‹ Traite ́des maladies goutteusesChapitre 74 sur 116 · Les purgatifs ne peuvent être indi · texte numérisé non relu

Les purgatifs ne peuvent être indi

qués dans la péripneumonie goutteuse à la suite des saignées, qu'autant qu'il y a des matières bilieuses ou d’autres dépravées dans les premières voies, qu'il faut évacuer. Dans ces cas , le tartre émétique pris en lavage , et gradué convenablement ( de manière à ne pas exciter des vomissemens dans cette péripneumonie }, me paroît beaucoup plus généralement utile que les potions lénitives que conseille Sydenham , et les purgatifs émouvans que préfère Musgrave , me paroissent y être dangereux.

. Hors des cas où il faut évacuer assez fortement les matières contenues dans les premières voies, il suffit de tenir le ventre li« bre par l'usage des lavemens.

(1) Livre nu, n.° Exx.

il, 23.

354 T R\A I ITIÉ 4° Les remèdes rafraîchissans que Sy denham a recommandés dans la péripneumonie goutteuse , y sont certainement contre-indiqués. HUE

Les incrassans qu'il a conseillés aussi y sont déplacés , si ce n'est pour modifier l’action des diaphorétiques et des expectorans fort actifs.

5 Entre les remèdes sédatifs qui sont souvent indiqués dans la péripneumonie goutteuse , il faut préférer ceux qui sont reconnus - anti-goulteux, comme sont le camphre, les gouttes anodines d'Hoffmann, et autres analogues.

NC TT

6° Lorsqu'on a fait précéder des évacuations générales qui sont suffisantes, les remèdes diaphorétiques, cordiaux , et expectorans actifs , peuvent étre indiqués sous plusieurs rapports que je vais parcourir successivement. Si l'usage de ces remèdes n'est pas dirigé suivant ces différentes indications, il peut sans doute opérer dans plu-. sieurs cas l'effet pernicieux que Sydenham a craint des sudorifiques , et qui n'est attaché qu'à leur abus.

Les diaphorétiques peuvent être indiqués dans les temps avancés de cette maladie, d'autant que l'on connoît le succès qu'ont eus souvent les sudorifiques, dont le peuple et les gens de l'art ont fait usage pour dissiper des inflammations de poitrine, Ces diaphorétiques peuvent devenir alors des expectorans efficaces, en procurant et soutenant la transpiration propre des vaisseaux aëriens du poumon.

Le premier de ces remèdes diaphorétiques , est le vin chaud et miellé que jai employé seul avec le plus grand succes, pour mérir et résoudre dans des pleurésies catarrhales des sujets énervés. |

Dans la péripneumonie goutteuse , Coste conseille les cordiaux volatils ; mais les spiritueux et les sels volatils ( qu'on pourroit donner dans de l'huile delin ) , ne peuvent y convenir que quand l'état de foiblesse est extrême , et hors de cet état, ils peuvent entretenir ou renouveler linflammation du poumon.

De tels remèdes ont été ordonnés sans doute dans cette intention générale que se proposoit trop vaguement Musgrave , de produire un orgasme du sang qui excite la

nature à chasser, sur les articulations, ce qu'on a appelé le venin goutteux qui est déposé sur le poumon.

Il est certain que la matière goutteuse remontée des articulations, ou retenue dans les viscères auxquels elle est étrangère , doit y contracter une nature plus ou moins pernicieuse, quon néglige peut-être trop de considérer. Mais une application mal entendue de cette idée de venin , a conduit trop souvent à employer dans des cas semblables, des remèdes échauffans qu'on supposoit être nécessaires comme alexipharmaques.

La racine de sénéka a été recommandée comme un diaphorétique et résolutif trespuissant , et dans la Goutte et dans les inflammations de poitrine ; de sorte qu'elle est spécialement utile dans la péripneumonie goutteuse (1). La douce-amère est aussi un diaphorétique et un expectorant approprié dans cette maladie, p

(1) Le sénéka est ici particulièrement efficace par les vertus qu’il a de résoudre la lymphe coagulable , et de solliciter la sécrétion de l'urine. (Y. Linnaœus, Amæñnü. Acad. T.n, p.128 , et Murray, AE Medic. T. u, P. 436. )

XCIITH.

7 Lorsqu'après des évacuations générales suffisantes, l'expectoration. est interceptée , et que les forces sont très-abattues, un expectorant fort approprié , est sans doute le kermès minéral administré convenablement ; étant donné trop tôt, il pourroit exciter les mouvemens fébriles ;: mais alors il rétablit l'expectoration par sa vertu résolutive et diaphorétique universelle.

L'ipécacuanha , donné à petites doses toutes les deux ou trois heures , a pour lors une vertu analogue , et peut même y être un remède plus sûr et plus eficace. J'ai vu que la poudre de James ( phosphas calcis str- Diatus ) avoit produit les effets les plus heureux dans les mêmes cas.

Il est essentiel de ne point laisser établir , à la suite de la péripneumonie goutteuse, une habitude d'expectoration colliquative.

Les remèdes que j'ai trouvés les plus utiles pour modérer cette excrétion vicieuse , sont la rhubarbe et l’eau seconde de chaux, auxquelles on doit joindre l'usage du lait et d'autres analeptiques. |

358) ! CPR) ANTIDIE X CIN.

Phthisie pulmonaire goutteuse.

Musgrave a observé , que la phthisie goutleuse a dans son incrément et Éans son état, deux chosés qui la distinguent de ia phthisie essenticlle et non compliquée ( exquisita }, quoique dans leur dernier degré ces deux plithisies ayent entre elles la plus grande ressemblance, | |

Ea première de ces différences , est que la phthisie gouiteuse attaque le plus souvent les hommes d'un âge mür, ou même avancé; comme aussi les femmes , après la cessation de leurs régles , ét qu'elle survient rarement aux jeunes gens : cependant On en à vu des exemples dans la jeunesse.

Une seconde différence est, que la chaleur hectique qui est considérable dans les premiers temps de la phthisie ordinaire, ne se montre dans la phthisie arthritique que :

tard; et communément après que le corps a été déjà épuisé par l'abondance des crachats,

La phthisie boutréase est quelquefois produite avec une marche rapide, par une fixation directe de l'humeur de Goutte dans un

poumon naturellement foible. Ses progrès sont encore assez prompts , lorsqu'elle succède à la péripneumonie goutteuse ; mais d'autres fois elle ne se forme que lentement, ou même au bout de quelqués années , à la suite de fréquens mouvemens de Goutte sur le poumon, qui ont causé plusieurs attaques de toux graves et imparfaitement résoutes.

: Morton a traité de la phthisie pulmonaire qui succède à une habitude invétérée de Goutte ou de Rhumatisme, et qui fatigue pendant plusieurs années le poumon et les organés de la respiration. Il dit que cette phthisie chronique cause moins de toux que de difficulté de respirer, et que cette difficulté qui est produite par l'humeur qui en- glue les poumons , est du genre de l'asthme. Il assure d’ailleurs avoir remarqué que ces phthisiques ne respirent pas plus difficilement dans un air marécageux , ou rempli de la fumée de charbon-de-terre, que dans un air libre et subtil.

‘ Selle dit que la matière goutteuse est une des causes des tubercules des poumons, qui se marquent alors long-temps avant la

860 TRAITÉ phthisie, par une toux légère et courte qu'on néglige communément.

1! à fait aussi cette remarque , qu'on a dit être importante , mais que je trouve assez douteuse; que les tubercules du poumon, causés par la matière de la Goutte , ont leur siége dans le tissu cellulaire du poumon, et que la phthisie , qui provient de ces tubercules, est d’une autre nature que ceile qui suit les indurations des glandes des bronches. |

M. Quarin (1) dit que la phthisie pulmonaire qui est née de la Goutte, résiste presque à tous les remèdes ; mais quelque difficile que soit le traitement de cette espète de phthisie,je pense que l'opinion de son incurabilité , presque universelle, tient à ce que l'on ne suit, pour la combattre, qu'une méthode trop générale et trop vague comme est celle de Musgrave.

Les méthodes analytiques de traitement

qui conviennent à la phthisie pulmonaire goutteuse, doivent être formées suivant les

(1) Animadv. Pract. in divers. morbos , p. 74

rapports des indications que présentent l'état goutteux, et les affections principales qui ÿ caractérisent la phthisie.

Cette phthisie peut être catarrhale, pituiteuse , inflammatoire avec suppuration, ou avec un état ulcéreux, ou bien produite par des obstructions du poumon.

Cette phthisie pulmonaire ayant l'un de ces caractères, est compliquée avec l'état goutteux du poumon, dans lequel peut dominer l'irritation ou la foiblesse.

Je vais marquer successivement les vues générales des méthodes de traitement qui doivent être employées dans les combinaisons les plus ordinaires de ces différentes affections.

XCVIT.

Premièrement. Lorsque cette phthisie est catarrhale pituiteuse , il faut la traiter par la méthode que j'ai dit ci-dessus devoir être employée dans le catarrhe goutteux sur le poumon. J’ajouterai seulement ici quelques règles sur l'usage des principaux révulsifs de la congestion habituelle des humeurs goutteuses sur le poumon, qui doivent être ordonnés lorsque le catarrhe goutteux dégénère en phthisie catarrhale goutteuse.

5641 ï TRAITÉ

Des révulsifs appropriés de la congestion habituelle qui porte l’'hümeur de Goütte sur le poumon dans cetie phthisie , sont des vomitifs qui ne purgent point (r), des diaphorétiques ét des diurétiques ; dés cautères, et d’autrés ulcères artificiéls.

Dans cette phthisie, Morton donnoit à plusieurs réprises l’ipécacuanh4 comme vomitif. Quelques médecins anglais ont étendu l'usage de ce remède à beaucoup d’autres cas de phthisie pulmonaire. Ils l'y ordonnent à des doses foibles, qui provoquent les nausées ou x vomiturition , sans faire vomir que très-rarement , et ils én répètent lusage chaque jour, ou du moins à peu dé jours d'intervalle. |

Dans plusieurs cas de phthisie, surtout catarrhale , j'ai obtenu de grands succès de celté pratique , en donnant ainsi lipéca-

* (1) Il est remarquable qu'Hippocrate est le premier auteur de ladminisiration des vomitifs répétés dans dés cas de phthisie pulmonaire. Il y donnoit l’ellébore blanc, combiné avec l’usage de la décoction de lentilles , ou modifié d’une autre manière, pour qu’il n’excität que le vomissement , sans évacuer par les selles ( De H'orbis , lib. nu , n° xivi. Edt. Van: dæ Linden ).

DES MALADIES GOUTTEUSES. 363 cuanha , ou chaque jour à des doses modérées qui fissent peu vomir , ou plusieurs fois le jour à de plus petites doses. Je fai trouvé dans ces cas , puissamment résolutif et anti-spasmodique.

Lorsqu'on veut appliquer cette méthode de traitement à la phthisie goutteuse , il faut observer la contre-indication générale que peut opposer aux vomitifs la violence de la fluxion goutteuse sur le poumon, qui peut établir une disposition prochaine à l'hémoptysie.

D'ailleurs lorsque les prises d'ipécacuanha agissent avec beaucoup de force , il peut être nécessaire de donner des narcotiques après leur opération , pour détruire Firritation superflue qui pourroit attirer de plus en plus la Goutte sur les viscères. |

XCVIHI

Les diaphorétiques les plus appropriés dans cette phthisie goutteuse , sont ceux qui sont en même temps anti-goutteux, Commé les fleurs de soufre, que Jaëger ÿ recommande principalement ; la gomme de gaïac, et les décoctions de LÉ de squine et de salsepareille. |

Il faut modifier , suivant les circonstances , l'usage de ces diaphorétiques , ainsi que celui des diurétiques actifs qui peuvent convenir dans cette phthisie goutteuse , et dont les premiers sont les baumes naturels.

Des révulsifs perpétuels très - efficaces dans la phthisie goutteuse , sont les cautères ou les seltons et les vésicatoires. Ces issues doivent être établies parfois à la poitrine, et plus souvent aux extrémités.

Les vésicatoires sont spécialement indiqués , lorsqu'il y a chez le malade une disposition habituelle aux érysipèles ou autres maladies causées par phlogose. Les cautères le sont surtout, lorsqu'il se fait une génération abondante du pus dans la masse du sang, et il peut être utile alors de les faire forts grands , comme l'a pratiqué Mudge.

Page 1