FLUX A X'IT EL
J'ai vu un ‘xemple très-remarquable d’aberration de Goutte sur la vessie et sur l'urètre, qui jeta le malade dans le plus grand danger, mais dont la terminaison fut heureuse, |
Un homme sujet à des affections dépendantes d’une cachexie goutieuse, fut attaqué, et sensiblement par la même cause, d'un écoulement d’humeurs muqueuses par le canal de l’urètre. Cet écoulement ayant été diminué , et presque arrêté par un topique résolutif appliqué au périnée, l'urètre fut affectée dans les parties voisines du périnée , d’une irritation vive, qui produisit une difficulté d’uriner très-forte et très-douloureuse.
Peu de temps après, le malade fut exposé à une suppression générale de la transpiration avec un mouvement de fièvre, ce qui fut suivi d'une affection catarrhale inflammatoire du col de la vessie, et de la partie continue de l’urètre. IL s'établit un catarrhe violent, et tout-à-fait extraordinaire, d'humeurs muqueuses qui fondirent sur les parties affectées.
Le malade souffrit alors pendant l’espace de trente-six heures, des attaques presque continuelles d’une sorte de ténesme trèsviolent dans la vessie et l’urètre. Ces attaques, qui étoient accompagnées de douleurs atroces , et qui se répétoient toutes les cinq ou six minutes sans interruption, firent rendre avec quelques filets de sang, des humeurs muqueuses très-épaisses qui ne se méloient point avec l'urine. La masse de ces matières muqueuses, qui furent ainsi évacuées dans cet espace de temps fut estimée du poids de douze à quinze livres. À la suite de cette fonte, les urines charrièrent sensiblement du pus, mais en petite quantité, et pendant peu de temos.
Je sauvyai la vie de ce malade, en lui faisant faire usage de l’opium à grandes doses, pris par la bouche et dans des lavemens, et en lui faisant appliquer à plusieurs reprises sur le périnée , des sangsues en grand nombre , et jusqu'à dix-huit de suite (1).
(1) Dans plusieurs cas de rétention d'urine, où la prostate dure et enflammée ne permettoit point d’introduire la sonde dans la vessie, j'ai facilité cette in
troduction en faisant appliquer des sangsues à l’endroit de la prostate.
J'employai ensuite, avec beaucoup d'utilité, l'infusion des sommités de verge dorée , et d’autres plantes diurétiques balsamiques ; pour remédier à l'état ulcéreux des parties de la vessie et de l'urètre, que cette maladie avoit si violemment offensées.