‹ Traite ́des maladies goutteusesChapitre 7 sur 116 · XX XV TL · texte numérisé non relu

XX XV TL

Les bains froids de tout le corps sont uh résolutif puissant de l’état rhumatique des solides. |

Floyer et Baynard ont rapporté des effets surprenans de l'usage des bains froids pour la cure du Rhumatisme invétéré, ou traité sans succès par d’autres moyens.

Dans ces cas, après avoir fait précéder les évacuations générales , Floyer faisoit prendre ces bains froids (en observant que le malade ne fût point échauffé}), la première fois par une simple immersion, et ensuite pendant deux ou trois minutes, deux ou trois fois la semaine, ce qu'il répétoit jusqu'à neuf à dix fois. Pour procurer les sueurs, qu'il regardoit comme néces-.

saires sur le succès dé cés bains froids, au sortir de chaque bain, il faisoit mettre Île malade au lit, où on lui donnoit à boire de la bière chaude, et on lui faisoit prendre un peu d'esprit de corne de cerf.

Floyer, pour expliquer le succès de cette méthode, a dit que le bain froid soulage les douleurs du Rhumatisme, en repoussant dans les vaisseaux où le sang circule, les humeurs stagnantes dans la partie affectée, €t que ces humeurs sont ensuite facilement évacuées par les sueurs qui suivent l'usage de ce bain. :

Les anciens expliquoient simplement les bons effets du bain froid par l'antipéristase, où par la répulsion qui se fait vers la surface du corps, de la chaleur que l’application de l’eau froide a portée à l’intérieur. Ts se fondoient sur ce fait connu depuis Hippocrate, que le retour de la chaleur à Textérieur doit toujours suivre de près le bain froid, pour que ce bain soit utile.

J'ai exposé ci-dessus (1) comment je conçois que cette antipéristase est produite dans Jopération salutaire du bain froid, et com-

(2) N: vu du Livre premier.

ment cet effet répété augmente les forces radicales de la vie.

J'ajoute ici qu'indépendamment de cette utilité qu'ont les bains froids pour fortifier tout le corps, ces bains, par l'effet immédiat de l'alternative des mouvemens opposés de refroidissement et d'antipéristase, et par l'impression forte et durable qui succède à cette alternative, peuvent ‘interrompre et changer l'affection des forces vivantes, qui constitue l'état rhumatique dans les parties affectées. AUS

Cette manière de voir les effets salutaires des bains froids dans le Rhumatisme chronique , peut être éclaircie par une pratique extrémement singulière, qu'emploient les nègres de Guinée, pour guérir ce Rhumatisme, et d’autres maladies chroniques { comme le marasme et la maladie hypocondriaque ). Cette méthode extraordinaire a été ainsi décrite par M. Gallandat (1).

On souflle dans le tissu cellulaire du corps du malade , autant d’air qu'on le juge convenable, par une ouverture faite au pied; ouverture que l'on referme ou cicatrise en-

(1) Dans les Mém. de l'Acad, de Berlin, 1779.

suite. On fait prendre au malade une boisson composée de sucs de diverses plantes, de sue de citron, de poivre de Guinée, et d’esprit-devin, et on l’oblige de courir jusqu’à ce qu’il soit violemment fatigué. On répète la même boisson en grande quantité, trois ou quatre fois par jour. On n’en cesse l'usage que lorsque J'emphysème est dissipé ( ce qui arrive du neuvième au onzième jour }, et le malade est alors guéri. Une seule de ces opérations suffit le plus souvent, mais quelquefois il faut la répéter. PA

M. Gaïlandat , qui a vu l'effet salutaire de ce traitement, l’attribue à l'air élastique. recu dans le tissu cellulaire, qui, comme corps étranger, et comme raréfié par la chaleur , comprime, irrite, et donne plus de tension aux vaisseaux, ce qui fortifie les.

solides, accélère la circulation, et augmente les sécrétions.

Mais alors la production de l’'emphysème artificiel sufhroit pour le succès de cette méthode, et cependant l'on voit qu'il y est parcillement nécessaire que le malade fasse ensuite des courses violentes, et qu'il use de boissons chaudes et spiritueuses, jusqu'à ce que cet emphysème soit dissipé.

fl me paroît très-probable que l'effet salutaire de cette méthode dépend de ce que les lames du tissu cellulaire, et les fibres musculeuses ou autres que ce tissu pénètre, sont d’abord pressées de dehors en dedans par l'air qui y est soufflé, et ensuite poussées en sens contraire, par l'espèce d'injections que produisent les augmentations violentes du mouvement du sang, à la suité de grandes courses et des boissons trèséchauffantes. | |

Ces mouvemens en sens opposés, qui agitent alternativement les fibres affectées, y excitent les forces de la vie, dont l’activité augmentée et soutenue, reproduit des mouvemens toniques naturels, à la place des affections spasmodiques et autres qui ont lieu dans le Rhumatisme et dans différentes maladies chroniques. |

VRAI ICIL 8 TA Des remèdes topiques du Rhumatisme Chronique. |

XX NIV EME Les remèdes topiques qu'il convient d’appliquer à la partie affectée du Rhumatisme chronique, sont de deux sortes.

Les uns tendent indirectement à détruire l’état rhumatique des fibres affectées, en remédiant à l'excès ou au défaut de contraction tonique, auxquels est joint cet état des fibres.

Les autres topiques combattent cet état directement, en portant une altération gé- nérale et profonde dans la manière d’être de l'organe qu'occupe le Rhumatisme.

Quand on ne juge point à propos d’employer des remèdes topiques, il est toujours utile de garantir des impressions de l'air, la partie souffrante, en y appliquant des fla= nelles, ou des peaux d'animaux préparées avec le poil qu'on met en dedans.

M. Vogel fils, préfère beaucoup à la flanelle, qui échauffe les parties qu'on en recouvre, de la toile cirée verte et fine. Il dit qu'il se ramasse beaucoup de sueurs sous cette toile cirée, qu'il faut par conséquent ôter et sécher toutes les trois ou quatre heures, et que cette sueur soulage extrêmement les douleurs.

Il n'entreprend point d'expliquer comment cette toile cirée attire la sueur sur des parties souffrantes, qui communément ne peuvent pas transpirer; mais il dit que

le fait est connu, et quil l'a souvent vérifié. |

Stoll a aussi remarqué, que les douleurs de Rhumatisme aux lombes et aux hanches sont soulagées lorsqu'on applique à nu sur ces endroits du taffetas d'Angleterre.

On pourroit conjecturer que l'effet résolutif, et singulièrement diaphorétique, qu'ont dans ces cas ces toiles emplastiques fort fines, dépend de ce qu'elles s’attachent fréquemment en divers points de l'endroit de la peau où on les applique, dont elles sont ensuile bientôt détachées par le plus léger mouvement. Elles exercent ainsi sur cet endroit de la peau, une infinité de petites percussions et frictions, qui sont très-propres à changer l’état de la partie affectée.

Il se peut encore que leur effet échauffant, étant modéré par des alternatives continuelles de refroidissement relatif, amène un certain degré de chaleur médiocre, qui détermine la sueur locale ( de même qu'un degré fixe d'augmentation moyenne de la chaleur du corps , détermine constamment l'éruption d'une sueur universelle, suivant les observations d'Alexandre ).

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