‹ Traite ́des maladies goutteusesChapitre 72 sur 116 · LXX XI X · texte numérisé non relu

LXX XI X

Péripneumonie goutteuse.

Van-Sviéten a vu une toux catarrhale, qui étant épidémique au printemps, attaquoit plusieurs personnes sans beaucoup de danger, mais qui dégénéroit promptement en péripneumonie dangereuse dans des

DES MALADIES GOUTTEUSES. 347 goutteux chez qui l'attaque de Goutte étoit prête à se déclarer.

Coste dit, en général fort bien, que lorsque la Goutte remontée cause une pleurésie ou une péripneumonie, il ne faut pas perdre un instant pour la traiter par la saignée, les vésicatoires et autres remèdes convenables. Il dit qu'il a vu souvent périr des goutteux chez qui ce traitement avoit été différé de vingt-quatre heures, qu'à l’ouverture de leurs cadavres il a trouvé le poumon gangrené par la Goutte, et que c'est avec raison que Mead dit que cette humeur goutteuse est un torrent de feu ( ignea cotluvies ).

Sydenham et Musgrave sont entièrement opposés l'un à l’autre, sur le traitement qui convient à la péripneumonie arthritique.

Je trouve que leur opposition sur la cure de cette maladie compliquée vient de ce que Sydenham y a trop peu considéré le traitement nécessaire de la Goutte, et Musgrave y a trop négligé celui de la péripneumonie. Ni l'un ni l'autre na vu que pour bien traiter cette complication, il faut toujours suivre une méthode analytique qui soit réglée sur les rapports de dominance,

AS © TRAITÉ que l'inflammation du poumon et la Goutte de ce viscère ont chez les divers malades et dans les divers temps de la maladie.

Sydenham veut qu'on traite la péripneumonie goutteuse, de même que l’essentielle , par des saignées répétées, d'autant que le sang qu'on y tire est entièrement semblable à celui des pleurétiques, par des potions lénitives placées entre les saignées pour évacuer la matière goutteuse qui s’est portée sur le poumon, par un régime tempérant, et par des remèdes rafraîchissans et incrassans. Musgrave conseille aussi de saigner sans délai dans cette péripneumonie goutteuse et. de purger le lendemain de la saignée.

Mais il proscrit les saignées répétées, les rafraîchissans et les purgatifs doux, d'autant que ces remèdes, dit-il, en déprimant le sang y retiennent le venin goutteux.

Musgrave dit que le moyen le plus avantageux pour dissiper cette péripneumonie, produite par une Goutte inverse, dont l'action a excité la fièvre, est de rappeler la Goutte dans ses voies ordinaires. En conséquence, il veut que dès que la Goutte se montre dans les articulations ,‘ ou qu'on a l'espoir de Fly porter, on pousse le venin

arthritique par des topiques attractifs, et par des remèdes internes excitans, dont cependant on n’abuse point à cause de la fièvre; l'effet de ces remèdes étant rendu plus sûr par les évacuations qu'on a fait précéder.

Mais Sydenham pense au contraire que dans la péripneumonie goutteuse, l’intention curative ne doit pas êire dirigée vers la podagre même. Il dit que la provocation de la sueur, quelle que soit dans d’autres cas de Goutte interne son utilité pour détourner la Goutte sur les articulations, nonseulement n’est point utile dans ce cas, mais y est encore nuisible en endurcissant la matière fixée dans le poumon, ce qui amène la génération de petits abcès dans le poumon et une mort certaine.

Je vais donner les résultats de mes obseryations , sur la méthode analytique de traitement qui convient à la péripneumonie goutteuse.

Ces résultats sont entièrement différens

des assertions, opposées entre elles de Sy denham et de Musgrave.

1.0 Il est des cas de cette maladie, surtout chez de vieux goutteux, où je pense que la saignée n'est point absolument nécessaire, et qu'il suffit de tirer du sang par l’application des sangsues à la poitrine au-dessus de l'endroit affecté.

Dans la péripneumonie goutteuse, comme dans tout autre, lorsqu'il faut saigner , ce doit être des les premiers jours , et en se réglant sur létat des forces du malade. Il faut rarement répéter la saignée dans cette péripneumonie, quoique Sydenham ait dit le contraire (1).

Le choix des saïignées n'est point indifférent dans la péripneumonie goutteuse, soit qu'on doive ne faire qu’une seule saignée, soit qu'il faille la répéter d’après la nature et les symptômes de l'inflammation.

M. Ponsart, et un médecin célèbre qu'il cite, ont suivi à cet égard une règle générale, mais qui est entièrement arbitraire.

Pour déterminer ce choix, il faut combiner, avec l'indication de l'état présent de la fluxion

(1) J'ai dit ci-dessus (liv. 1, n.° LxIx ) qu'il est rare que la saignée répétée convienne même dans la péripneumonie rhumatique.

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inflammatoire sur le poumon, l'espoir plus ou moins fondé qu'on a de rappeler la fluxion antérieure de la Goutte sur les articulations des pieds.

Ainsi, la saignée du bras fo indiquée lorsque la fluxion inflammatoire sur le poumon est dans son état fixe, et lorsqu'il n’y a point en même temps d'indice bien marqué de fluxion SAGE ER À sur les de A PAIESRE des “pieds: (" | 4

Mais la saignée du pied est toujours indiquée de préférence, quel que soit le temps de la fluxion inflammatoire sur le poumon, lorsqu'il y a un mouvement marqué de fluxion goutteuse sur les articulations des pieds. Quoique la saignée du pied produise une révulsion moins utile, que ne feroit une saignée du bras dans l’état fixe de la fluxion elle est dans ce cas principalement indiquée, parce qu'elle favorise la tendance spécialement salutaire qu'affecte la nature pour porter la Goutte sur ces articulations ; tendance que détourneroit la saignée du bras.

2° Immédiatement après la saignée , ül

faut faire appliquer des vésicatoires aux

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