EXT V
Après que j'aurai rappelé les traitemens qu'exigent les attaques fortes et comme aiguës de la Goutte chronique de l'estomac et des intestins, avec excès ou de langueur ou d'irritation , jexposerai ceux qu on doit employer dans l'état plus foible de cette Goutte chronique pour prévenir les retours de ces attaques. |
-Je parlerai ensuite des traitemens particuliers que demandent certains symptômes qui peuvent être attachés à ces espèces de Goutte , et enfin du régime qui convient aux divers états de la Goutte chronique de l'estomac et des intestins.
Premièrement. Dans l'espèce de cette Goutte où il y a excès d’atonie ou de langueur ( ce qui est général chez les vieux
poutteux } dès que cette Goutte devient comme aiguë en formant une attaque grave , il faut ( conformément à ce qui a été dit cidessus ) recourir avant tout aux cordiaux, ordonner ensuite des purgatifs appropriés, et faire appliquer des épispastiques à l’endroit des articulations goutteuses.
Dans l'espèce de cette Goutte chronique , où il y a excès d'irritation , lorsqu'elle devient comme aiguë en formant une attaque grave , il faut employer les narcotiques tant extérieurement qu'intérieurement. Il convient rarement de les donner seuls, et l’on doit toujours en modérer l'usage, de crainte que leur action ne porte la Goutte à la tête, d'autant que ce transport survient assez souvent dans des cas semblables.
Les narcotiques doivent être le plus souvent combinés avec d’autres remèdes sédatifs et avec des anti-goutteux. Ils doivent aussi être Joints à des évacuans doux, lorsque ceux-ci sont indiqués dans ce cas, par une surcharge manifeste des premières voies.
Enfin il faut faire succéder à ces remèdes ceux qui peuvent déterminer la fluxion goutteuse sur les articulations.
J'observe quil ma toujours paru très-
utile de continuer fort long-temps l’écoulement produit par les vésicatoires appliqués à la fin de chacune des attaques plus graves de la Goutte chronique de l'estomac et des intestins.
J'ai vu un homme qui avoit toujours été livré à un grand travail du cabinet, et qui navoit jamais eu de Goutte ni de Rhumatisme, qui devint sujet à l’âge de quatrevingts ans, à souffrir tous les deux ou trois mois, une attaque violente d’une affection de l'estomac et des viscères précordiaux , que je reconnus être entièrement analegue à une von de Goutte de l'estomac d'un genre pernicieux.
Ces attaques étoient Fomédiatemeut précédées dun dérangement très-considérable dans les fonctions de l'estomac. Elles avoient pour symptômes, la sensation d'un serrement violent dans la région de ce 'viscère, des tiraillemens dans la direction du diaphragme, et au-devant de la poitrine, et des angoisses extrêmes , qui faisoient craindre l'arrêt de la respiration et de la circulation du sang.
L'analogie de cette maladie avec la Goutte fut rendue encore plus sensible, par l'heureux succès des remèdes que jy employai, et qui garantirent ce malade des suites et des retours de cette affection, pendant dix ans quil survécut. ; :
Les principaux de ces remèdes étoient dans les accès, l’opium , les gouttes d’Hoffmann et le musc, et dans leurs intervalles, des stomachiques aromatiques et amers, joints à des résolutifs des humeurs, tels que le savon et la gomme ammoniaque.
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Secondement. Dans l’état habituel de la.
Goutte chronique de l'estomac et des intestins , ou dans les intervalles des accès graves que celte Goutte peut produire , on doit employer des moyens différens pour en prévenir les retours, suivant l'espèce de cette Goutte. |
Dans celle qui est avec atonie ou langueur dominante , il faut insister sur l'usage des stomachiques amers et aromatiques , et des martiaux , que l'on doit continuer par des reprises assez longues, et à des intervalles convenables, .
Les amers les plus appropriés sont la gentiane, le chamædrys, et surtout la quassia , qui est singulièrement utile pour fortifier les intestins affoiblis.
L'observation a démontré que la quassia, quoique très-amère , n’est pas très-échauffante , et l'on peut encore en modérer l’activité, en donnant par-dessus de l'eau de poulet ( ainsi que je l'ai pratiqué plusieurs fois avec succès ).
Des stomachiqnes aromatiques , bien indiqués dans ces mêmes cas, sont les racines d’aunée , d'angélique et de catamus aromaticus , , l'extrait des baïes de genièvre , etc.
Il est des cas où la Goutte habituelle des organes digestifs étant accompagnée d’une extrême foiblesse ( par une suite de. l'âge fort avancé, ou d'un mauvais régime longtemps continué ), la fonction du mouvement péristaltique des intestins se fait avec une extrême irrégularité , et où les amers et les aromatiques étant donnés seuls , produisent un grand échauffement.
Dans ces cas, j'ai obtenu un effet trèsavantageux de l'élixir de vitriol de Mynsicht , donné dans de l’eau froide , peu avant les principaux repas. L’acide vitriolique
combiné dans ce remède, y modifie alors trés-utilement la teinture spiritueuse des aromatiques et des amers. |
Les eaux ferrugineuses et les autres préparations martiales , sont très-bien placées dans ce traitement préservatif. Mais il faut toujours les donner à des quantités qui ne fatiguent point l'estomac, et assurer leurs bons effets par un exercice journalier et par le soin d'entretenir la liberté du ventre.