandues , et sont suivies quelquefois d'une éruption de pustules miliaires rouges.

Il a remarqué que les malades rendent avec difficulté des urines blanches, qui de-

viennent ensuite transparentes , et déposent des flocons trés-nombreux d’un sédiment blanc semblable à du suif râpé.

Enfin il a vu chez des gens qui avoient péri de cette colique , que la cause de la mort avoit été la métastase de la matière morbifique portée du bas-ventre à la tête, qui avoit produit des convulsions, etc.

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